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Publié par le 30 mai, 2013 dans Danse | commentaires

Birds with skymirrors / FTA 2013

 

critique-BIRDS-WITH-SKYMIRR

Le FTA présente Birds With Skymirrors de Lemi Ponifasio les 29 et 30 mai à la Place des Arts. La pièce du chorégraphe Maori a été inspirée par la vue d’oiseaux qui volaient, des déchets toxiques dans le bec. À la sortie de la représentation du 29 mai, Nayla Naoufal et moi avons discuté à chaud de ce qu’on venait de voir.

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Après avoir été troublé par la vue d’oiseaux qui volaient avec des bandes magnétiques dans le bec, le chorégraphe Lemi Ponifasio a créé la pièce Birds With Skymirrors, présentée les 29 et 30 mai dans le cadre du FTA. Originaire des Îles Samoa mais habitant maintenant la Nouvelle-Zélande, le chorégraphe a teinté sa pièce des cultures samoane et maorie pour faire de Birds With Skymirrors une expérience qui tient autant de la cérémonie que de la proposition artistique.

Du début à la fin, la scène est sombre. L’éclairage sur les danseurs ne sert qu’à faire prendre conscience de l’ombre qui domine l’espace. Un long pilier en diagonale coupe la scène en deux et crée une fissure qui résulte en une légère tension en nous, constante. La musique est un enchaînement de sons et de bruits qui rappellent le bruit blanc, mais qui varient suffisamment pour ne pas agacer.  La Terre dont nous parle Ponifasio n’est pas exactement lumineuse ou vigoureuse. Elle vit toujours, son coeur bat solidement, mais il y fait noir. Une noirceur qui n’effraie pas ou ne surprend pas. On la sait déjà là depuis longtemps.

Les mouvements, eux, sont fortement inspirés des oiseaux, sans pour autant les imiter bêtement. On est dans l’évocation, on invoque leurs esprits. Des battements de mains. De longs et lents déploiements des bras. De petits pas saccadés. Des yeux écarquillés. Ces mouvements se mêlent au tableau visuel et, formidable tour de force, Ponifasio nous plonge dans le même état que quand on regarde silencieusement la nature elle-même. Dans un deuxième acte, ce sont surtout les danses autochtones du Pacifique qui sont convoquées et qui viennent tenter une réconciliation entre humains et nature.

Difficile de sortir enthousiasmé ou surexcité de Birds With Skymirrors. Au contraire, la pièce fait tout pour nous guider vers un état méditatif, vers un centre posé en nous où entrer en dialogue avec ce qui nous entoure. Loin des discours politiques, écologistes et moralisateurs, Ponifasio nous montre plutôt un chemin possible. Et ce chemin commence par un arrêt.

*Birds With Skymirrors sera présenté une dernière fois à la Place des Arts le 30 mai à 20h.

À propos de Dominique Charron


Dominique danse depuis qu'elle est toute petite, tant en ballet classique qu'en danse moderne et contemporaine. Elle a aussi étudié le cinéma et la littérature par le passé. Entre ses cours actuels de science politique et d'anthropologie, elle se fait chroniqueuse Premières Nations à Canal M et alimente le Tumblr d'actualité autochtone Peuples visibles. Elle a aussi collaboré comme recherchiste au magazine radio Dans le champ lexical.



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