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Publié par le 10 août, 2013 dans Cinéma | commentaires

Les ailes de Johnny May – Marc Fafard / Présence Autochtone

johnnymay

Pour se rendre jusqu’au Nunavik, territoire Inuit du nord du Québec, il n’y a pas de routes. Il n’y a pas de routes non plus entre les villages de la région. Les options de transport? Le traîneau à chiens, la motoneige et l’avion. C’est à la rencontre du premier Inuit à avoir travaillé comme pilote au Nunavik que nous convie Marc Fafard dans son documentaire en 3D Les ailes de Johnny May, présenté en première mondiale au festival Présence Autochtone lundi dernier.

De la naissance de Johnny May à sa semi-retraite récente, le film relate des événements et des anecdotes de la vie du pilote qui font écho à l’histoire des Inuits au XXe siècle. Du massacre des chiens de traîneaux dans les années 1950-1960, aux changements drastiques du territoire à cause du réchauffement de la planète en passant par les pensionnats autochtones, le film donne presque un cours Nunavik 101 en même temps qu’il nous fait découvrir l’histoire du pilote. On croirait même parfois que la présence de Johnny May à l’écran est un simple prétexte à faire de l’éducation populaire. Un léger déséquilibre dans la trame narrative qui est facilement excusable si on présume du peu de connaissances de plusieurs sur les Inuits. Et une noble démarche, quoi qu’il en soit.

Le réalisateur a tout de même su donner beaucoup de poésie à son film avec de superbes images du Nord à vol d’oiseau, de très belles animations en appui visuel aux témoignages, une narration sensible et en retenue de James Hyndman et des chants de gorge ou country en trame sonore qui savent éviter les clichés. Fafard a même pris le soin de composer des collages avec les images d’archives, ajoutant paysages et mouvements aux silhouettes immobiles des photos. Ce faisant, il donne une véritable signature visuelle à l’ensemble de son film et évite de tomber dans les images didactiques. Si le propos est parfois un peu scolaire, la forme, elle, est tout ce qu’il y a de plus cinématographique.

L’utilisation de la 3D est d’ailleur très réussie. Fait surprenant, ce n’est pas tant lors des animations qu’elle se rèvèle la plus intéressante, mais dans les prises de vue réelles. Quand quelques Inuits sont sur le bord de l’eau au sortir d’un bateau, par exemple, la distance physique entre eux et le relief dans les rochers donne l’impression d’être presque sur place, à tenir la caméra. La 3D est ici utilisée tout en subtilité et elle ajoute vraiment à la démarche visuelle du cinéaste (ce qui n’est pas peu dire, car votre humble blogueuse est du genre à enlever ses lunettes pendant les films 3D, préférant regarder une image floue que d’endurer les lunettes inconfortables ou des effets visuels tapageurs et affectés).

Bref, un film beau, maîtrisé, qui jouent avec les différentes formes cinématographiques et qui le fait bien. Et bien sûr, il y a Johnny May, son Nunavik et le peuple Inuit à rencontrer.

Les ailes de Johnny mai sera présenté en 3D au Cinéma Beaubien dès le 09 août.

Bande-annonce:

À propos de Dominique Charron


Dominique danse depuis qu'elle est toute petite, tant en ballet classique qu'en danse moderne et contemporaine. Elle a aussi étudié le cinéma et la littérature par le passé. Entre ses cours actuels de science politique et d'anthropologie, elle se fait chroniqueuse Premières Nations à Canal M et alimente le Tumblr d'actualité autochtone Peuples visibles. Elle a aussi collaboré comme recherchiste au magazine radio Dans le champ lexical.



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