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Publié par le 13 août, 2013 dans Musique | commentaires

Blue Hawaii – 8 août 2013 – Cabaret Playhouse

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Photo: Jon Yu

C’était jeudi soir dernier. Au-dessus d’un restaurant japonais et d’un autre végétarien et végétalien. À quelques dalles de trottoir du passage piétonnier qui divise l’av. du Parc entre Bernard et St-Viateur. Passage près duquel était garée ma voiture. Voiture dans laquelle je m’étais deux heures plus tôt, sur la route, rafraîchi la mémoire au sujet du plus récent Blue Hawaii. Blue Hawaii qui donnait au point d’origine susmentionné un spectacle. Spectacle qui n’aura rien à voir, comme je devais plus tard le constater, avec la fine bruine sonore à laquelle mon oreille venait de s’abreuver. Beaucoup d’imparfaits, d’entrée de jeu.

Pour faire plus court, d’Eon (cliquez sur son nom pour l’écouter) et Blue Hawaii tenaient l’affiche au Cabaret Playhouse le 8 août dernier.

Vers 22 h, la partie de la salle – à l’est du bar – réservée au spectacle est déjà presque saturée. C’est l’heure de d’Eon. Et avec lui, une surprise. La dernière fois que je l’avais vu, il était seul au clavier et à la voix, ténébreux, quoiqu’habité par l’esprit du new-age. Il fait habituellement plus dans l’expérimental, mais se permet de temps à autres une touche plus pop (comme pour ses collaborations avec Grimes).

Ce soir, il est en joie, mais sans micro pour chanter et nous en faire part. On a plutôt droit à un joyeux festin de musique médiévale et du monde, avec échantillons de dulcimer et bouzouki pianotés de la main droite et samples de flûtes celtes, andines ou indiennes aérés de la main gauche. Une femme au bar, interloquée et incapable de confirmer visuellement que le spectacle est bel et bien commencé, se dit surprise d’apprendre que Lorenna McKennit compose maintenant pour Bollywood. Je trouve ça drôle et je lui pique son idée. Ça lui apprendra à parler pendant le concert.



À propos du Cabaret Playhouse

Joliment quelque chose, cette salle. J’en retiens le mur de bulles derrière les bouteilles, les machines à sous scintillantes à l’arrière et les tabourets lâchement rembourrés qui perdent un pied de hauteur quand on s’y assoit. Pouf! Le pif sur le zinc! 


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Photo: Jon Yu

Plusieurs degrés plus tard et une odeur de sueur en prime, c’est au tour de Blue Hawaii. Si le groupe est bleu, c’est noir de monde. Le jeune Mile-End s’est donné rendez-vous. Et pour cause. En mars dernier, Raphaelle Standell-Preston et Alex « Agor » Cowan, à travers les lunettes aux verres opales et lapis-lazulis de leur angélique Untogether, nous ont fait voir fleurs de givres et flocons duveteux, et oublier gadoue grise et bouette brune. Un album thérapeutique pour donner quelques coups de lames vers le printemps. Un très bel album. Un de mes favoris cette année. Mais un album d’hiver néanmoins.

Comment transpose-t-on une idée d’une saison à l’autre? La mélancolie peut-elle survivre à une exposition prolongée aux rayons du soleil? L’enlacement en fondu de la pochette de l’album est-il toujours aussi agréable à 35 degrés Celsius? Allez savoir. Pour toute réponse, Blue Hawaii nous a montré un tout autre visage. Envolée la douceur, disparue la lenteur, volatilisée la subtilité. C’est presque vendredi, on danse. C’est l’été, on sue. C’est admission générale et les seules places assises sont rivées devant les machines de vidéo poker. Amusons-nous!

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Photo: Jon Yu

Soit, pour le plus grand plaisir des spectateurs avides de déhanchements, mais malheureusement pas pour celui du « cérébreux » venu assister à la réalisation en direct de leurs si délicats montages sonores. Une déception de blogueur, oui. Mais un succès auprès des admirateurs. Un petit mal pour beaucoup de bien en somme…

À propos de Nicolas Roy


Nicolas écoute d'une oreille distraite pour rendre compte de manière abstraite, ou déploie un radar de pointe pour faire rapport avec sérieux. Peu enclin à juger défavorablement, il s'en tient à suggérer ce qui, selon lui, mérite l'attention de l'auditeur et commande la protection de ses tympans. À l'exception du Deathgrind, il aime de tout pour tous.



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