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Publié par le 31 mai, 2014 dans Musique | commentaires

Vieilles affaires vintage #1: Krishnanda, Pedro Santos (1968)

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À la première écoute, on sait qu’on a un joyau entre les mains, même si son origine est incertaine et qu’on ne sait pas trop avec quoi l’assortir. Que penser de la pochette, ornée d’un cercle des êtres vivants aux couleurs vives et d’un gorille en son centre? Que faire de la déroutante explosion tropicale qui se répand des haut-parleurs? Et surtout, qui est ce Pedro Santos, dont la discographie se résume à cet album, l’énigmatique Krishnanda, paru en 1968? C’est, en fait, un percussionniste expérimenté et un fabricant accompli de bidules électroniques en tous genres qui a accompagné Baden Powell et plusieurs orchestres de choro sous son vrai nom… Pedro Sorongo.

Pas étonnant, vu le pedigree de l’homme, que l’album soit une réussite, et une fois acclimaté, les nuances de l’album s’offrent à nous; des cuivres aux accents mariachi de Ritual Negro aux folies électroniques de Dual en passant par l’exotisme raffiné de Savana, Santos exploite tous les styles et sonorités de sa connaissance pour satisfaire jusqu’aux oreilles les mieux entraînées. Ça n’est pas de l’exotica, ni de la tropicalia, encore moins du choro ou un trip bêtement kitsch… c’est, plutôt, un peu de tout ça, comme si Les Baxter avait gobé de l’acide avant d’entrer en studio pour enregistrer une dérape. On pense aussi à Rogerio Duprat, l’arrangeur / prodige derrière de nombreux classiques de la musique populaire du Brésil de l’époque, mais sans l’aspect rock des compositions. Ou, encore, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band avec des cris de perroquet… le tout bouclé en une demi-heure à peine.

Autrement dit, ça ne ressemble à rien, et on aime ça. Le mélange de psychédélisme, de musiques typiques, d’une volonté résolument expérimentale et des arrangements opulents font de Krishnanda une perle dont la réédition, sporadique (chez CBS en 2010, et Polysom en 2012), vaut l’attente pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de se le procurer. Un must inclassable pour tous ceux qui sont perpétuellement à la recherche d’une boîte de Cracker Jacks à ouvrir (et qui espèrent y trouver plus d’une surprise).

Krishnanda, Pedro Santos (1968)

Pour acheter le vinyle, rendez-vous sur Discogs

À propos de Guillaume Cloutier


Guillaume Cloutier a étudié la littérature, est devenu libraire et éditeur, mais il s'est un jour retourné, a vu des piles et des piles de disques qui le suivaient partout, et a décidé de consacrer sa vie à la musique. Redevenu étudiant au lumineux cégep de Saint-Laurent, on peut maintenant l'entendre avec la formation montréalaise de rock psychédélique Electric Junk, en plus de lire ses conseils ici même



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