Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 11 déc, 2014 dans Théâtre | commentaires

London Now – Chroniques culturelles de Londres

Globe-int

London Now – Chroniques culturelles de Londres

12 déc. 2014

 

1. Globe Theater

 

Être au centre d’une capitale européenne signifie non seulement se sentir au cœur de l’activité culturelle, mais découvrir quels ont été les moments marquants dans l’histoire de la ville, en suivre les traces et tenter de comprendre où nous nous situons.

 

Au tournant d’une rue, entre 2 rangées de gratte-ciels parfaitement alignées, nous découvrons une ruine. Mur de pierre datant de l’époque fortifiée, lieu de culte depuis longtemps oublié, théâtre ayant abrité rires et pleurs dont une simple plaque commémore l’existence…

 

Ces lieux où l’on peut s’arrêter et contempler le fil du temps se dérouler, nous les appellerons des colonnes de temps. Il s’agit d’endroits ou l’on ralentit pour s’imaginer comment était perçue la vie à l’époque et réfléchir au sens de son occupation actuelle. Ainsi, les deux aspects recherchés pour les sujets traités pour Now London – Chroniques culturelles de Londres seront : la charge historique passée et la participation en tant qu’organe de la vie culturelle présente.

 

Il existe beaucoup de ces lieux de mémoire à Londres; nous avons entamé la réflexion par le Globe Theater. Ce dernier ayant fait la gloire de Shakespeare à l’époque élisabéthaine, il est maintenant reconstruit et tient une position à l’avant-garde du circuit historique de Southbank.

 

 

………………………………………………………………………………………………………………………….

 

Globe-facade

 

Pour faire une histoire courte, le premier Globe Theater fut fondé en 1599 par la troupe à laquelle William Shakespeare appartenait, The Lord Chamberlain’s Men. Ce dernier y produisit des dizaines de spectacles qui devinrent les grands classiques que nous connaissons aujourd’hui. Lors d’une représentation de Henry VIII en 1613, le théâtre brûla entièrement, le chaume du toit ayant pris feu suite à une explosion de canon lors du spectacle. À cette époque, les effets spéciaux étaient plus… réels : véritables épées et couteaux pour les combats, véritable sang (de cochon) pour les blessures, véritables boulets de canons pour les explosions et coups de tonnerre. Le théâtre fut reconstruit, puis fermé définitivement suite à l’abolition des théâtres par l’administration puritaine de Londres en 1642 et démoli en 1644.

 

Le Globe Theater actuel ouvrit ses portes en 1997 grâce aux efforts soutenus de Sam Wanamaker, comédien et metteur en scène américain ayant dédié les dernières années de sa vie à concrétiser cet ambitieux projet de reconstitution. Il est niché au bord de la promenade Southbank, parcours très fréquenté au bord de la Tamise, offrant une magnifique vue sur certains monuments bien connus de Londres. La proximité d’autres bâtiments culturels importants, par exemple le Tate Modern, le National Theater et le Southbank Center (centre de diffusion artistique semblable à la Place des arts), en font un lieu de prédilection.

 

Si le grand public y est conséquemment attiré, autour du Globe gravite à priori un cercle de comédiens, professeurs et étudiants, réunis par leur passion du théâtre Shakespearien. De nombreuses activités y sont offertes pour tous, parmi celles-ci des visites guidées, des ateliers de formations et, évidemment, des spectacles. Le site du Globe réunit un musée sur Shakespeare et 2 théâtres: le Globe Theater présentant des pièces classiques de Shakespeare en période estivale et le Sam Wanamaker Playhouse offrant, en période hivernale, une programmation plus diversifiée comportant théâtre, musique, opéra dans un registre variant de classique à actuel.

 

Globe-scene

 

Le Globe Theater, recréé selon des plans approximatifs du Rose Theater – un théâtre contemporain au Globe -, est constitué d’une arène encerclée d’un parterre et de 2 galeries superposées recouvertes de chaume. Au centre de cette construction polygonale se trouve une fosse à ciel ouvert, endroit d’où le public moins nanti peut traditionnellement assister au spectacle en se tenant debout. La scène comporte un plancher avancé supplanté d’un balcon arrière que partagent les musiciens de scène et les comédiens pour certaines scènes. Elle est également pourvue d’un enfer (sous la scène) et d’un paradis (au dessus de la scène), utilisés principalement pour des trucages comme les apparitions et disparitions. La charpente est construite en chêne et les murs en plâtre – originalement fait de chaux et crins de chevaux – sur lattes. L’éclairage, entièrement naturel, limite les représentations aux heures d’ensoleillement. La scène et les loges sont ornées de fresques classiques et faux finis peints à la main. La saillie de la scène dans la fosse centrale permet de faciliter les interactions entre les comédiens et l’audience typique aux pièces de Shakespeare. D’une taille impressionnante, le théâtre peut accueillir jusqu’à 1556 personnes.

 

Globe-plan

 

Le Sam Wanamaker Playhouse, ouvert depuis 2014, est inspiré quant à lui du Blackfriars Theater, salle de spectacle intérieure aménagée dans un monastère dominicain au centre de Londres en 1596 où Shakespeare jouait pour un public plus aisé. Il propose un modèle de construction de type Jacobéen. Tout comme le Globe Theater, ce dernier comporte une scène avancée, dominée d’un balcon arrière et une fosse centrale. Par ailleurs, le plan de la salle présente plutôt la forme d’un rectangle coiffé d’un demi-cercle. Un parterre et une seule galerie encadrent la scène, limitant la capacité de la salle à 340 places. L’éclairage y est procuré par 6 chandeliers massifs – équipés de véritables bougies en cire d’abeille – surplombant la scène. La salle, décorée d’une manière plus ornementale et l’omniprésence du bois de chêne ajoute à la chaleur du lieu. Sa petitesse en fait un lieu particulièrement intime qui renforce le sentiment de proximité avec les comédiens.

 

Samwanamake-playhouse-int

Plan-blackfriads

 

Historiquement, le quartier de Southbank se situait en dehors de la juridiction de la ville de Londres, qui s’arrêtait de l’autre côté de la Tamise. C’est pourquoi, à une époque où le théâtre était mal vu, de nombreux théâtres y furent construits dont le Globe, le Rose, le Swan et le Hope Theater. En effet, fréquenter le théâtre était perçu par l’église comme signe d’une grande dépravation au même titre que s’adonner aux jeux d’argent ou à la prostitution. Ainsi, vous pouvez vous imaginer que l’atmosphère du Southbank était plutôt effervescente entre théâtres, arènes de combat d’ours et de chiens, bordels, auberges et tavernes.

 

First Globe

 

De nos jours, Southbank regorge d’éléments historiques qui nous permettent de suivre la piste de Shakespeare. On trouve la plaque commémorative du premier Globe à quelques dizaines de mètres de sa reconstruction. Aussi, à Southwark Cathedral un bas-relief en bronze représente Shakespeare sous un vitrail illustrant quelques-uns de ses personnages notoires : Hamlet, le Roi Lear et Lady Macbeth. La reconstitution du Globe Theater sert de point central pour retourner sur les traces du Shakespeare de l’époque. Le musée permet non seulement d’approfondir l’histoire du théâtre élisabéthain dans son contexte, mais également d’en apprendre davantage sur les techniques de scène utilisées à l’époque (costumes, décors, effets spéciaux, etc.). Mais surtout, à travers les diverses représentations qui y ont lieu, le public découvre le jeu au temps de Shakespeare, très différent de celui que nous connaissons. Par exemple, les comédiens entrent très souvent en rapport direct avec l’audience – celle-ci avait d’ailleurs la langue bien plus déliée qu’à présent – brisant ainsi le 4e mur. En outre, le Globe Theater favorise l’accessibilité au théâtre, les places debout sont toujours disponibles à moindres coûts. La présentation de pièces plus récentes au Sam Wanamaker Playhouse permet, quant à elles, d’intégrer des représentants de la culture londonienne actuelle à ce programme déjà bien rempli.

 

Selon Shakespeare, le monde entier est un théâtre où chacun joue son rôle, aussi, est-il toujours est gravé sur la façade du Globe la devise suivante « Totus mundus agit histrionem » ( Le monde entier fait l’acteur ).

 

Pour plus d’informations :

http://www.shakespearesglobe.com/

 

 

Southwark-cathedral



%d blogueurs aiment cette page :