Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 26 jan, 2014 dans Danse | commentaires

Danièle Desnoyers / Le Carré des Lombes : Sonic Youth

 

Interprètes: Anne Thériault et Karina Champoux Photo: Luc Sénécal

Interprètes: Anne Thériault et Karina Champoux
Photo: Luc Sénécal

La culture pop ne se prive pas de recycler et réinterpréter des œuvres du passé. À lui tout seul, le morceau « Love Will Tear Us Apart » de Joy Division a été repris des centaines de fois. Qu’en est-il de la danse contemporaine? Éléments de réponse avec Duos pour Corps et Instruments, dont la re-création permet de faire connaître ou redécouvrir une pièce-passerelle entre la danse, la musique et les nouvelles technologies. Les créations chorégraphiques sont un patrimoine qui survit dans la mémoire, mais ne vit qu’en étant dansé, après tout.

Pour les 25 ans de sa compagnie, Danièle Desnoyers fait mouche en recréant Duos pour Corps et Instruments avec Karina Champoux, Clara Furey et Anne Thériault, dix ans après l’œuvre initiale. Une re-création exaltante, entre concert rock et expérimentation sonore, on ne peut plus dans l’air du temps.

La création initiale en 2003, que je n’ai pas vue, était interprétée avec AnneBruce Falconer, Siôned Watkins et Sophie Corriveau, répétitrice pour la nouvelle création. Dix ans après, c’est Karina Champoux, Clara Furey et Anne Thériault qui s’y collent.  Juchées sur des escarpins rutilants, en jupe ou en robe, elles sont branchées à des amplificateurs, telles des guitares ou basses électriques, et portent sur leurs mollets des porte-capteurs, qui ne sont pas sans rappeler des porte-jarretelles. Sur une musique électroacoustique composée par Nancy Tobin, les danseuses s’enroulent autour de leurs amplis, croisent et décroisent leurs jambes, tour à tour joueuses, lascives, gavroches, boudeuses, frondeuses. Par leurs jeux de jambes, elles participent à la trame sonore, créant entre autres des larsens. Le nom de la pièce vient de là, elle donne à voir trois duos de danseuses et d’amplis.

Interprètes: Anne Thériault et Clara Furey Photo: Luc Sénécal

Interprètes: Anne Thériault et Clara Furey
Photo: Luc Sénécal

Le début de la pièce baigne dans une ambiance à la fois très espiègle et sexy. Les danseuses prennent des poses aguicheuses et s’en amusent.  Elles semblent même se donner du plaisir par le prisme des vibrations sonores des amplis. Le son, source de jouissance? Anne Thériault fera même le V de la Victoire.

Peu à peu, les danseuses se déploient davantage dans l’espace. À la fois verticale et horizontale, leur gestuelle est déliée, tout en courbes et en lignes – des lignes qui font partie de cercles. Les mouvements épousent parfaitement la musique. L’atmosphère est bleutée, hypnotisante. On voit apparaître des duos entre danseuses, des bagarres, des bouderies, des corps-à-corps un peu loufoques. On se retrouve par moments en boite de nuit ou en plein défilé de mode, les interprètes s’en donnant à cœur joie, parfois rappelées à l’ordre par l’une d’elles.  Car la pièce est dans plusieurs registres, donnant à voir les multiples facettes des personnages féminins. Des personnages enrichis par les personnalités saillantes de chacune des trois danseuses, magnifiques et bourrées de talent. Karina Champoux, Clara Furey et Anne Thériault, qui se sont approprié l’univers de la pièce initiale et sa gestuelle, assument avec une fougue gouailleuse leur sensualité, avec ou sans escarpins.

À propos de Nayla Naoufal


Nayla est stagiaire postdoctorale à l'Université Laval, où ses travaux s'inscrivent au croisement de l'éducation relative à l'environnement, de l'éducation interculturelle et de l'éducation à la paix. Dans son autre vie, elle est critique de danse et collabore à Ma mère était hipster et au Devoir. Fondatrice du blogue Dance from the mat et vagabonde intellectuelle assumée, elle affectionne les librairies, les bibliothèques et les salles obscures.



%d blogueurs aiment cette page :