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Publié par le 12 nov, 2013 dans Théâtre | commentaires

Jamais Lu 2013 : édition Québec / Dévoilement

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Le dévoilement de la programmation du Festival du Jamais Lu 2013 s’est déroulé ce matin dans le grand lobby du théâtre Périscope. Les trois organisatrices, Marcelle Dubois (fondatrice de l’édition montréalaise, qui a maintenant plus d’une décennie d’existence), Anne-Marie Olivier et Édith Patenaude nous ont présenté les grandes lignes de ce qui nous attend au cours de cette nouvelle édition. Divisé en trois soirées distinctes, chacune avec sa propre forme et sa propre formule, et propulsé par une thématique se déclinant sur le mode de la peur (précisément : « Là où on a peur »), le festival permettra d’assister encore cette année à des mises en lectures de pièces complètes par des comédiens, qui côtoieront des lectures d’extraits courts de pièces encore en chantier.

Une quinzaine d’auteurs, certains connus d’autres moins, auront ainsi l’opportunité d’offrir leur plus récente création et de tâter le pouls de la réaction du public, bien avant de penser à monter la pièce, à la mettre en scène, à la diffuser et à la produire sur les planches d’un théâtre.

Le jeudi 28 novembre, dès 18h, ça commence au bar L’Agitée, sur Dorchester. Catherine Dorion invite Véronique Côté, David Desjardins, Jacynthe Drapeau et Matthieu Dugal à venir parler avec elle des derniers « vrais tabous » de la société. On nous annonce une discussion enflammée qui va soulever des enjeux importants, dans le respect du thème et de la tradition d’engagement social du festival. À 20h, les « Intégrales » commenceront. Les dramaturges Maryse Lapierre et Michel Nadeau présenteront chacun une version, préliminaire, mais complète, d’une pièce inédite.

Le lendemain, toujours à L’Agitée, le public aura droit à une soirée toute en extraits, alors que « L’accélérateur de particules » sera mis en branle, un concept permettant aux auteurs de présenter de brèves parties de textes plus longs, encore une fois lus par des comédiens. Marc Auger Gosselin, Véronique Côté, Daniel Danis, Jean-Michel Girouard et Isabelle Hubert ont donc reçu le mandat de nous livrer (toujours dans l’optique du thème choisi) une parcelle d’un projet qui verra peut-être le jour dans quelques années.

« Fuck la perfection », titre donné à l’événement de clôture de cette édition, aura lieu au Périscope le 30 novembre et mettra en scène la parole engagée et/ou angoissée de différents écrivains et personnalités publiques. Sur fond de musique, d’images et de sons, les intervenants liront des textes de formes diverses, et essaieront de transformer la salle du Périscope en endroit festif, créant un espace d’échange (et, qui sait, de danse…). Le texte de présentation explique ainsi le concept :

« Nous serons neuf à aimer les mots et la musique. À avoir peur de plein de choses. À l’éclater en fragments, en beats, en manifestes, en poésies, en chœur, en slams, en tounes en dénuements, en périls, en actes de foi, en soulèvements, en cachette en dessous du lit. L’angoisse, ça explose ou ça implose comme ça veut, donc tout croche. Et là où nous chercherons, c’est exactement là où nous avons des failles, là où il fait noir. Mais deux choses sont certaines. Un. Nous serons game, promis, sinon ça ne sert à rien. Deux. Ça va virer en party. Parce que quand on a peur, c’est mieux d’être ensemble. »

Au-delà du texte un peu convenu (qui ne veut pas dire grand-chose finalement, malgré sa rhétorique ampoulée et sa syntaxe étrange), ça risque d’être assez intéressant, ne serait-ce que pour voir ce qu’impliquera cette notion mystérieuse d’être « game ».

Vitrine pour les jeunes dramaturges en manque de visibilité, banc d’essai pour des textes embryonnaires d’auteurs chevronnés, espace de réflexion philosophique et citoyenne sur la prise de parole et la posture du créateur, le Jamais Lu c’est tout ça à la fois. Ça se cherche un peu, mais c’est tant mieux quand on y pense : il n’existe pratiquement pas d’autre lieu, de plateforme, au Québec, où les jeunes créateurs peuvent entrer aussi directement en contact avec le public et tester des choses sans la pression habituelle du monde du théâtre. De là la pertinence de l’idée de se « mettre en danger » un tant soit peu, j’imagine. Paradoxalement, c’est l’endroit rêvé pour le faire, puisque les codes rigides et habituels de la scène sont laissés de côté.

Parfois, les textes lus et entendus (toujours inédits) ne mènent pas à des spectacles, ils restent à l’état d’échantillon, de brouillon ; d’autres fois ils se transforment en productions théâtrales achevées dont les fondatrices peuvent être fières. Quel que soit le résultat, le festival sert de laboratoire aux créateurs, qui donnent libre cours à leur pensée en évolution, et nous donnent un accès direct à leur imaginaire pas encore tout à fait formé, et ce sans les rouages quelquefois retors d’une institution difficile à rajeunir et à revitaliser. Juste pour ça, ça vaut la peine d’aller jeter un œil à ce qui s’y passera.

J’assisterai, dans le cadre de ma collaboration à Ma mère était hipster, aux activités du 29 et du 30 novembre.

En attendant la fin du mois, vous pouvez regarder cette capsule tournée avec les nombreux auteurs qui participeront au festival, dans laquelle on leur demande ce qui leur fait peur. Certaines réponses sont assez intéressantes. Perso, petit coup de cœur pour Édith Patenaude, qui a peur de… Vous verrez bien.

Pour la programmation complète, c’est ici!

À propos de Daniel Grenier


Daniel a déposé récemment sa thèse de doctorat en études littéraires à l’UQAM. Spécialisé en fiction américaine, il s’intéresse à la représentation du personnage de romancier dans la fiction. En avril 2012, il a publié aux éditions Le Quartanier un premier recueil de nouvelles intitulé MALGRÉ TOUT ON RIT À SAINT-HENRI. Dans le cadre de sa participation à MMEH, il couvrira surtout la littérature québécoise, et agira à titre d’antenne à Québec, où il vient de s’installer.



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