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Publié par le 23 jan, 2014 dans Cinéma | commentaires

Québékoisie – Entrevue avec la coréalisatrice

Diffusé en première mondiale aux RIDM 2013 et à l’affiche du cinéma Cartier de Québec depuis novembre, Québékoisie, documentaire sur la relation trouble entre Autochtones et allochtones et sur les contours mouvants de l’identité québécoise, prendra l’affiche du cinéma Beaubien le vendredi 24 janvier. Dernier film du couple Mélanie Carrier et Olivier Higgins, Québékoisie est le résultat d’une prise de conscience des deux cinéastes qui, après avoir voyagé à travers le monde, ont réalisé qu’ils ne connaissaient rien des peuples autochtones de… leur propre pays.

Le travail des documentaristes a d’abord été reconnu pour le film Asiemut, dans lequel ils parcouraient 8000 km à vélo à travers l’Asie.

Mais leur quête d’échanges avec les Autochtones du Québec a débuté en 2011 avec le documentaire Rencontre, qui suit le voyage d’un groupe de jeunes Innus, Hurons-Wendats et Saguenéens sur le célèbre Sentier des Jésuites qui relie Québec et le Lac Saint-Jean. Déjà, les bases de leur questionnement sur le métissage et les conflits identitaires québécois étaient posés. Ce sentier qu’on dit avoir été utile aux Jésuites à l’époque de la Nouvelle-France aurait d’abord été utilisé par les peuples autochtones pendant des centaines, voire des milliers d’années. Un lieu à la symbolique parfaite pour cette rencontre entre les peuples, à l’image d’une multitude de lieux du Québec où les noms français ont damé le pion aux mots atikamekws, innus, mi’gmaqs, anishnabe, kanienkehakas (mohawks), abénakis, cris…

Le couple nous arrive donc avec Québékoisie où il interroge plus encore les rapports entre Autochtones et allochtones et la construction de notre (de nos?) identité. Comme c’est leur signature, les réalisateurs voyagent à nouveau à vélo, cette fois de Québec à Natashquan, récoltant au passage les réflexions des Nord-côtiers et celles de nombreux intervenants, dont l’incontournable Serge Bouchard.

Je me suis entretenue avec la coréalisatrice Mélanie Carrier afin de mieux comprendre leur démarche de documentaristes et celle derrière Québékoisie:

Du propre aveu des réalisateurs, le film n’a fait qu’ouvrir la porte à ce qui pourrait être une longue démarche, un long voyage à travers le Québec et ses eaux identitaires troubles, le tout dans un but évident de rencontre et de réconciliation. Mais à quelle partie de la population s’adresse Québékoisie? Souhaitaient-ils parler d’abord aux allochtones, comme eux?

 

Les deux cinéastes sont autant voyageurs que documentaristes. Quelle est leur relation à la caméra ? Ont-ils toujours souhaité faire du documentaire, ou celui-ci s’est-il imposé au fil des voyages?

 

Ils voulaient aller à la rencontre des peuples autochtones du Québec, qu’ils connaissaient peu. Mais parmi tous les endroits et toutes les nations, pourquoi avoir choisi la route 138 et les Innus en particulier, pour Québékoisie?

 

 Québékoisie aborde beaucoup le métissage d’un point de vue biologique, en lien avec la généalogie, avec le fait que plusieurs allochtones ont un ou des ancêtres autochtones et vice versa. Était-ce une démarche consciente de leur part, d’aborder le sujet de cette façon, eux qui ont tous deux étudié en biologie? Tout à fait, me répond Mélanie Carrier.

 

Après six années à travailler sur le film, comment leur réflexion sur l’identité a-t-elle évolué ?

 

Le couple a également entamé l’écriture d’un essai sur leur voyage et sur la question de l’identité. Celui-ci est présentement sur la glace, le temps libre se faisant rare avec le lancement du film, mais ils ont bien l’intention de mener à terme ce projet.

 

Finalement, que retiennent Mélanie Carrier et Olivier Higgins de leur travail sur Québékoisie?

 

Québékoisie est présenté jusqu’au 30 janvier au Cinéma Cartier de Québec et dès le 24 janvier au cinéma Beaubien.

La liste des nombreuses projections à travers le Québec.

À lire aussi: mon entrevue avec Widia Larivière, anishnabe et co-initiatrice d’Idle No More Québec, sur son appréciation du film.

 

À propos de Dominique Charron


Dominique danse depuis qu'elle est toute petite, tant en ballet classique qu'en danse moderne et contemporaine. Elle a aussi étudié le cinéma et la littérature par le passé. Entre ses cours actuels de science politique et d'anthropologie, elle se fait chroniqueuse Premières Nations à Canal M et alimente le Tumblr d'actualité autochtone Peuples visibles. Elle a aussi collaboré comme recherchiste au magazine radio Dans le champ lexical.



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