Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 7 août, 2013 dans Musique | commentaires

Album de la semaine: Sleep Of Reason – Raffertie

Raffertie - Sleep of Reason

Raffertie est le prénom de la fille d’une collègue de travail d’un ami. Et comme Benjamin Stefansky trouvait si mignon le petit nom sans même connaître celle qui le portait, il se l’est approprié comme pseudonyme. Pour mieux jouer le producteur/DJ dans les plus gros clubs d’Angleterre ou sur BBC Radio 1. Sur la scène ou dans le box, pour libérer les toxines des  danseurs frénétiques, ou sur les ondes (en stream), pour épousseter le noyau accumbens des amoureux de bricolages acoustiques. Avant la parution de son premier long jeu, la réputation de Raffertie était acquise. Mais comme certains producteurs accomplis avant lui, dont le trio conjonction Apparat «  Moderat » Modeselektor qui a fait paraître hier la suite heureuse de son éponyme de 2009, la crédibilité établie ne pourrait mieux servir qu’à tenter autre chose. C’est ce qu’il a fait. Et très bien fait.

Pour Sleep Of Reason, Raffertie a d’abord troqué la souris pour le crayon. Il s’est mis à l’écriture de textes traitant essentiellement de l’ambivalence des sentiments qu’il entretient pour son village natal sur les côtes britanniques. Une première étape vers la réalisation d’un disque cohérent. Il a ensuite amorcé le grand virage de l’épuration qui consiste à ne plus jouer à Tetris avec les sons de synthèse, aussi brevetables puissent-ils être, mais à laisser entre le beat et la corde (pincée ou martelée) l’intervalle nécessaire au passage du souffle et du soupir de l’auditeur. La deuxième étape vers un album intelligible. Pour finir, il a fait preuve de beaucoup de prévenance à l’égard du mélomane attentionné en lui offrant un de ces rares albums conçus pour l’écoute intégrale. C’est soul et mélancolique dans le premier tiers, plus upbeat dans le deuxième et délicieusement expérimental dans le dernier. C’est là l’étape primordiale et trop souvent négligée de l’enregistrement structuré.

Vous trouverez ci-dessous la pièce qui me l’a fait découvrir, Benediction, tirée d’un EP sorti plus tôt cette année. Une reprise de Hot Natured dont l’original vaut l’écoute. Puis, Touching, peut-être pas le fait saillant de l’album, mais un bel exemple d’économie de mots et de sons derrière lequel se cache une grande réflexion. Une autre étape souvent ignorée, tiens!

À propos de Nicolas Roy


Nicolas écoute d'une oreille distraite pour rendre compte de manière abstraite, ou déploie un radar de pointe pour faire rapport avec sérieux. Peu enclin à juger défavorablement, il s'en tient à suggérer ce qui, selon lui, mérite l'attention de l'auditeur et commande la protection de ses tympans. À l'exception du Deathgrind, il aime de tout pour tous.



%d blogueurs aiment cette page :