Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 31 jan, 2015 dans Musique | commentaires

LE 3 FAIT LE MOIS – JANVIER 2015

Moi, si j’étais un album, je pense que je sortirais en janvier. Non, mais quel bonheur se doit être de vous soutenir pendant votre désintox de Michael Bubblé ou d’être LA toune qui vous motivera enfin à défaire le cr%?$ de sapin. Vous n’avez pas encore trouvé l’enthousiasme nécessaire? Je pense qu’avec les suggestions qui suivent vous cesserez de procrastiner. En espérant que le 3 fasse non seulement votre mois, mais aussi votre année!

1. TIRE LE COYOTE – PANORAMA

coyoteok

Ça fait six ans que Benoit Pinette se cache derrière Tire le coyote. Six années pendant lesquelles l’artiste semble n’avoir jamais cessé sa quête du mot juste et de l’émotion tranquille.

En 2009, il se présente à nous avec un premier EP qui porte son nom. Deux ans plus tard, l’auteur-compositeur-interprète, originaire de Québec, pique notre curiosité, déjà un peu titillée, avec Le fleuve de l’huile.  Lorsque Mitan arrive, en 2013, on est déjà conquis par tout le talent qui habite l’homme-loup et on accueille avec chaleur et bienveillance ce deuxième disque. Disque où l’on peut d’ailleurs entendre la délicate et toujours-juste-assez-mais-pas-trop discrète Chantal Archambault.

L’année suivante, c’est un album live qu’il nous offre après avoir mis tout le Québec dans sa poche. Et je gage que c’est dans cette même poche, bien à l’abri du vent, que vous aurez envie de rester pour découvrir le Panorama dans toute sa beauté.

La voix légèrement nasillarde et souvent douloureuse du coyote nous porte doucement d’une pièce à l’autre. Alors que Jolie Anne nous renverse le coeur, Moissonneuse-Batteuse nous donne envie de voir l’été arriver… tu-suite. Panorama peut aussi se vanter de contenir une pièce unique, Les chemins de serviettes, écrite par Stéphane Lafleur, un des plus grands paroliers du… monde entier? J’exagère à peine.

Quel plaisir de se laisser chatouiller les oreilles par des instruments trop peu souvent exploités comme la clarinette, la contrebasse et l’harmonica. Le point commun de toute l’oeuvre de Pinette: un mélange de fragilité, d’agilité et d’authenticité qui nous donne le goût de partir à la chasse au coyote-poète.

Mettez le 16 avril à votre agenda car Tire le coyote sera au La Tulipe pour un spectacle que vous ne voulez même pas envisager de manquer.

 

2. PANDA BEAR – PANDA BEAR MEETS THE GRIMP REAPER

pandaok

Après le coyote, c’est au tour du panda de nous offrir un peu de viande à se mettre sous la dent. Panda Bear Meets The Grimp Reaper est le cinquième album solo de Noah Lennox (Panda Bear), un extra-terrestre du 3e millénaire qui semble venir directement des étoiles. Mais les apparences sont parfois trompeuses et c’est plutôt à Lisbonne, capitale portuguaise, qu’il est établi depuis 2004, avec sa femme et ses deux enfants.

Sans aucun doute que sa participation au dernier Daft Punk, sur la pièce Doin’ It Right, lui a permis de se faire découvrir par un tout nouveau public. Public qui s’est additionné à celui déjà conquis par les deux albums précédents, Person Pitch (2007) et Tomboy (2011).

Encore une fois, l’adolescent de 36 ans nous gâte avec des pièces colorées aux harmonies éclatantes, emballées dans une pochette qu’on ne peut pas regarder trop longtemps sans être étourdis. Un album qui semble facile d’accès au premier abord, mais qui prend aussitôt l’apparence du chasse aux trésors dès qu’on s’arrête pour l’écouter.

Avis aux fans (et à ceux qui le deviendront après avoir lu ma chronique), un documentaire sur l’album, signé par Sam Fleischner (fidèle collaborateur de SantiGold et MGMT), où on se ballade avec l’ourson dans les rues de sa ville, nous permet de mieux comprendre l’intention derrière le disque.

La grande faucheuse (The Grimp Reaper) représente le changement pour l’animal (collective). Des changements qui furent nombreux dans les dernières années et qui lui ont permis de prendre conscience que la fin est souvent synonyme de renaissance. Et c’est cette capacité de renaître qu’il nous offre généreusement afin de nous aider à commencer l’année du bon pied.

 

3. THE DECEMBERISTS – WHAT A TERRIBLE WORLD, WHAT A BEAUTIFUL WORLD

beautifulok

Je vais être franche avec vous, je ne suis pas la plus grande fan du groupe The Decemberists, et c’est tout d’abord le titre, What A Terrible World, What A Beautiful World, qui a attiré mon attention. Parce que oui, depuis que l’année est commencée, il est impossible d’ignorer à quel point le monde si beau dans lequel on vit peut être d’une atrocité impossible à supporter.

Après la lourdeur de The Hazards Of Love, paru en 2009, la formation originaire de Portland, en Oregon, semblait avoir déjà levé les voiles vers une mer plus tranquille en nous offrant The King Is Dead, ce prédécesseur que j’avais (ne leur dites pas svp) presque oublié.

Avec What A Terrible World, What A Beautiful World, on peut dire que l’on assiste à une sorte de renaissance du groupe. Un changement de direction qui en dérangera sûrement quelques uns mais qui plaira à d’autres, comme moi, qui ont besoin de légèreté. Et, quand arrive janvier, avec le poids de nos manteaux, nos tuques et nos bottes doublées, tous les moyens sont bons pour se sentir léger.

Cette fois, le leader Colin Meloy sort un peu plus de sa coquille avec des textes qui frôlent le journal intime. Et ça fait du bien. Moins clownesque que ce à quoi on était habitué, moins fou aussi peut-être, mais qui ne nous empêche pas de se dandiner d’une pièce à l’autre en essayant d’oublier toutes les mauvaises nouvelles qui inondent le fil de notre actualité. Je pense à la touchante Mistral et à la douce Til The Water Is All Gone. Ou encore à Philomena, une histoire d’amour qui parle, sans aucune pudeur, du sexe oral. Et qui – comme ledit sexe oral – nous reste en tête bien longtemps après qu’elle ne soit terminée.

Oui, le monde dans lequel on vit est terrible. Heureusement, il y aura toujours la musique (et le sexe oral!) pour recouvrir cette horreur d’une couche de beauté.

À propos de Marie-Eve Brassard


Diplôme en télévision et amour de la musique en poche, c'est à l'âge de 19 ans que Marie-Eve Brassard débarque à MusiquePlus. Elle y passera plusieurs années jusqu'à ce qu'une crise de la trentaine l'oblige à accorder de l'importance à sa passion secrète: les mots. Grâce à MMEH, elle peut enfin corriger sa manie d'écouter en boucle toujours les mêmes chansons et utiliser ce temps précieux pour découvrir du nouveau matériel.



%d blogueurs aiment cette page :