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Publié par le 30 août, 2014 dans Musique | commentaires

Le 3 fait le mois – Août 2014

Parce qu’on prône la lenteur et le plaisir de la découverte dans la nouvelle mouture de MMEH, j’ai choisi de prendre mon temps, chaque mois, pour écouter, aimer, détester, choisir et, finalement, vous faire découvrir quelques-uns de ces nouveaux albums qui m’ont touchée. Voici donc trois des plaisirs que le mois d’août a bien voulu m’offrir.

1. FKA TWIGS – LP1

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Appuyer sur PLAY et avoir cette espèce d’impression de donner la vie à une chose étrange qu’on n’a encore jamais entendue et qui risque de nous déranger un peu, beaucoup, passionnément.

Une première écoute qui nous oblige à penser What the fuck ? Un genre de pop qui n’en est pas, de r’n’b qui n’en est pas, de trip hop qui n’en est pas non plus. Une musique qui nous donne envie de se laisser bercer mais où l’on se retient de trop fermer les yeux par peur de se perdre plus qu’on ne l’aurait voulu.

FKA pour Formaly Known As. Et twigs pour « brindilles », un surnom qui lui vient de son passé de danseuse où il était quasi impossible d’ignorer le son du craquement de ses os à chacun de ses mouvements. Mouvements qu’on a d’ailleurs pu admirer dans différents vidéoclips, comme ceux de l’Australienne Kylie Minogue et du rouquin Ed Sheeran.

C’est en 2012 que la jeune Anglaise, originaire de Gloucestershire, nous prévient de son arrivée en publiant sur les internets son premier EP. Des millions de vues Youtube qui confirment aujourd’hui qu’on était prêts à l’accueillir dans nos vies. Et c’est sur le label Young Turks (The xx, SBTRKT), qu’elle nous offre l’album LP1, ses premiers pas officiels en dehors du monde virtuel.

À peine âgée de 26 ans, l’artiste a l’assurance d’une Y et la sagesse d’une âme dont la première vie est déjà bien loin derrière. Quarante minutes de caresses. Le chant d’une sirène qui se prélasse dans un trou d’eau trouvé par hasard sur mars. Étouffant parfois, mais on peut faire confiance à l’artiste pour nous rendre notre souffle. Avant de nous l’enlever à nouveau. Asthmatiques s’abstenir.

2. SPOON – THEY WANT MY SOUL

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Avec leur huitième album, les gars de Spoon nous prouvent, une fois de plus, qu’ils sont les Ricardo de la musique et que la recette, ils la connaissent sur le bout des doigts. Non mais, avouez qu’il n’y a pas beaucoup de bonheur plus grand que celui de se resservir une trop grosse portion d’un plat qui goûte bon?

They Want My Soul ramasse sur un même album toutes ces qualités que le groupe a pris vingt ans à développer. Des mélodies qui donnent envie de taper du pied, des refrains qu’on ne peut pas, même si on le voulait, s’empêcher de chanter, des pièces électriques, épicées d’une distorsion qui parfois, comme sur Knock, Knock, Knock, est à la limite du supportable. #monopinion #surtoutverslafin #dommagecestmapréférée

Distorsion exagérée peut-être, mais efficace quand vient le temps de se réveiller. Et, après quatre ans de repos, gageons que les texans avaient besoin d’un gros cadran qui sonne fort pour s’extirper de l’engourdissement dans lequel l’immobilité les avait enfoncés. Réveil qu’ils ont confirmé, le 5 août dernier, en nous offrant They Want My Soul qui marque, autant pour eux que pour nous, une rupture efficace avec le passé. Un album qui réveillera un public plus grand encore que celui auquel la formation est habituée. Du gros bonheur sale de calories vides bonnes pour le moral, mais peut-être pas tant que ça pour la santé. Quoi que?

À écouter quand il fait trop chaud et qu’on n’a pas envie de cuisiner.

3. BERNHARI – BERNHARI 

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Le disque de Bernhari, Alexandre de son prénom, n’était même pas encore sorti qu’il faisait déjà du bruit. Une seule écoute de la pièce Kryuchkova et on est envahi par cette envie d’embarquer dans son vaisseau musical et de laisser le capitaine nous conduire en se demandant où ça va nous mener mais en sachant très bien que, peu importe, on va y aller. Irrésistible impression.

Il nous rappelle Léveillée, Ferland, Jimmy Hunt, Malajube, Pierre Lapointe, Renaud, Indochine. On cherche et on ne trouve pas. Ça dépend des pièces ou de nos souvenirs. Et on cesse de chercher parce qu’au fond, on se dit qu’on ne tient pas tant que ça à se rappeler. C’est neuf et c’est bien comme ça.

L’homme-orchestre a travaillé deux ans sur ce disque. Un projet personnel qui a pris racine au printemps 2012 entre deux manifestations autour d’un carré rouge. Une période marquante mais surtout, une rencontre, marquante elle aussi, avec la Russie. Une sorte d’histoire d’amour volée sur le coin d’une rue, au son de milliers de voix qui scandaient en cœur pour un peu plus de gratuité.

De l’Ouverture au Bouquet Final, toutes les émotions y passent. Des émotions qui ont été travaillées et retravaillées pendant des nuits entières au célèbre studio Victor. Dans une solitude entourée d’amis et de collaborateurs choisis minutieusement pour nous émouvoir avec lui.

Vous avez manqué le spectacle au Théâtre Maisonneuve en première partie de Fontarabie ou celui dans le cadre du FMEAT? Ne vous flagellez pas. Le disque homonyme sera aussi lancé au Cercle à Québec le 2 septembre puis au Cabaret du Mile-End à Montréal, le lendemain. Ensuite, le ciel lui appartient.

Ok. Assez parlé de moi. Maintenant, c’est à vous de me dire quel(s) album(s) a (ont) marqué votre mois d’août.

À propos de Marie-Eve Brassard


Diplôme en télévision et amour de la musique en poche, c'est à l'âge de 19 ans que Marie-Eve Brassard débarque à MusiquePlus. Elle y passera plusieurs années jusqu'à ce qu'une crise de la trentaine l'oblige à accorder de l'importance à sa passion secrète: les mots. Grâce à MMEH, elle peut enfin corriger sa manie d'écouter en boucle toujours les mêmes chansons et utiliser ce temps précieux pour découvrir du nouveau matériel.



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