Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 22 sept, 2013 dans Dossier critique | commentaires

Dossier critique – L’expérience de la critique

 
Je réfléchis à partir de Poème sale, de la critique en poésie et de la critique en tant que texte de fond ayant l’objectif de contextualiser, d’analyser et de faire émerger un objet culturel du lot. Le résumé et l’appréciation personnelle, on les trouve sur Ebay. L’idée que j’ai de la figure du critique a certainement des ressemblances avec celle qu’on retrouve en musique, en cinéma, en peinture ou dans toute autre catégorie d’objet culturel. Mais elle en est aussi un peu différente.

La première remarque qui ressort d’une conversation sur la critique est qu’elle est morte, qu’elle n’existe plus. Par manque d’espace de publication ou bien par manque de lectorat. Si on commence comme ça, il n’y a plus vraiment d’intérêt à réfléchir à la figure de la critique.

Il y a beaucoup de livres. Je commencerais plutôt par là. Beaucoup trop pour qu’on puisse physiquement les lire et en faire la critique. J’ai compris ça tout de suite quand j’ai voulu faire la critique de recueils de poésie sur Poème sale. Ne pas savoir par où commencer. Ne même pas savoir par où commencer à lire les recueils qui se publient. Et entendons-nous, il se publie moins de recueils de poésie que de romans. Ça pourrait donc être bien pire.

Le réflexe naturel est de critiquer uniquement les objets culturels qui en valent la peine. Pour s’éviter la perte de temps et d’énergie que devient la critique négative ou celle qui remarque l’insignifiance d’un livre. Ça crée un peu l’illusion que tout ce qui se publie est incroyable, mais au moins, les critiques ont la qualité d’orienter un peu les lecteurs.


Charles Dionne (poème sale)

Charles Dionne (Poème sale)

Après ses études en littérature et en cinéma, Charles Dionne a écrit pour différentes revues, a participé à plusieurs projets cinématographiques et a travaillé en agence à Montréal. Il a cofondé, en 2012, la revue web Poème Sale.

Twitter: @poemesale 

Site web


Le rôle de guide du critique est peut-être aujourd’hui fondamentalement plus urgent qu’auparavant. C’est même peut-être ce qui reste d’une figure de la critique : se concentrer sur ce qu’on croit essentiel de faire remonter à la surface du reste. Mais encore, comment savoir repérer, en tant que critique, ces objets qui en valent la peine? On délègue : les maisons d’édition, les auteurs, les organisateurs d’événements, etc. Il est bien plus simple pour Poème sale de demander des services de presse à des maisons d’édition qui ont une vision éditoriale dans laquelle on se reconnaît ; de demander des invitations aux événements organisés par des gens qui ont, selon nous, un sens de la performance ; que de tenter de lire tout de n’importe où et de se rendre à tous les lancements et à toutes les soirées de lectures.

Il reste, selon moi, deux catégories de critique. Les critiques produites par le milieu intellectuel des revues (ESSE, Spirale, ETC) et celles exclusives au Web (Poème sale, Ma Mère était hispter, les Méconnus). Il y a une différence entre l’actualité culturelle (un article du Nightlife qui revient sur un spectacle de musique) et une critique (le même show critiqué sur MMEH).

Au final, Poème sale est un site dédié exclusivement à la poésie. Les romans, les essais, les BD, etc. ne s’y retrouvent pas. Je vois dans ce genre de spécialisation un choix destiné à se généraliser. Du site culturel général, on passe au contenu de niche, qui rejoint nécessairement moins de lecteurs pour la poésie par exemple, mais qui crée une relation plus solide avec le lectorat. Un genre de précision chez la critique.

dossier-une



%d blogueurs aiment cette page :