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Publié par le 5 jan, 2015 dans Cinéma, Revue de l'année 2014 | commentaires

2014: La liste de Boris

Le cinéma de 2014 en 10 films (sans ordre précis)

Only lovers left alive, Jim Jarmush

Le film pour en finir avec tous les films de Jarmush. Il aurait été sa dernière œuvre que personne ne serait surpris, tellement Only lovers left alive est une somme de toutes ses réflexions et sensibilités accumulées pendant plus de trente ans. Ce qui fait sa force c’est qu’il demeure aussi satisfaisant pour le fan que pour le néophyte, puisque, somme toute, son propos sur le désœuvrement et l’amour de l’art n’aura jamais été aussi pertinent qu’aujourd’hui.

 

Birdman, Alejandro González Iñárritu

Contre le stéréotype qui dit que les les films intellectuels sont nécessairement ennuyants et lourds, et contre sa propre tendance à faire des mélodrames laborieux, Iñárritu a réussi à surprendre pas mal tout le monde en livrant un film d’une prouesse vertigineuse qui continue de surprendre à chaque détour et qui demeure ludique lors de chacune de ses cent vingt minutes. Alors que beaucoup se contentent de fustiger le cinéma de divertissement dominant, alors qu’on nous ressert année après année que le mainstream n’est qu’une plate répétition de suite après suite et de super héros après super héros, dans une diatribe collective qui finit par être aussi redondante que les blockbusters qu’elle critique, on a devant nous un film qui oppose ironiquement le grand art au cinéma populaire sans jamais véritablement trancher, et qui respecte assez le spectateur pour le laisser juger par lui-même.

 

The grand Budapest hotel, Wes Anderson

La preuve qu’un film aux personnages typés et à l’histoire rocambolesque peut avoir quelque chose d’intéressant à dire. Avec ses protagonistes attachants et l’esthétique léchée qui fait la signature de Wes Anderson, The grand Budapest hôtel charme par ses dialogues, sa nostalgie, son obsession de nous montrer des plans aussi élégants que symétriques, et, bien sûr, toute la personnalité de Monsieur Gustave. Son discours sur les dégâts que peut causer le passage du temps sur la grandeur et les valeurs nobles n’a d’égal que le divertissement qu’il procure tout le long de la projection.

 

Gone Girl, David Fincher

Quand le thriller ne se contente pas seulement de dénouer les mystères de l’intrigue l’une après l’autre jusqu’au générique de la fin. Les multiples revirements de situation ne se limitent pas à des rebondissements dramatiques mais confrontent également le spectateur sur ses partis pris et sa compréhension de la psyché humaine. Aussi acerbe envers les média que l’était Network à son époque, Gone Girl n’est pas seulement une autre critique sociale, mais plutôt une dissection des rapports humains. Plus vicieux que Seven, plus tarabiscoté que Fight Club, si ce nouveau chef d’œuvre ne suffit pas à consacrer David Fincher alors rien ne le fera.

 

La grande bellezza, Paolo Sorrentino

On aime ou on déteste comme on aime ou on déteste Fellini. Sans être un remarché informe des plus grandes déambulations romaines qu’on a pu voir au grand écran, La grande beauté est un hommage vivifiant de ce qu’il y a de plus beau et de plus laid dans le cinéma fellinien. Sorrentino ne se contente pas de pasticher, il lie, délie et actualise. L’oisiveté intellectuelle dans la bourgeoisie européenne prend un tout nouveau sens en 2014. Et c’est si beau.

 

Tu dors Nicole, Stéphane Lafleur

S’il n’y avait pas eu l’ouragan Mommy, Tu dors Nicole serait le film dont on aurait le plus parlé au Québec cette année. Le film le plus accessible de Stéphane Lafleur, le plus feel good aussi, mais tout aussi pertinent et fort que ses précédents. Comme elle tente de fuir le temps, Nicole fuit également la caméra, qui finit, toujours, lentement mais inexorablement par la rattraper. L’esprit de l’été, le désœuvrement, la recherche de soi à l’âge d’adulte, toutes ces thématiques sont magnifiquement exploitées et déclinées dans un film qui fige sur pellicule ce que c’est que d’avoir 22 ans, le temps d’un été.

 

Mommy, Xavier Dolan

Que dire sur Mommy qui n’a pas déjà été dit? On aurait presque envie de ne pas l’inclure sur un top tellement ça sonne comme de la redite, mais ce serait ne pas rendre justice à un film qui ne mérite certainement pas d’être snobé. La consécration à Cannes de Xavier Dolan n’est pas que politique, Mommy le vaut amplement pour toute son émotion qui sonne juste, sa langue, qui, oui, est diablement bien inventée, et son style m’as-tu-vu qui atteint son but.

 

Nightcrawler, Dan Gilroy

Personne n’avait aussi bien capturé l’effet pervers que peut produire l’acte de filmer depuis C’est arrive près de chez vous. Dans la même mouvance que Peeping Tom, le premier film (!) de Dan Gilroy met en scène un pur produit du capitalisme et de la philosophie du self-made-man qui décide de grimper l’échelle sociale à l’aide d’une caméra. Ça donne un thriller sur les médias déstabilisant, troublant et qui fait véritablement dresser les cheveux sur la tête.

Under the skin, Jonathan Glazer

C’est le genre de prémisse qui parait évidente une fois qu’on la lit. Un film d’horreur et de science fiction existentialiste avec une beauté extra-terrestre anthropophage… comment n’y a-t-on pas pensé avant? Et pourtant, il fallait y penser, et dieu sait que ça marche. C’est à la fois un film qui transcende ses genres et qui les redéfinit. Regarder Under the skin c’est pratiquement entrer en transe, voir et ressentir le monde sous un œil neuf et donc pour la première fois.

Jodororwsky’s Dune, Frank Pavich

Qu’on soit fan de Frank Hebert, de la science-fiction en général, ou tout simplement qu’on aime se faire raconter des histoires passionnantes, ce documentaire sur le making of d’un des meilleurs films jamais sortis est un incontournable. Alejandro Jodorowsky pourrait parler de la culture du radis pendant trois heures que ce serait passionnant, alors l’entendre s’extasier sur sa collaboration avec Mobieus, Pink Floyd, Dali, Orson Welles et bien d’autres grands artistes des années soixante-dix pour une saga spatiale qui n’a jamais vu le jour mais qui a tout de même influencé le cinéma de genre des décennies suivantes, est l’un des plus grand plaisirs de cinéphile qu’on s’est fait offrir en 2014.

À propos de Boris Nonveiller


Sans se douter à quoi cela l’engagerait, Boris Nonveiller naquit en 1984 partageant l’année de naissance de multiples chef-d’œuvres tels Once Upon a Time in America, Terminator, Les Aventures de Buckaroo Banzai, Stranger Than Paradise, Paris Texas, Conan le destructeur, This is Spinal Tap, sans oublier les premières œuvres des frères Coen et de Lars Von Trier. Cette parenté accidentelle, ainsi que ses presque moins accidentelles études en philosophie, littératures et cinéma, l’auront destiné à se passionner pour les sommets et les bas-fonds des productions cinématographiques anciennes, mais aussi contemporaines. Amateur d’analyses pertinentes et de sur-interprétations ludiques, il écrit également des critiques de cinéma et de théâtre pour le webzine Les Méconnus.



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