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Publié par le 17 déc, 2014 dans Cinéma | commentaires

Les opportunistes : Tous coupables.

Sorti en Italie en décembre de l’année passée, Les opportunistes nous arrive presque exactement un an plus tard. Le « retard » n’est pas trop grave puisque le sujet abordé est aussi vieux que le capitalisme, et particulièrement populaire depuis la crise financière de 2008. Entre le drame social, le thriller et le film choral, on est devant une œuvre qui n’est ni l’un, ni l’autre et certainement pas de la même veine que le récit choral (terme on ne peut plus galvaudé aujourd’hui). Si la construction narrative épouse trois points de vue, on est très loin d’un effet de chœur à la Short Cuts ou Magnolia.

Le point de départ est la fin d’une soirée de gala. Les invités sont partis et les membres de l’entretien ramassent les confettis et la vaisselle sale. L’un d’eux se fait renverser par une SUV alors qu’il rentre chez lui en vélo. Les trois premiers chapitres du film vont retracer les évènements qui mènent à cette soirée en suivant chacun des protagonistes. Bien sûr, chaque chapitre va lever un peu plus le voile sur le responsable de l’accident. Si tout cela ressemble à une enquête policière dont le public est chargé de résoudre le crime, le véritable intérêt n’est pas l’identité du criminel, mais comment sa culpabilité affectera ceux autour de lui.

1Lesopportunistes

Les personnages gravitent tous autour de deux familles italiennes. La première est celle des Bernaschi, vivant dans le grand luxe issu des profits financiers pas toujours honnêtes. La deuxième est celle de Dino Ossola, petit agent immobilier qui rêve de sortir de la classe moyenne grâce à un grand investissement. Puisque sa fille fréquente le garçon des Bernaschi, il va tenter de s’associer à l’homme d’affaires pour tenter un gros coup. Les caractères des différents acteurs dans ce drame socio-politique sont brossés à grands traits puis sont ensuite forcés d’interagir entre eux dans le schéma de la société bourgeoise italienne. On a son lot de stéréotypes : le financier macho sans cœur, le fils de riche gâté et pleurnichard, la femme au foyer frustrée, le petit magouilleur aux grands rêves. Mais ces clichés ne dérangent pas outre mesure puisque l’intérêt n’est pas dans l’ébauche des personnages mais plutôt dans ce qui forme le nœud du tissu social : les différentes relations qu’ils peuvent avoir entre eux.

Encore aujourd’hui, bien que plusieurs films aient été tournés sur le sujet, les Opportunistes apportent un regard interessant sur ce qui forme le noeud du problème. Sa force demeure non pas dans la dénonciation, comme c’est souvent le cas dans ce genre de films, mais dans l’observation. On ne donne pas la parole aux corrompus et aux richards sans scrupules, mais à ceux qui les entourent, qui pêchent par faiblesse et font le mal malgré eux. S’il est toujours plus facile d’accuser et de pointer du doigt, on se permet ici de nous rappeler que la déchéance d’un système de valeurs est l’affaire de tous, et que la lâcheté est tout aussi dangereuse que la cupidité.

Les Opportunistes, 111 min.

Réalisation: Paolo Virzi

Scénario: Paolo Virzi, Francesco Bruni et Francesco Piccolo

Avec: Fabrizio Bentivoglio, Matilde Gioli et Valeria Bruni

À propos de Boris Nonveiller


Sans se douter à quoi cela l’engagerait, Boris Nonveiller naquit en 1984 partageant l’année de naissance de multiples chef-d’œuvres tels Once Upon a Time in America, Terminator, Les Aventures de Buckaroo Banzai, Stranger Than Paradise, Paris Texas, Conan le destructeur, This is Spinal Tap, sans oublier les premières œuvres des frères Coen et de Lars Von Trier. Cette parenté accidentelle, ainsi que ses presque moins accidentelles études en philosophie, littératures et cinéma, l’auront destiné à se passionner pour les sommets et les bas-fonds des productions cinématographiques anciennes, mais aussi contemporaines. Amateur d’analyses pertinentes et de sur-interprétations ludiques, il écrit également des critiques de cinéma et de théâtre pour le webzine Les Méconnus.



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