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Publié par le 3 déc, 2013 dans Bande dessinée | commentaires

Le petit guide du Plan Nord – Michel Hellman / L’Oie de Cravan

Cet automne, la maison d’édition L’oie de Cravan propose deux nouveaux titres empreints de tristesse et de fragilité. Deux œuvres qui vous remuent les tripes et vous hantent longtemps après en avoir terminé la lecture. Je débute avec Le petit guide du Plan Nord de Michel Hellman. Mon retour sur Mélasse de Guillaume Pelletier suivra un peu plus tard cette semaine.

NORD1_ Couverture

Le titre suggère une œuvre à saveur politico-économique. N’ayez crainte, il n’en est rien.

Dieu merci, Michel Hellman ne nous sert pas une version illustrée de ce fameux «plan de développement économique des régions nordiques» mis en branle par le gouvernement Charest en 2011. Vous savez, ce plan controversé ayant pour objectif de dynamiser l’économie du Sud tout en donnant des ailes aux communautés du Nord? Oui, oui, ce même plan maladroitement récupéré par le gouvernement péquiste et rebaptisé «Le Nord pour tous».

NORD2_Bordlac

Le sujet du Petit guide du Plan Nord n’en demeure pas moins… le Nord. Michel Hellman s’est rendu en Côte-Nord. Il y a vu la détresse des communautés autochtones laissées à elles-mêmes. Il y a aussi vu les ravages écologiques engendrés au nom du sacro-saint développement économique. Et c’est en parcourant ces territoires défigurés que Hellman a trouvé le matériau de base de son prochain livre: le sac-poubelle.

Vous avez bien lu : le sac-poubelle. Et j’ai bien écrit : le matériau. Les planches du Petit guide ont toutes été réalisées avec des morceaux de sacs-poubelle découpés. Et ces sacs ont été ramassés dans les communautés Innu d’Ekuanitshit et d’Uashat sur la Côte-Nord.

NORD3_jeune au sac

L’artiste, dans toute sa complexité, possède ce don fabuleux de transformer la laideur en beauté, d’extraire de la poésie là où on n’en espère guère. C’est là l’immense tour de force réalisé par Michel Hellman. Avec de vulgaires sacs-poubelle, il fabrique des ciels menaçants, des sols craquelés et des paysages tristes. On devine la beauté de la nature à l’état sauvage, mais cette beauté est ternie par la nature même du matériau utilisé pour la façonner : le fichu sac-poubelle.

En montrant une nature fragilisée par la pollution, Michel Hellman illustre douloureusement notre échec collectif en matière de développement durable des régions du Nord. Ça fait mal.

À propos de Katerine Verebely


Curieuse culturelle à temps plein.



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