Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 6 juin, 2014 dans Danse | commentaires

Room with sticks – Ame Henderson, Charles Quevillon & Tedd Robinson / FTA2014

1_room_with_sticks_cr_rod_macivor_p1130948

Au fond d’un grange, trois artistes canadiens, Ame Henderson, Charles Quevillon et Tedd Robinson se défient d’avoir comme seule inspiration le moment présent. En résulte un décor purifié, lavé de tout sensationnalisme, où le silence résonne à travers un alliage de sons chorégraphiés. Room with sticks est une méditation bruyante sur l’équilibre du monde.

Jamais l’Espace Libre n’a été aussi dépouillé et, paradoxalement, aussi vivant. C’est à travers ce mur de béton et ces immenses portes couvertes de papiers blancs qu’allaient se mouvoir Ame Henderson et Tedd Robinson. Eux-mêmes vêtus d’un costume immaculé, les deux artistes iconoclastes habitaient, par le biais de mouvements simples, un espace délimité par le blanc. Chaque geste était appuyé par le son du papier qui se froissait, semblable à de courts dialogues. On y mirait deux êtres qui tentent d’apprivoiser leur environnement, de s’y retrouver sans toutefois le perturber. Le spectateur, muet, écoute le bruit du silence.

« People go to theater to see concentration. » – Ame Henderson

Vient ensuite un homme, torse nu, lunettes fumées trop rétro, pantalons blancs et feuillages à la main. Charles Quevillon crée à lui seul, par l’entremise de cordages et de branches, une ambiance sonore qui rappelle cette incroyable force de la nature : le vent. C’est à ce moment que j’ai compris que le spectacle pouvait tout aussi bien s’écouter les yeux fermés! Plongé dans l’obscurité, le spectateur peur soudainement être submergé dans un autre univers grâce à l’ouïe. La musique joue souvent un rôle secondaire dans les oeuvres théâtrales, cherchant à appuyer un moment d’émotion… cette fois-ci c’était différent : la création de sons au détriment de mélodies ou de rythmes, était porteuse d’une narrativité qui lui était propre. Le silence et l’éclosion sonore de la nature invitaient, tout naturellement, à la méditation.

4_room_with_sticks_cr_rod_macivor_rws1

Tout ce temps, Ame Henderson et Tedd Robinson tentaient de trouver l’équilibre entre divers branchages et des statues méditatives. Ils créaient, dans l’immédiat, une scénographie épurée avec autant de patience qu’il faut à ériger un château de cartes.

Room with sticks porte à croire qu’il suffit de peu pour permettre au spectateur d’atteindre de nouvelles sensations. Le silence en opposition avec un chaos sonore, invités par des artistes qui ne jouent pas, mais qui vivent, nous permet d’abandonner l’intellect et laisser place aux découvertes minimalistes qui logent en nous. Le collectif banni l’idée contemporaine de la performance et nous permet enfin, de respirer un peu.

Room with sticks à l’Espace Libre jusqu’au 7 juin

À propos de Olivier Arteau-Gauthier


Après ses études collégiales en théâtre, il ira conquérir la Biélorussie à la découverte de techniques théâtrales russes. Friand d’offrir à son corps de nouvelles possibilités, il entreprend un baccalauréat en danse à l’UQAM qu’il devra laisser reposer puisque le Conservatoire d’art dramatique de Québec l’appelle à se concentrer sur l’essence même du théâtre : le jeu. Il collabore également à plusieurs blogues spécialisés en art vivant afin de garder dans le temps, une trace de l'éphémère.



%d blogueurs aiment cette page :