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Publié par le 29 mai, 2014 dans Danse | commentaires

Built to Last – Le chaos orchestré / FTA2014

Crédit: Julian Roder

Crédit: Julian Roder

Meg Stuart, en collaboration avec Bart Van den Eynde et Jeroen Versteele (dramaturgie) ainsi que Alain Franco (chorégraphie musicale), nous présente avec Built to Last, une œuvre qui rassemble des fragments aussi bien de l’histoire de la musique et de la danse que la création du cosmos. Le spectacle nous fait parcourir un fil d’idées éclatées dans lesquelles oscillent le grandiose et l’ordinaire.

La chorégraphie a été construite conjointement à la musique par un processus créatif d’improvisation à travers lequel chaque participant était impliqué. Ainsi, comédiens, danseurs, musiciens, dramaturges, chorégraphes ont donné naissance à ce spectacle hybride entre la performance, la danse et le théâtre gestuel.

Crédit: Julian Roder

Crédit: Julian Roder

La musique à l’origine du projet, la 3e symphonie de Beethoven, reste le leitmotiv de la pièce, même si la composition finale contient plusieurs autres inspirations. L’utilisation de musique « épique » entraîne une corrélation cinématographique. L’impression de grandeur surhumaine qui s’en dégage entre en contradiction avec la gestuelle volontairement désarticulée des interprètes qui tendent le regard vers le cosmos sans arriver à le saisir.

Le titre de Build to Last se réfère aux monuments historiques, se moquant au passage de la quête humaine de la pérennité. Le spectacle comporte une grande part d’humour, marqué le plus souvent par des gestes manqués, des exagérations et même des décrochages. Ces derniers créent une rupture dans la continuité et permettent d’obtenir un rythme intéressant dans l’intensité du contenu. La scénographie ingénieuse (Doris Dziersk), souvent manipulée directement par les interprètes, ainsi que l’utilisation de plusieurs accessoires et éléments de costumes (Nadine Grellinger) enfilés directement sur scène, renforcent le sentiment à découvert qui se dégage du spectacle.

Crédit: Julian Roder

Crédit: Julian Roder

Il flotte autour de la pièce une impression de quête spirituelle (dans le sens de recherche du sens de la vie) doublée d’une douce raillerie face aux aspirations et limitations de l’être humain. Le ton du spectacle oscille entre l’épique et l’humour comme le son entre la musique et le silence.

“We don’t know where we are but we think we know”, exprime ainsi le performeur Kristof Van Boven lors d’une de ces nombreuses interactions avec le public.

Meg Stuart, chorégraphe et danseuse américaine, est bien connue pour placer son auditoire dans une position déstabilisante propice au questionnement. La compagnie Damaged Goods, fondée par cette dernière en 1994, met justement en lumière la fragilité de l’humain. Les inépuisables interprètes (Dragana Bulut, Davis Freeman, Anja Müller, Maria F. Scaroni, Kristof Van Boven), provenant de diverses origines géographiques et artistiques, résident à présent à Berlin.



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