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Publié par le 11 nov, 2013 dans Littérature | commentaires

Le soleil du lac qui se couche – J.R.Léveillé / La Peuplade

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C’est l’histoire de la jeune Angèle, « la jeune métisse » qui rencontre Ueno Takami, un poète plus âgé. Dès le premier regard, quelque chose les lie et les attire l’un vers l’autre. Il n’est pas question ici d’un coup de foudre, mais plutôt d’une certitude tranquille, d’une évidence. Le soleil du lac qui se couche est un roman qui, comme son titre, évoque le calme et la contemplation. Tout y est lent et introspectif.

Il se passe peu de choses dans ce livre où tout est décrit en douceur, avec une réserve voire un détachement qui nous fait réellement vivre cet état de zénitude dont nous parle Angèle, lorsqu’elle évoque le caractère de Ueno; cette force tranquille qui émane de lui et qui l’attire, elle, comme un aimant.

Peu de dialogues, quelques phrases courtes ici et là. Les réflexions d’Angèle sont débitées comme un journal intime au ton toujours pondéré et très descriptif. Même, par exemple, lorsqu’elle parle de ses ébats avec son amant – on entrera d’ailleurs très peu dans les détails, on demeure même presque surpris de savoir que cela se passe entre eux tellement ils semblent cérébraux et éloignés des choses du corps – elle évoque ceux-ci avec un détachement parfois presque dérangeant. Cette sensation se traduit d’ailleurs très bien dans une constatation que fait Angèle:

« J’hésite à dire qu’à ce moment-là il bandait comme un chevreuil. J’ai été longtemps sans arriver à m’expliquer comment il pouvait être à la fois si spirituel et si érotique. J’imagine que c’était tout naturel chez lui. » p. 110

Découpé en 164 petits paragraphes, le roman – pourtant court et fluide – s’écoule doucement et nous laisse sur une impression de beauté simple et de bonheur tranquille. Le tout entre la poésie et l’art, la nature et l’observation de la vie. Même si tout n’est pas parfait et que la vie rattrapera bien vite cette histoire. On en sort un peu déstabilisé, car il semble bien rare que l’on croise ce genre de sentiments aussi doux et sans complications. Un roman ovni, qui détonne dans la pléthore de livres aux sujets torturés, durs et plutôt déprimants.

Une bouffée d’air, un temps d’arrêt. Beau.

La page du livre aux Éditions La Peuplade

Le roman a d’abord été publié en 2001 à Saint-Boniface. 

Livres vus : Le soleil du lac qui se couche from La Peuplade on Vimeo.

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



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