Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 18 août, 2014 dans Musique | commentaires

Vieilles affaires vintage #4. Le swing tropical, versant fusion: Fingers, Airto Moreira (1973)

fingers

Prononçons ce mot maudit, question de se dégêner tout de suite: FUSION!!! (avouez que vous vous êtes dit un truc du genre « Ah non, pas un disque de musique rigide et froide à la UZEB!? », mais je vous rassure tout de suite, je me serais dit la même chose si j’avais été à votre place). Maintenant que le malaise est passé, reculons au début des années 70, lorsque ledit mot était un terme encore synonyme de créativité et d’expérimentation. Un jeune percussionniste brésilien nommé Airto Moreira déménage aux États-Unis en 1968 (avec son épouse, la chanteuse Flora Purim) après avoir fait partie du célèbre Quarteto Novo. À partir de là, tout s’enchaîne: il collabore avec Lee Morgan et Miles Davis, co-fonde Return to Forever et Weather Report, et se lance enfin en solo, ce qui nous amène à son quatrième album, Fingers, en 1973.

Dès la première chanson, on sait qu’on se trouve à une drôle de place: ça rock, il y a un peu de fuzz, on sent l’influence latine, mais… la pièce suivante, Romance of Death, rajoute une touche jazz, et Merry-Go-round est un pur baião, musique typique de tradition brésilienne. Après ces trois premiers morceaux, il apparaît déjà impossible de classer l’album dans un style particulier, et il ne reste qu’une solution: profiter, succomber à la vague tropicale certes relax, mais jamais triste ou monotone. C’est là toute la magie de la fusion à la Airto Moreira: plutôt que de forcer toutes ses influences à s’accorder au jazz pour créer un son au confluant de chacune d’entre elles, il les met toutes au service d’un son latin qui n’a absolument rien à envier à Santana ou Mongo Santamaria et dont l’objectif est, disons, de nous faire bouger avec raffinement et intelligence.

La cerise sur le gâteau, par contre, est l’incroyable qualité des musiciens, qu’on sent tous bien en contrôle de leur instrument, de même que la voix de Flora Purim, qui flotte dans le montage et lui ajoute une atmosphère aérée et fluide. Et, bien sûr, les innombrables percussions de Moreira, qui à elles seules peuvent donner instantanément le goût de se shaker le bom-bom à qui veut bien se le shaker.

Airto Moreira, Fingers (1973)

Pour acheter le CD, rendez-vous sur Discogs

 

À propos de Guillaume Cloutier


Guillaume Cloutier a étudié la littérature, est devenu libraire et éditeur, mais il s'est un jour retourné, a vu des piles et des piles de disques qui le suivaient partout, et a décidé de consacrer sa vie à la musique. Redevenu étudiant au lumineux cégep de Saint-Laurent, on peut maintenant l'entendre avec la formation montréalaise de rock psychédélique Electric Junk, en plus de lire ses conseils ici même



%d blogueurs aiment cette page :