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Publié par le 4 sept, 2013 dans Littérature | commentaires

EN BREF: Le 19e Festival international de la littérature

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« On passe toute sa vie déguisé en adulte. » – Monique Corriveau (auteure québécoise)

C’est par cette petite phrase que j’ai été accueillie au lancement de la 19e édition du Festival international de la littérature, mercredi dernier au Lion d’or. Un « Donneur » circulait dans la salle et distribuait ces maximes à tout un chacun. Vous pourrez rencontrer l’un de ces Donneurs et recevoir vous aussi votre aphorisme le samedi 28 septembre entre 14 h et 16 h au Parterre du Quartier des spectacles.

Nous ouvrant les portes de la littérature sous toutes ses formes, « la cinquantaine de spectacles et activités proposées devraient nous donner envie de lire davantage ! », selon Michelle Corbeil, directrice générale et artistique de l’événement.

Le partage et la transmission seront les fils conducteurs de cette 19e édition du FIL, qui se déroulera du 20 au 29 septembre prochains. Ces thématiques traverseront plusieurs des spectacles présentés, tel Léo et les presqu’îles (21 septembre, 2 représentations), écrit par Gilles Vigneault  et dont la direction artistique sera assurée par sa fille Jessica Vigneault, pianiste de jazz. Il en va de même avec la création Né au Canada français,  imaginé et interprété par Marcel Sabourin, ou encore avec le spectacle Rapaillé (24 septembre), dans lequel la poésie de Gaston Miron sera « dansée » par les jeunes interprètes de la compagnie [ZØGMA]. Selon les dires de Michelle Corbeil, « Gaston Miron aurait adoré »…

Outre les classiques Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent (27, 28 et 29 septembre ) et Jusqu’où te mènera ta langue ? (20 septembre), revisité pour l’occasion par Martin Faucher et dont on a pu voir un extrait politique et engagé fort prometteur (je m’en suis d’ailleurs voulu de ne pas être allée à la présentation inédite qui a eu lieu cet été au théâtre de Verdure du parc La Fontaine),  on pourra également assister au spectacle de Thomas Hellman en hommage à la poésie de Roland Giguère. Pas moins de quatre soirs au Théâtre de Quat’Sous pour l’artiste et ses musiciens Olaf Gundel et Sage Reynolds (24, 25, 26 et 27 septembre), dans une mise en scène de Brigitte Haentjens, rien de moins. Le spectacle, déjà présenté l’année dernière au FIL, deviendra peut-être dans sa nouvelle version plus resserrée un classique comme Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, qui sait ? Il commande votre présence en tout cas. Cette année, vous pourrez de plus visiter l’atelier de Roland Giguère à l’espace-café et écouter des extraits d’entrevues à la salle de répétition du Théâtre de Quat’Sous. Cette approche m’a rappelé l’exposition sur l’atelier d’Alfred Pellan au Musée national des beaux-arts  du Québec, qui permet de découvrir les dessous de l’atelier du peintre. Ici, c’est avec la même curiosité que j’irai découvrir les secrets d’écriture du poète.

Une autre création requiert notre attention, Femmes de la Tierra, célébration de la terre avec les mots de Joséphine Bacon, Natasha Kanapé-Fontaine, Rita Mestokosho et Laure Morali, chantés avec émotion par Kathia Rock, qui en a impressionné plus d’un mercredi matin lors du lancement.  Encore une fois un spectacle de transmission, cette fois de la culture autochtone, de l’attachement à la terre, par des femmes fortes animées par l’amour et la colère. Ces émotions étaient si puissantes lors de leur interprétation que j’ai eu un coup de cœur pour ce spectacle avant même de l’avoir vu !

Plusieurs projets parallèles devraient également attiser la curiosité des visiteurs. Tout d’abord,  un quartier littéraire, idée développée pour la deuxième fois par des étudiantes de l’École de design de l’UQAM, sera situé au Parterre du Quartier des spectacles. Au sein de celui-ci, on pourra découvrir une exposition de photographies montée en collaboration avec la Fondation pour l’alphabétisation, qui valorisera la lecture et l’écriture à travers des portraits touchants de personnes en démarche d’alphabétisation. Bonne idée que de présenter cette exposition, ce qui permettra peut-être d’attirer plus de monde et de briser la glace pour plusieurs personnes qui, l’année passée, n’avaient pas osé s’arrêter ou participer. Il faut dire que le mauvais temps n’avait pas aidé.

Enfin, le Pavillon littéraire et sa salle de lecture, sur la place Pasteur de l’UQAM, seront reliés au quartier littéraire par un parcours déambulatoire conçu par Patsy Van Roost, artiste multidisciplinaire. Son parcours s’appelle Tire la chevillette, la bobinette cherra, je vous laisse trouver pourquoi… (Un indice, pensez à la sculpture du loup située sur cette place et regardez en direction de la rue Saint-Urbain). On a bien hâte de découvrir ce que la fée du Mile End nous aura concocté, elle qui nous a offert entre autres « L’amour fleurit ici ».

Enfin, plusieurs animations gratuites seront proposées et c’est ce qui fait la beauté de cet événement littéraire et donne absolument envie d’y aller : les mots seront partout, offerts à tous. Des apéros littéraires à l’ARTVstudio, des discussions à l’auditorium de la Grande Bibliothèque, des prix littéraires, des lectures publiques et j’en passe (dont la lecture de L’étranger d’Albert Camus, par Albert Camus lui-même dans un enregistrement datant de 1954, présenté ici en trois parties d’une heure chacune, dans le noir).

Sans occulter le grand débat qui se déroule actuellement sur le prix des livres, Michelle Corbeil nous a présenté un FIL 2013 qui se veut  peut-être plus accessible et plus ludique. Toujours aussi audacieux, le festival, créé en 1994 par l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ), semble définitivement bien placé parmi les incontournables de l’automne culturel de Montréal.
L’ambiance au lancement ressemblait à ce que la littérature représente : la découverte de l’inconnu, l’engagement, la beauté, la musique des mots. Le mélange de plusieurs disciplines voulu par l’organisation du FIL permet la rencontre de milieux différents et crée une interaction enrichissante et nourrissante.

Pour la programmation intégrale, allez visiter le site Internet du FIL

À propos de Laetitia Le Clech


Lætitia rédige ses « rapports de lecture » depuis début 2006 sur son propre blogue Lectures d'ici et d'ailleurs (lecturesdicietdailleurs.blogspot.ca/) et depuis 2012 sur Ma Mère était hipster pour partager ce que la lecture représente pour elle : à la fois refuge et échappatoire, réflexion sur la vie, beauté et poésie, choc et douleur. Les livres sont ses meilleurs amis depuis toujours et elle a décidé d’essayer de leur rendre la pareille.



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