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Publié par le 6 jan, 2015 dans Bande dessinée, Littérature, Musique, Revue de l'année 2014 | commentaires

2014: La liste de Jeremy

Voilà venu le temps des innombrables et omniprésentes listes de fin d’années. Les tops, les décomptes, les coups de cœur et les coups de gueule déferlent notre fil Facebook pour tantôt nous souligner ce que nous avons manqué, tantôt confirmer nos découvertes de la dernière année. Me voici qui me plie à l’exercice, tentant de sortir de mes bibliothèques ce qui m’a littéralement fait vibrer. Ici, pas de numéro ni d’ordre, de bonnes lectures, tout simplement.

 

ROMANS QUÉBÉCOIS

Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy, Les éditions du Boréal

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Un livre qui échoue à toutes les classifications, transgenre dans plusieurs sens du terme, il fascine tant par une écriture portée par une charge émotive certaine, que par un discours qui se tisser entre l’art et l’intime sous nos yeux. Un livre qui se dévore et qui marque au fer rouge.

À lire également: Ma critique de Ma vie rouge Kubrick sur MMEH

Forêt contraire de Hélène Fréderick, Éditions Verticales

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Une histoire qui cerne ce désir de fuir le monde, de s’extraire du chaos urbain. Créant des ponts entre le centre-ville de Paris et l’été humide d’Inverness. Une rencontre singulière et vraie se dépliera devant le lecteur jusqu’à cette finale inéluctable.

Le feu de mon père de Michael Delisle, Les éditions du Boréal

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Pour la beauté de la prose, cette poésie certaine avec laquelle Delisle nous transporte. Pour la construction de l’écrivain qu’on voit naître à travers une relation père-fils si particulière. Un faux roman près du récit et du calepin dont on corne les pages, sachant qu’on y reviendra souvent.

 

ROMANS FRANCOPHONES

Réparer les vivants de Maylis de Kerangal, Éditions Verticales

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Roman clinique servi par une prose chaude et efficace, Réparer les vivants est une vraie ode au progrès, à la vie, qui nous fait croire au miracle. Récit d’une transplantation cardiaque qui se lit comme on regarde un plan séquence, de façon haletante et sans lâcher le livre.

La condition pavillonnaire de Sophie Divry, Éditions Noir sur blanc, collection Notabilia

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Les pièges sont nombreux lorsqu’on se lance dans une réécriture de Madame Bovary narrée à la deuxième personne. Et pourtant, Divry les évite tous, nous livrant un regard froid, mais sensible, sur les pavillons qu’on s’érige et qu’on ne quitte jamais. D’où on rêve d’une liberté trop souvent fantasmé.

Tram 83 de Fiston Mwanza Mujila, Éditions Metailié

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Ce premier roman du dramaturge congolais nous transporte dans la chaleur du Tram 83, ce débit de boisson où échouent les éclopés de ce monde en mal de chair. Dans une écriture à la poésie chaude et suave, Mujila nous tisse un portrait vibrant de son Congo en oubliant personne.

 

ROMANS ÉTRANGERS

Un homme amoureux de Karl Ove Knausgaard, Éditions Denoël

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Une entreprise unique, celle d’écrire une vie. Sans concession, pour le meilleur et pour le pire. Un regard lucide, cynique et brillant sur nos existences qu’on conjugue trop souvent au passé ou au futur. Knausgaard fascine par cette volonté certaine d’un Après moi le déluge. Un livre qui fera marque.

Mailman de J. Robert Lennon, Éditions Monsieur Toussaint Louverture

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Un roman qui épouse tous les codes du roman américain qui me fascine. Une étrange impression de lire un roman écrit par les frères Coen, un antihéros digne de ce nom. Les échecs s’accumulent, une vie passe. Que reste-t-il?

À lire également: Ma critique de Mailman sur MMEH

Quels sont ces chevaux qui jettent leurs ombres sur la mer ? de Antonio Lobo Antunes, Christian Bourgois

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Découpé comme une corrida, on y suit le monologue intérieur de quatre frères et sœurs au chevet de leur mère. La pluie tombe sur Lisbonne, la mère devrait mourir dans la journée. La maison semble tranquille, mais tous les torrents sont intérieurs chez ces personnages. L’écriture de Antunes est sans concession, dans la tradition du Stream of consciousness et la ponctuation se fait rare. On s’y noie, on s’y perd et on en ressort marqué.

 

POÉSIE

Outrenuit de Benoit Jutras, Les herbes rouges

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Jutras parvient, recueil après recueil, à poursuivre ses questionnements et à peaufiner ses tentatives de réponse. Une poésie d’une humilité déconcertante, qui dérange le lecteur tant le poète est seul devant le verbe.

Poissons volants de François Rioux, Le Quartanier

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Il y a une façon de voir le monde chez Rioux qui me plaît particulièrement. Pas tant dans le cynisme ou encore la lucidité, mais peut-être plutôt dans le jeu, celui qui s’offre avec l’autre dans ce recueil. Un clin d’oeil aux bruits ambiants, ceux qui peuplent nos silences.

Tête première, dos contre dos de Martine Audet, Éditions du Noroît

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La poésie de Martine Audet est concise, précise. Elle martèle au bon endroit, flotte à un autre moment. Bref, elle respire. Un recueil dans lequel elle aborde la mort, le vide et le poème en soi. D’une délicatesse dont elle seule à le secret, elle parvient toujours à nous laisser sur le coin d’une table des images grandes comme des montagnes.

 

BD QUÉBÉCOISES

23h72 de Blonk, Éditions Pow Pow

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Que j’ai aimé découvrir ce JC, pauvre mort-vivant qui tente de revenir avec son ex, mais qui aboutira chez son meilleur ami. Mort depuis quelques mois déjà, il est le seul dont la situation ne l’incommode pas. Drôle à souhait avec un jeu sur les couleurs fort sympathique, un réel plaisir de lecture.

Je sais tout de Pierre Bouchard, Éditions Pow Pow

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Ridicules à souhait, ces petites vignettes de Pierre Bouchard qui s’ouvre sur Jocelyne Blouin en passant par Mike Bossy et la Banane m’ont totalement prises par surprise. Le trait est brouillon, le propos, absurde. Bref, tout pour me plaire.

Chroniques du Centre-Sud de Richard Suicide, Éditions Pow Pow

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Portrait de quartier classique en bonne et due forme, ces chroniques donnent à rire et à penser au même moment. La vision est claire, les personnages sont gras sans être gros. Le genre de BD dont on tourne quelques coins pages pour mieux y revenir.

À lire également: La critique de Chroniques du Centre-Sud par Gabriel Gaudette sur MMEH

 

BD ÉTRANGÈRES

La lune est blanche de Emmanuel et François Lepage, Éditions Futuropolis

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Un peu dans la lignée du Photographe (Guibert), les frères Lepage nous offrent une splendide BD aux allures d’un National Geographic. Photos pleines pages qui donnent de la consistance à cette excursion qu’ils ont faite en Antarctique. Un incontournable de l’année.

La maison qui grince de Karrie Fransman, Presque lune éditions

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Tant le jeu sur le trait, les couleurs que sur la narration m’ont plus dans cette Maison qui grince. Une femme arrive dans un nouvel appartement et tranquillement l’auteur nous fera découvrir ses voisins tous plus étranges les uns que les autres.

Cet été-là de Jillian et Mariko Tamaki, Rue de sèvres

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Une BD tout simplement magnifique, aux couleurs feutrées et particulières. Une sorte d’ode à tous ces étés qui ont meublé nos adolescences, empreinte de nostalgie, oui, mais de plaisir, surtout.

 

ESSAIS QUÉBÉCOIS

Le cimetière des humanités de Pierre-Luc Brisson, Poètes de brousse

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C’est un questionnement incontournable que pose cet essai, celui de notre rapport aux Anciens, notre rapport à la transmission du savoir et à l’importance de la culture. Alors qu’une réforme du système de l’éducation semble se profiler à l’horizon, Brisson signe ici des pages nécessaires.

Ce que dit l’écorce de Catherine Mavrikakis et Nicolas Lévesque, Éditions Nota Bene

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Un essai unique en son genre, une discussion qui se tisse et une solidarité qui va naître due à une épreuve commune. Un moment de lecture particulier par la proximité qui se crée entre le lecteur et l’oeuvre. Un questionnement sur les peaux qui nous englobent, ces frontières qu’on s’érige.

Faire l’amour de Mylène Bouchard, Éditions Nota Bene

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Défricher un sujet si universel et aux frontières si poreuses qu’est l’amour, et ce, dans les oeuvres si grandioses de Tolstoï, Kundera et Shakespeare, voilà le défi que Mylène Bouchard s’était donné. Le résultat est surprenant, intéressant et passionnant à lire. Suite à quoi, le goût d’aller revisiter ses classiques ne sera qu’encore plus grand.

 

ESSAIS ANGLOPHONES

The End of Absence de Michael Harris, Harper Collins

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Peut-être sommes-nous la dernière génération à nous rappeler comment la vie était avant Internet. À se rappeler comment s’ennuyer en attendant le bus. Michael Harris questionne ici ce changement en tentant de sauver certaines façons de faire avant d’oublier comment c’était avant. Fascinant.

This Changes Everything de Naomi Klein, Random House

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Après The Shock Doctrine et No Logo, Naomi Klein arrive ici avec son plus gros pavé dans la marre. D’un côté le climat, de l’autre, le capitalisme. L’urgence sous sa plume est palpable, cette volonté de bousculer l’ordre établie. On devra le faire, pour le bien commun. Lecture dérangeante, lecture nécessaire.

The Innovators de Walter Isaacson, Simon & Schuster

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Faisant suite à sa populaire biographie sur Steve Jobs, Isaacson se penche ici sur les pionniers de cette révolution digitale qui s’est opérée dans le dernier siècle. De Ada Lovelace jusqu’à Steve Wozniak en passant par Turing et Engelbart, il s’intéresse à ses talents bruts, à ses instants, ses découvertes, qui ont façonné le monde dans lequel on évolue présentement.

 

ALBUMS FRANCOPHONES

L’été de Philémon Cimon, Audiogram

 

Un album pas très loin de la perfection avec des mélodies recherchées, des finales qui glissent lentement dans d’autres registres, et surtout des textes d’une sombre poésie qui nous habite. Définitivement l’album qui a le plus tourné dans mes oreilles cette année.

Les ombres longues de Antoine Corriveau, Coyote

 

Une voix granuleuse, des textes noirs qui arrachent le coeur par leur pertinence, tout cela emballé dans un folk maîtrisé, je ne pouvais demander mieux de ce deuxième album de Corriveau.

Babel de Jean-Louis Murat, Pias

La rencontre entre Murat et le Delano Orchestra en fut une de tous les instants. Un album double au rythme écrasant, où le vers d’oreille n’est jamais bien loin. Plus ancré que jamais dans son terroir, Murat aborde le deuil avec toute la répartie qu’on lui connaît.

 

ALBUMS ANGLOPHONES

Morning Phase de Beck, Capitol

Quand on annonce un album de Beck en le comparant à Sea Change, les attentes sont grandes. Morning Phase n’est pas Sea Change, mais il reste tout de même un album bien de son temps, et pour Beck est à son sommet lorsqu’il fréquente les codes de la musique Folk. Un artiste aux visages nombreux qui nous sort encore une fois un album déstabilisant par son originalité.

Lost in dreams de The War on Drugs, Secretly Canadian

Je remercie encore Rdio de m’avoir glissé une de leurs chansons dans un mix que j’écoutais cet été, ce fut le coup de foudre. Un album aux accents Springsteeniens qui me rappelait l’excellent Muchacho de Phosphorescent de l’année dernière. Du country folk comme on en entend trop rarement.

Popular Problems de Leonard Cohen, Sony

Seulement quelques années après l’excellent Old Ideas, on apprenait que Cohen préparerait un album pour ses 80 ans. Chose dite, chose faite, c’est l’excellent Popular Problems qui a vu le jour, un album où Cohen aborde avec une spiritualité certaine les questionnements que la vieillesse amène. Cynique et lucide, comme on l’aime.

À propos de Jeremy Laniel


Issu d’un parcours académique qui était tout sauf littéraire, il est libraire depuis maintenant cinq ans et ne cesse de s’amouracher avec le monde du livre. Il est présentement président du comité de sélection du Prix des libraires et vous pouvez le retrouvez sur les ondes de CIBL à l’émission Lectures et châtiments.



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