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Publié par le 30 nov, 2014 dans Musique | commentaires

LE 3 FAIT LE MOIS – NOVEMBRE 2014

Novembre et l’envie d’hiberner. Se cacher sous le lit avec son oreiller et ne plus bouger. Espérer s’endormir avant la première neige. Ne pas réussir à fermer les yeux. Tendre l’oreille et laisser le silence nous habiter. Étouffer. Sortir de sous le lit. Mettre de la musique. Et danser.

1. DEUX POUILLES EN CAVALE – TAMBOUR ET TEMPS MORTS

2 pouilles ok

Deux pouilles en cavale a surpris tout le monde, et même eux, en se classant troisième à la dernière édition des Francouvertes. Non pas que l’originalité et le talent manquaient à la formation pour se démarquer, mais parfois l’originalité, ça fait peur. Et les pouilles en ont plein les poches de ce petit quelque chose qui dérange juste assez.

Cinq ans après un premier effort homonyme, les p’tits gars du Lac ont lancé Tambour et temps morts, leur deuxième album, le 8 novembre dernier au Divan Orange. Entre temps, ils ne nous avaient quand même pas abandonnés et nous avaient offert, en 2013, le EP Votre coeur va manquer un pouls.

Un titre plus que joli qui aurait également pu convenir à l’opus qu’ils viennent de lancer puisque, lorsqu’on l’écoute, on a effectivement, et à plusieurs reprises, l’impression qu’il nous manque un pouls. Ou plusieurs. Mais rien pour justifier une visite à la Clinique. Écouter la pièce du même nom est d’ailleurs suffisant pour nous décourager d’être malade.

Tellement de sons se dégagent de chacune des pièces qu’on peine à croire qu’ils sont deux. Et avec raison. Puisqu’ils ne le sont plus. Cet ex-duo de rock progressif expérimental et excentrique, formé de Nicolas Gosselin, (voix et guitare) et de Pascal Rousseau (voix et batterie), compte maintenant un multi-instrumentiste, Simon Gauthier (PONI, Les Guenilles) avec qui ils visitent les temps morts sans nous faire perdre le nôtre.

Non pas sans rappeler Mr. Bungle ou autre énergumène musical, ça vaut la peine de se laisser surprendre par leurs chansons presque trop brèves qui nous rentrent dedans à coup de trente secondes. J’exagère juste un peu. Les pièces sont tellement courtes que vous n’avez même pas le temps de ne pas les aimer. À peine embarqués dans l’absurdité de ce que vous écoutez que le groupe vous arrache de votre plaisir en vous tirant par les cheveux vers une autre destination toute aussi dérangeante. On se laisse prendre au jeu sans même penser à s’obstiner.

Une belle découverte.

 

2. XARAH DION – LE MAL NÉCESSAIRE

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Auteure-compositrice-interprète et productrice, Xarah Dion nous présente Le mal nécessaire, un premier album complet où l’électronique et la musique du monde se côtoient pour le plus grand bonheur de nos oreilles.

La première fois, on est partagé entre écouter la voix ou la musique. C’est plus fort que nous, la voix l’emporte. Parce qu’elle se fait discrète. Et parce qu’elle nous livre des paroles toutes simples, d’une poésie douce comme une première neige. Alternant entre texte récité et chant lyrique, on la laisse éclairer nos soirées, que la lune soit pleine ou non. Une voix qui virevolte sans jamais se déposer au sol.

La jeune dame s’est d’abord présentée à vous avec Les momies de Palerme, un duo électronique qu’elle formait avec Marie Davidson. Elle est aussi la fondatrice de La brique, un loft artistique où, pendant sept ans, les artistes pouvaient habiter un lieu où l’art était la porte d’entrée. Le projet a malheureusement été condamné à fermer en raison de l’augmentation du prix des loyers.

La synthpop est souvent le véhicule idéal pour partager des ambiances qui alternent entre la délicatesse et le drame, la sensualité et la douleur. Et Xarah sait conduire, même si parfois des pièces comme du Désert au jardin méritent qu’on mette un peu de temps pour les apprécier. Mais en novembre, du temps, ce n’est pas ce qui manque. De la lumière peut-être mais ça, la voix de Xarah n’en manque pas. Une voix qui, avec sa chaleur, parvient à nous faire fondre. Comme sur l’Asphalte chaude, un vidéoclip où l’effet lave-auto ne parvient pas à nous refroidir.

Diffusé par Zodiaque Musique et lancé à la Vitriola le 14 novembre dernier, Le mal nécessaire est une déclaration d’amour. Un voyage jusqu’à l’âme et d’une franchise qui fait parfois mal. Mais oui, il arrive que la vérité soit bonne à dire.

 

3. TV ON THE RADIO – SEEDS

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Le décès, d’un cancer du poumon, du bassiste Gerard Smith, huit jours après la parutions de leur cinquième album, Nine Types Of Light, a bien failli signer la fin de la formation américaine. Mais c’était mal les connaître. Ils ont plutôt décider de vivre leur deuil en semant les graines de Seeds.

La recette est simple. Il suffit d’appuyer sur play et de laisser germer dans nos oreilles ces nouvelles mélodies digestes et probablement sans gluten. Depuis leur premier disque, Ok Calculator, en référence à Ok Computer de Radiohead, paru aussi en 2002, TOTR a exploré tout ce que la musique avait à offrir, du rock au jazz en passant par le gospel et l’électro.

Avec ce sixième disque, l’exploration a des allures de champs de marguerites qui nous rappellent l’été. Ceux qui les avaient oublié depuis 2008,- leur deux petits derniers étant passés quasi inaperçus – seront heureux de retrouver la formation new-yorkaise. Avec des pièces romantiques, comme Test Pilot et Careful You, ou débordantes de sourires comme Happy Idiot, on peut encore une fois constater que certains départs, malgré la tristesse, sont prometteurs d’une vie nouvelle. Une vie qui a tiré des leçons du passé et qui ouvre la porte de l’avenir avec une assurance solidement enracinée.

Un cri du coeur pop et accrocheur d’une formation qui n’a plus sa place à faire mais qui continue de la faire quand même, année après année. TV On The Radio me fait un peu  penser à la ville de Montréal: un chantier en perpétuelle construction. Un groupe qui en a vu des cônes oranges dans sa carrière, mais qui a su les contourner.

Gâtez-vous.

À propos de Marie-Eve Brassard


Diplôme en télévision et amour de la musique en poche, c'est à l'âge de 19 ans que Marie-Eve Brassard débarque à MusiquePlus. Elle y passera plusieurs années jusqu'à ce qu'une crise de la trentaine l'oblige à accorder de l'importance à sa passion secrète: les mots. Grâce à MMEH, elle peut enfin corriger sa manie d'écouter en boucle toujours les mêmes chansons et utiliser ce temps précieux pour découvrir du nouveau matériel.



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