Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 20 déc, 2014 dans Musique | commentaires

Vieilles Affaires Vintage #7: le son ultra-cool (oui, oui) de Quincy Jones: Walking in Space (1969)

113980469

Bien oui, toi. En plein ça: le dude qui a produit Thriller, de Michael Jackson, là? Tsé? Oui, lui. Contrairement à ce que certains pourraient croire, ce gars-là n’a pas passé sa vie derrière une console de son ou un bureau à attendre de signer des contrats: il est musicien lui-même (trompettiste, compositeur et arrangeur, pour être précis), et Walking in Space nous le présente en qualité d’arrangeur et de conducteur d’un mini big-band constitué de grands noms (Freddie Hubbard a la trompette, Roland Kirk au saxophone, Toots Thielmans à l’harmonica et la guitare, pour ne nommer que ceux-là). Au-delà de son groupe de choc, Jones signe un album à la facture impeccable, sans jamais sombrer tout à fait dans la muzak ou l’aseptisation qui guette tous les albums surproduits de ce monde; au contraire, Walking in Space est un disque soigné, voire réservé (hé non, vous n’entendrez pas Kirk jouer un solo emporté sur trois saxophones en même temps), dont l’ambiance demeure juste tout du long. L’écho qui habille tout l’album vient d’ailleurs cimenter l’impression d’unité qui s’en dégage, confirmant du même coup la justesse du titre et le son carrément ultra-cool du groupe. (Oui oui, le son ultra-cool, c’est ce que j’ai dit.)

Plutôt que d’adhérer au free jazz ou au fusion, Quincy Jones a décidé d’aller dans un autre sens en alliant le souci esthétique de la pop à un jazz qui a tiré de sérieuses leçons de la soul et du Motown. Il va même jusqu’à reprendre deux pièces de la comédie musicale Hair, très en vogue à l’époque… et on l’en remercie, car Dead End ouvre l’album avec une groove feutrée qui contient en elle les gènes du funk, encore en gestation à l’époque, ce qui aura le chic de donner envie de se déhancher tranquillement (voire de façon ultra-cool) à tous les bougalous dubitatifs de ce monde. Walking in Space, quant à elle, donne aux musiciens tout l’espace possible pour des solos brefs et efficaces sur un fond musical en parfait accord avec son titre: aérien, libre, épuré, donc parfaitement trippy, digne de l’atmosphère de la comédie musicale dont le morceau est issu. L’autre titre majeur de l’album, Oh Happy Day, est probablement la version de cette chanson dont vous avez probablement toujours rêvé sans le savoir: exubérante et jubilatoire, elle dispose non seulement d’un rythme entraînant propulsé par la basse dès le début, mais aussi cette qualité purement gospel qui donne envie de chanter, les bras en l’air, en toge, avec une chorale extatique. Si cette reprise ne vous fait pas cet effet-là, aucune ne le fera jamais, et il n’y a pas une autre chanson au monde qui aurait pu clore cet album avec autant de beauté et de grandeur.

Si vous aviez perdu foi en le jazz, venez la retrouver ici.

Quincy Jones, Walking in Space (1969)

Pour acheter l’album, rendez-vous sur Discogs

À propos de Guillaume Cloutier


Guillaume Cloutier a étudié la littérature, est devenu libraire et éditeur, mais il s'est un jour retourné, a vu des piles et des piles de disques qui le suivaient partout, et a décidé de consacrer sa vie à la musique. Redevenu étudiant au lumineux cégep de Saint-Laurent, on peut maintenant l'entendre avec la formation montréalaise de rock psychédélique Electric Junk, en plus de lire ses conseils ici même



%d blogueurs aiment cette page :