Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 28 fév, 2015 dans En une, Musique | commentaires

LE 3 FAIT LE MOIS – FÉVRIER 2015

Je l’avoue, depuis le début du mois, je n’écoute qu’un seul album. Ou presque. Lequel? Le nouveau Jean Leloup. Pourquoi? Parce que c’est bon. Les textes, les mélodies, la nonchalance, la liberté, la nostalgie… Toutte! On écoute À Paradis City et ça saute aux oreilles : maudit qu’il nous manquait ce Jean. La vie n’est pas tout à fait la même quand il est là. Mais voilà que je ne vous en parlerai pas plus que ça. Encore pourquoi? Parce que Leloup, vous le connaissez. Pis moi, j’aime ça vous faire découvrir des affaires que vous ne connaissez pas. Donc grouillez-vous d’acheter À Paradis City, si ce n’est pas déjà fait et, aussi, les trois albums qui suivent. Pas plus compliqué que ça.

1. CLAUDE BÉGIN – LES MAGICIENS

OKclaude Bégin

À la lecture de son nom, j’avais, au départ, l’impression qu’il s’agissait d’un vieux joueur d’orgue un peu démodé qui aurait pu partir en tournée avec (feu) Daniel Hétu. Claude et Daniel, ça vous aurait donné le goût, non? Bon, pas que j’aie quoi que ce soit contre Daniel Hétu, au contraire, j’adore chanter Je t’attendais à tue-tête, mais l’univers de Claude Bégin est, disons, un brin plus éclaté.

On connait l’artiste, sans vraiment le connaître, depuis le début des années 2000. Oui oui, ça commence à faire longtemps. D’abord avec Accrophone, ensuite comme joyeux lurons d’Alaclair Ensemble, et également comme fidèle partenaire, sur scène comme en studio, du cher renard, Karim Ouellet.

Compositeur, interprète, réalisateur, mixeur, cette bibitte barbue est aussi improvisateur puisque c’est la technique qu’il a utilisé pour composer, en partie, les textes de l’album. Ok, oui, parfois, ça parait un peu. Les textes pourraient être plus travaillés. Mais personnellement, l’audace derrière ce processus de création m’impressionne. Y’a-t-il meilleure manière, pour toucher le coeur et rejoindre le public, que de simplement se laisser aller à mettre sur la table, ou sur disque, ce qu’on a dans le ventre, sans trop réfléchir? J’ai presque envie d’essayer pour ma prochaine chronique. ;)

Les magiciens, c’est un peu de la pop facile. De la pop qui sent, sur certaines pièces, le « déjà vu ». Mais qui a dit que le « déjà vu » sentait mauvais? L’amour qu’on ressent en se laissant porter par la magie compense largement. Et le sujet est déjà bien assez compliqué comme ça. Bonne idée de rester  dans la simplicité quand vient le temps de l’aborder.

Les magiciens est un premier disque contagieux qui fait suite à un EP de berceuses que l’artiste avait enregistré, il y a quelques années, pour son fils. L’art, c’est une histoire de famille chez les Bégin puisque le papa de Claude était metteur en scène et sa maman pianiste. Et on peut aussi entendre sa soeur, Élise, faire des choeurs sur l’album.

Pour voir le magicien en spectacle… ABRACADABRA! Il sera, ce soir même (le 28 février), sur la scène du Métropolis dans le cadre de la Nuit Blanche. Pis c’est même pas arrangé.

 

2. WILL DRIVING WEST – FLY

OKFly-WillDrivingWest

Je connais David depuis qu’il est tout petit. Ok, je blague. Il était quand même déjà plutôt grand lorsqu’il arrivait chez moi, son skateboard dans une main et une histoire dans l’autre. David et moi faisions partie de Winnipeg/Ontario, un club d’écriture qui se réunissait, pour le simple plaisir d’écrire et d’apprendre à partager les mots. Donc, une fois par mois, on s’installait en groupe autour de ma table et on lisait, la voix tremblotante, nos nouveaux textes, créés pour l’occasion. Plusieurs belles plumes nous faisaient l’honneur de leur talent. Michel-Olivier, Rafaël, Éléonore, Tom, Geneviève, Annie, Annie et… David. J’vous jure que vous auriez aimé ça être là.

Je ferme ma longue parenthèse nostalgique et reviens à mes moutons. Cette époque, aux environs des années 2008, marque aussi les débuts de Will Driving West, groupe folk-rock indépendant.

Fly, c’est leur troisième album. Après The Breakout en 2010 et Castle en 2012, ils ont décidé, le 17 février dernier, de rééditer ce disque, paru uniquement sur le web, en juin 2014.  C’est grâce à un financement Indigogo, qui a dépassé leur espérance, que la réédition fût possible. Ils vendaient même des concerts via Skype. Complètement indépendant, on peut dire que le groupe n’a pas trop insisté quand est venu le temps de se trouver une maison de disque. Non pas qu’ils n’auraient pas aimé ça, ils étaient même excité comme des puces quand un label canadien s’est mis à leur tourner autour. Mais ça n’a pas fonctionné. Et ce n’était pas une raison suffisante pour ralentir l’envolée.

Partout où ils passent, les salles sont pleines. Si vous voulez le constater par vous-mêmes, ils seront à la Sala Rossa, pour le lancement de Fly, le 18 mars prochain (entrée gratuite). Ils, mais aussi, elles. Parce que les femmes occupent une place importante au sein de la formation. Andréa Bélanger, multi-instrumentiste à la voix d’une douceur qui se marie tellement bien à celle de David, qu’ils ont même fini par marier plus que leur voix en se disant oui, pour le meilleur et pour le pire. La formation compte aussi Camille Paquette-Roy (violoncelliste), Benoit Caron (batteur) et Nicolas Ouellette (guitariste).

On doit Fly à un contrat de musiques de film annulé trop tard. Le gaspésien s’est alors retrouvé les mains pleines de matériel intéressant et, plutôt que de garder ça pour lui, il a choisi de nous en faire profiter. On peut l’en remercier.

Le résultat, un projet de treize pièces, dont quatre instrumentales, mixé par Daniel Fontaine-Bégin. Des mélodies chargées d’émotions. Un long vol plané, qui donne le vertige. On traverse les saisons en se laissant porter. Même l’hiver est agréable, ni trop froid, ni trop long. Comme maintenant… Bullshit.

À écouter les yeux fermés.

3. WHITEHORSE – LEAVE NO BRIDGE UNBURNED

WH-bridge-packshot

Un autre couple musical fait partie de mes coups de coeur de février. En 2006, Luc Doucet, chanteur du groupe Veal, décide d’unir sa destinée à Mélissa McClelland, choriste pour Sarah McLachlan. Cinq ans plus tard, c’est leur destin musical qu’ils mettent en commun en formant le duo Whitehorse. Et les albums se suivent et se ressemblent, année après année. Sauf peut-être le pas inintéressant EP Éphémère sans repère, paru en 2014, qui contient des versions françaises de pièces anglophones présentées sur les deux albums précédents. Ou le dernier, Leave No Bridge Unburned, dont il est question ici.

Cet album, qui représente le vent qui se lève sur la formation canadienne, apporte avec lui, d’autres musiciens. Et ça fait un bien fou. Quelle fraicheur que le nouveau son de ce ménage à plusieurs, dirigé par nul autre que Gus Van Go (The Stills, Vulgaires Machins, Les Trois Accords). Un album plus alterno que country. Et plus rock aussi.

On écoute et on pense à Fleetwood Mac, Wilco, Ennio Morricone. On les compare. Sans se consoler. Parce qu’on en n’a pas vraiment besoin. Personnellement, la première pièce me rappelle Armistice, un projet mort trop jeune, où Coeur de Pirate mariait sa voix à celle du chanteur Jay Manilowski. Bref, si j’avais à choisir, c’est avec cet album que j’aimerais vous les présenter. La vie est ben faite, non?

Vous les avez manqués à l’Astral le 21 février dernier? C’est plate pour vous. Les nouveaux parents sont présentement quelque part en tournée, sur une scène des États-Unis. Mais gageons qu’ils ne prendront pas trop de temps avant de repasser par ici.

Si je donnais des étoiles aux albums que je vous présente, je leur en donnerais plusieurs. Comme tous les autres d’ailleurs.

À propos de Marie-Eve Brassard


Diplôme en télévision et amour de la musique en poche, c'est à l'âge de 19 ans que Marie-Eve Brassard débarque à MusiquePlus. Elle y passera plusieurs années jusqu'à ce qu'une crise de la trentaine l'oblige à accorder de l'importance à sa passion secrète: les mots. Grâce à MMEH, elle peut enfin corriger sa manie d'écouter en boucle toujours les mêmes chansons et utiliser ce temps précieux pour découvrir du nouveau matériel.



%d blogueurs aiment cette page :