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Publié par le 21 nov, 2013 dans Balados, Cinéma, Musique | commentaires

Brothers Hypnotic / Reuben Atlas – RIDM 2013

Avant de débuter ma critique de Brothers Hypnotic, documentaire sur le Hypnotic Brass Ensemble présenté aux RIDM, il serait bien difficile de ne pas vous inviter à écouter le groupe en pleine action.

C’est bon? Vos oreilles sont pleines de cuivres? Bien.

C’est qu’ils sont huit, ces frères musiciens dont on trace le portrait dans Brothers Hypnotic, premier documentaire du cinéaste Reuben Atlas. Et leur musique est prenante. Ils ont tous appris leur instrument très tôt au contact de leur père, le trompettiste jazz Philip Cohran, et jouent maintenant ensemble au sein du Hypnotic Brass Ensemble.

Au-delà de la musique, il y a l’univers particulier dans lequel les frères ont grandi, leur père étant grand partisan des idées de l’anti-establishment. Ils ont tous le même père, mais viennent de trois mères différentes, dont deux habitaient avec eux au cours de leur enfance. Ils devaient tous se lever à 5-6 heures du matin pour pratiquer la musique avant l’école, étaient végétariens, s’habillaient de peu et recevaient quotidiennement les nombreux enseignements de leur père sur la musique, la vie et les dangers du Système avec un grand S. Et c’est principalement à la relation des frères avec ces enseignements que nous convie le film. Maintenant tous adultes et en position de développer une carrière bien à eux, la tension entre le rôle de successeurs que souhaite leur confier Cohran et leurs propres envies et convictions crève l’écran.

Comme le fait remarquer mon collègue Mathieu Charlebois dans la balado plus bas, celui qui souhaiterait en apprendre plus sur la démarche musicale du Hyptonic Brass Ensemble risque d’être déçu à l’écoute du documentaire. Si la musique y est très présente, elle agit plus comme personnage du film que comme sujet central. On pourrait aussi être un peu confus quant à l’ordre chronologique des événements, aux noms des nombreux frères ou au contexte précis des différentes scènes (où sont-ils exactement? c’est qui lui, déjà? de quoi parlent-ils?). Au fil des images d’archives ou actuelles, c’est le contexte familial, émotif et spirituel dans lequel est créée et jouée la musique du groupe qui nous est révélé.

Sur ce plan, d’ailleurs, Reuben Atlas a vraiment réussi son coup. Plutôt qu’à une mise en contexte factuelle, c’est à une mise en contexte humaine qu’on assiste. Au sortir de la projection, le riche timbre des cuivres résonnait encore dans mes oreilles. J’avais l’impression de bien connaître le groupe de musiciens, d’être familière avec leur humour, leurs valeurs et leur présence. Au fond, Brothers Hypnotic m’a laissé le même genre d’impression que lorsqu’on passe finalement une soirée complète avec quelqu’un qu’on avait à peine croisé auparavant. Plusieurs morceaux du casse-tête humain s’ajoutent alors à notre pré-conception et la complexifie.

Il y a une dimension humaine riche derrière la musique du Hyptonic Brass Ensemble. C’est ce que Reuben Atlas semble vouloir nous dire. Et il y réussit.

Brothers Hypnotic sera présenté à nouveau le 22 novembre à 20h30 au Cinéma du Parc, toujours dans le cadre des RIDM.

En balado : ma discussion sur le film avec Mathieu Charlebois, quelques minutes après la projection.

Play

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À propos de Dominique Charron


Dominique danse depuis qu'elle est toute petite, tant en ballet classique qu'en danse moderne et contemporaine. Elle a aussi étudié le cinéma et la littérature par le passé. Entre ses cours actuels de science politique et d'anthropologie, elle se fait chroniqueuse Premières Nations à Canal M et alimente le Tumblr d'actualité autochtone Peuples visibles. Elle a aussi collaboré comme recherchiste au magazine radio Dans le champ lexical.



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