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Publié par le 8 mai, 2013 dans Musique | commentaires

Lettres d’amour à Bande à part

Bap-logo

Depuis 2000, Bande à Part est le projet hybride, la patente bizarre, le cossin hors-norme qui propulse dans le réseau Radio-Canadien la musique hybride, les sons bizarres et les artistes hors-normes. Pour de nombreux musiciens, Bande à part, c’est la première occasion d’aller dire son nom au monsieur à l’accueil de la maison de Radio-Canada, pour se faire répondre « c’est au quinzième, on vous attend ».

Ceux qui ont persévéré malgré les mille difficultés qui se dressent devant le musicien « de la relève » ont même pu visiter plusieurs fois les mythiques et bordéliques studios. Ils y ont faits des entrevues, des prestations et des projets complètement fous, comme seuls les cerveaux de BAP en ont le secret.

Nous apprenions hier que BAP allait bientôt monter au paradis des projets trop coûteux pour un gouvernement Conservateur. Nous pourrions pleurer, parce que c’est trisse en crisse, mais ce ne serait pas très BAP-esque. En lieu et place, nous proposons de laisser la parole aux artistes, à ceux qui ont vécu l’encourageante tape dans le dos qu’était un passage là-bas.

Allez-y, les artistes, c’est le temps de dire à Bande à part que vous l’aimez.

Propos recueillis par Myriam Daguzan-Bernier, Éric Samson et Mathieu Charlebois

***

Jean Bart (Omnikrom)

omnikrom-150La 1ère prestation enregistrée d’Omnikrom a eu lieu à Bande à part, avec Ghislain Poirier. Ils nous avait demandé de suivre une thématique, soit autour de la tempête, la canicule, ou quelque chose comme ça. On a écrit de quoi vite vite le soir précédent, en se disant qu’on mettrait les mots « tempête » et « canicule » dedans pis ça ferait la job pour faire notre premier 300$ facile. L’ovni « Rivière de diamants » était né. Merci Bande à part d’avoir fait confiance à des dudes weirds tout au long de votre existence.

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Géraldine

Geraldine-150Bande à part aura été très important pour le projet Géraldine. Ils ont fait partie des premiers médias à parler de nous et étaient là pour remarquer nos activités artistiques sans même qu’on aie besoin de les aviser. Grace à eux j’ai pu, entre autres, entendre mes tounes les plus fuckées sur les ondes de la Première chaîne et jouer au Metropolis. BAP aura contribué à stimuler la reconnaissance de nombreux artistes locaux peu connus. Je suis fâchée!

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Misteur Valaire

misteur-valaireBande à part a toujours joué un rôle essentiel dans le développement de Misteur Valaire. Ils ont été les premiers à s’intéresser au projet, ils nous ont donc fourni critiques, entrevues et articles sans exiger de précédent, de relations de presse ou d’album physique. Depuis ce temps BAP n’a jamais cessé d’être créatif et de nous proposer de nombreux projets. En offrant plusieurs types de captations dont les fameuses Sessions Bande à part, ils nous ont offert des images à montrer, du matériel qui nous ressemble à fournir à un potentiel public.

Ils nous ont ainsi offert une captation et un portrait réalisés par Éric Morin. Ils nous ont aussi suivi sur la route pour capter l’ambiance de plusieurs festivals au Québec et dans les Maritimes, ce qui est aussi important pour connaître un groupe que pour valoriser les festivals de chez nous.

BAP nous a offert plusieurs prestations, entre autres, au Métropolis, dans le métro Place des Arts, au mont Orford, etc. Pour célébrer une sortie d’album, ils nous ont même offert une lecture de plusieurs analystes scientifiques dont Charles Tisseyre qui ont vulgarisé le projet Misteur Valaire pour un public plus savant…!

Ce qu’on doit retenir est que Bande à Part a toujours trouvé une façon inventive de parler de musique ce qui fait en sorte que le public, ici comme en Europe, nous parle très souvent du matériel que nous a fourni BAP.

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Paul Cargnello

cargnello-150Fuck! Je suis tanné. Je viens d’apprendre les nouvelles. Je dois chier sur les Conservateurs… Les Conservateurs doivent être déchirés en lambeaux. C’est tout simplement coupure après coupure, et nous payons le prix. La fermeture de Bande à part est très triste. C’est décevant et c’est injustifié. Bande à part a été sur le frontline de la nouvelle musique, et je dirais de la politique progressiste aussi (à Montréal et à l’étranger). Les compressions des Conservateurs ont eu un effet profond sur la culture, et surtout chez Radio-Canada. Je suis vraiment, vraiment déçu.

Bande à part a été pour moi comme notre version de la BBC. Quebecstlye. Sessions Bande à part = Peel Sessions; la découverte de bonne musique sur le site interactif a été comme la découverte des groupes sur le Old Grey Whistle Test. Le Québec a finalement eu quelque chose de cool, pertinent, rebelle, et avant-gardiste, et ils sont obligés de fermer.

J’ai participé à trois sessions Bande à part. Tout le monde était toujours très gentil, et nous avons été bien payés. Le respect et le professionnalisme sont si rares dans cette industrie, que j’ai toujours chéri ces sessions. Aussi, pour moi personnellement, BAP a toujours suivi mes projets, anglais comme français, et ils m’ont soutenu. Cette ouverture d’esprit est également très rare au Québec, cela signifiait beaucoup pour moi.

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Navet Confit

navet-confit-150BAP s’intéressait (vraiment) à toutes sortes de musiques sous-représentées chez la plupart des médias. Aller faire un tour chez eux, pour une session live ou une simple entrevue, c’était une façon de prendre de l’expérience professionnelle significative dans le plaisir et la liberté, le tout réalisé dans d’excellentes conditions de travail.

Plusieurs des artistes « champ gauche » avec qui j’ai travaillé et moi-même avons profité d’une grande visibilité grâce à BAP, ce qui est inestimable dans le contexte industriel actuel.

Merci BAP.

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La gabatine (Violett Pi)

violett-pi-150Bande à part, c’était un dictionnaire de néologismes constamment mis à jour. Radio-Canada nous dit que que tous ces néologismes seront intégrés au dictionnaire des mots usuels. Yark.

Karl (Violett Pi)

L’argent nous prouve encore qu’elle échoue partout où elle passe.

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Fred Fortin

fred-fortin

Mise à mort
Comme une bombe
Sur mon village…
Mes amis, vous faisiez un travail vraiment remarquable.
Vous étiez le radar pour la faune, la référence pour tout ce qui grouille « underground ».
On a grandi ensemble et c’est bien au-delà du cash que vous m’avez soutenu.
Votre départ m’attriste énormément.
Merci à vous tous, bonne chance dans vos projets futurs.
Revenez vite!
Amitiés
Fred xx

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Antoine Corriveau

corriveau-150Je me suis mis à faire de la musique en français autour de 2004-2005. Je suivais la scène locale montréalaise, de mon Trois-Rivières natal, grâce au Voir, à MySpace et à Bande à part. Je suivais le parcours et l’évolution de pleins d’artistes différents, originaux, que je ne pouvais découvrir que par là, parce que les autres n’en parlaient pas.

En 2008, après des années à suivre les critiques, les articles, les vidéos, j’ai envoyé mon premier EP à Bande à part, en espérant une critique. Non seulement j’en ai eu une, mais c’était Pierre Landry qui l’avait fait. Le Pierre Landry qui m’avait fait découvrir plein de bons bands à MusiquePlus. Il avait pas trippé tant que ça – et je dois dire que je le comprends – mais il avait été honnête.

Mes chansons ont commencé à jouer, souvent même, à Bande à part. Ma chanson “L’Épave” a été quelques semaines au palmarès. Le gros trip. Soudainement, on m’encourageait un peu à continuer. Une fois le contact établi, c’est Bande à part qui me suivaient aussi. Qui m’envoyaient un email pour que je leur envoie mon nouveau disque, parce qu’ils suivaient ce qui se passait sur la scène locale pour de vrai.

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Avec les radios universitaires CHOQ et CFOU, c’était parmi les premiers à me faire jouer. Faire jouer plein de choses. Différentes. Juste pour donner accès à ça. Lâcher un petit « Allô! cette musique là existe aussi, et ça se peut que vous l’aimiez ». Un canal précieux pour les gens qui partout au Québec veulent avoir accès à une proposition différente.

Sauf que partout en dehors de Montréal, Québec et Sherbrooke, le Voir n’existe plus. Bande à part vient de se faire tirer la plug. Ouch. Fuck. Sérieusement. C’est un peu comme si collectivement on se disait que le Québec n’a pas besoin d’entendre d’autre musique, mais surtout qu’il n’a pas besoin de gens rigoureux, consciencieux et intéressés qui couvrent cette scène, qui la scrutent, la décortiquent, la critiquent, la montrent, la font entendre.

Bande à part a été une source de découvertes pour moi. Parce qu’on y parlait mon langage. Et il faudra toujours des gens passionnés comme l’équipe de Bande à part pour être à l’affût et faire découvrir des artistes. Parce qu’il y a des mélomanes qui parlent ce langage partout.

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Yann Godbout (Half Baked)

half-bakedÀ mes yeux, les débuts de Bande à part coïncident avec la parution du premier album de mon groupe, Half Baked. À l’époque, je me souviens avoir été très impressionné par ma première visite à la tour de Radio-Canada. BAP m’avait demandé de parler d’albums québécois que j’appréciais particulièrement. J’avais choisi « Pornstar » de Caféïne, « Et tant pis si cela vous déplaît » des Séquelles et le seul album du groupe Cynical Czardas. J’étais très nerveux mais je me suis senti à l’aise dès que j’ai mis les pieds dans les bureaux de l’équipe. Les murs étaient tapissés d’autocollants de groupes que je trouvais cool, tout le monde était souriant et sympathique, la vue sur Montréal qu’on avait en regardant par la fenêtre était magnifique.

Ce que j’ai toujours apprécié de Bande à part, c’est son engagement et son implication dans la scène musicale. Quand Bande à part décide de s’intéresser à un artiste, Bande à part ne le lâche pas. Non seulement l’équipe a toujours soutenu Half Baked à travers les années, mais il en va de même pour les projets des membres de Caféïne (Le Nombre, Mardi Noir) et des Séquelles (Kid Sentiment, le Chelsea Beat). Ce soutien ne se limite pas à la simple couverture médiatique des activités des artistes, il est bonifié d’expériences mémorables. Les Sessions Bande à part et les Nuits Blanches Bande à part sont à mes yeux des initiatives merveilleuses. À travers toutes ces années, j’ai de la difficulté à croire qu’une si petite équipe en a fait autant. Chapeau bas.

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Sunny Duval

sunny-150Les gens qui tuent Bande à Part mettent à la porte plusieurs très bons amis à moi. Je ne le prends pas. Ces mêmes gens armés de calculatrices tentent également de taire notre culture depuis plusieurs, plusieurs années. Ils tentent de réduire notre héritage aux prochaines générations à quelques téléromans et jeux télévisés. Ils privent maintenant les artistes d’une tribune magnifiquement essentielle et le public d’une source de diffusion des plus pertinentes ici. Je ne le prends vraiment pas. On se rejoint dans la rue, maintenant. Ça suffit.

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Jérôme pour Bravofunken

bravofunken-150Pour nous, BAP ça a été parmi nos premières critiques. Ça a aussi été parmi les premiers à diffuser notre clip et notre musique. Pour la radio, ça faisait quand même une bonne différence côté redevances (ça ne rend pas riche mais ça aide à payer au moins une partie des dépenses du groupe). Les sessions BAP étaient aussi une bonne façon de fournir un support vidéo de qualité aux artistes qui n’auraient pas nécessairement les moyens de s’en payer un.

Tout ça c’est sans compter le temps passé en tant que mélomanes à écouter les reportages et les sessions pour découvrir de nouveaux artistes qui nous inspiraient à leur tour.

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DJ Horg

horg-150Pour moi Bande a part c’est avant tout ceux qui m’ont fait confiance dès le début . Le Horg Beat Machine que Serge avait mis en ligne des 2002 (un genre de mixer virtuel online avec mes beats). La journée portes ouvertes ou ils m’avaient loué la première table tournante CD pour scratch. Mes sessions de DJ diffusées à la radio avant l’émission de Claude Rajotte. Et surtout 93 tours, projet mythique qui a ouvert les horizons de la scène rap au Québec.

Bref y’avait que Bande a part pour me téléphoner 2 heures après avoir mis un beat en ligne pour m’ inviter a le performer le soir même… On vas s’ennuyer de vous et de vos beaux projets!

Merci pour le soutien!

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Jessy Fuchs (Rouge Pompier – Slam Disques)

rouge-pompier-150Y’à ce jour où tu rencontres Bande à Part. Cette fois-là tu te dis que y’a au moins ça qui fonctionne.

Le spirit de la scène émergente des années 90, transféré en passion pour les années 2000, JAMAIS devenu une maison de retraite de puristes.

BAP t’es comme une maman fiable jamais démodée. Pis là tu seras pu là. C’est dull, je sentais que j’avais le droit de bien sonner avec toi.

Merci

***

Sabrina (Groenland)

groenland-150J’haïs toute. Je ne vais pas écrire une lettre d’amour, parce que je n’accepte pas ce qui se passe. Pas fait mon deuil. Des projets comme BAP, c’est ce qui nous rend fier d’être Québécois et artistes. BAP, ce sont les gens qui m’ont fait découvrir les meilleurs bands du Québec. Ce sont vers eux que je me tourne quand j’ai besoin d’un thrill, ou ben que je suis découragée que l’viarge d’entendre de l’insipidité à la radio, ou bien quand je veux me faire un p’tit plaisir cochon. C’est eux qui me redonnent un peu d’espoir envers la race humaine, comme une bonne tape dans le dos pis une bière qui se débouche en été.

Respect, BAP. Je capote dans tête de voir qu’on est là à t’écrire des lettres d’adieu en gang alors qu’on devrait rassembler tous les médias pour te faire survivre, se rassembler entre nous pour faire parler de ton départ soudain, rassembler nos énergies et notre intellect pour trouver une issue à tout ça.

Je veux un monde dans lequel on chérit notre culture, un monde où on fait confiance au bon goût des gens. Je te veux toi, BAP. Encore et toujours.

Tu peux être proud en criss de ce que t’as accompli. SHOUT OUT EN CAPS LOCK !

Pis c’est pas fini, cette histoire-là. Promis. X

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Nicolas Nicotine Bednarz (Mardi Noir, les Psychoriders, le Nombre, Caféïne)

mardinoir-150Vraiment difficile de voir disparaître une plate-forme si fantastique, nourrie par des gens uniques, fantasques, libres, percutants, dont la plume et à la parole se sont toujours avérées singulières et attachantes, dont les impacts sur notre culture collective ont été réels, dont le travail colossal a permis de développer significativement la curiosité et l’ouverture d’esprit chez notre collectivité souvent tellement déprimante.

Depuis la fin des années 1990, l’univers culturel s’est complètement métamorphosé chez nous. Bande à part mérite de très sincères remerciements pour sa contribution plus qu’essentielle à ces changements.

Je suis toujours stupéfait devant le manque de discernement de nos responsables politiques ou administratifs face à ce qui nourrit la culture, l’art et les quelques neurones qu’il nous reste. Je me console toutefois en me disant que les artisans de Bande à part sont tout sauf institutionnalisés et que leur créativité et leur travail acharné survivra d’une façon ou d’une autre à cette décision plus que poche. Merci vraiment beaucoup à vous et bonne continuation, elle sera certainement tout aussi remarquable et significative. Xoxox.

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Kim Gaboury, aka aKido

akido-150Dans l’univers de la musique au Québec, il y a un *avant* Bande à part, et un *après* Bande à part. C’est triste de voir une équipe aussi compétente se faire casser de la sorte… J’espère qu’il y aura une relève pour BAP car eux-mêmes ont tellement fait de bonnes choses pour la relève musicale underground. J’ai connu la scène locale d’avant Bande à part et je sais à quel point ils sont arrivés en renfort au bon moment. Depuis la sortie de Les Humains en 2004, jusqu’à mon 4e album Undark en 2012, Bande à part a continuellement fait tourner ma musique et fait la promotion de mon travail. Je suis très reconnaissant envers Hugues, Tony, Claude, Eric, Mathieu, Alexandre, Elodie, Catherine, Francois, Yuanni, et le reste de la bande.

MERCI BAP. RIP.

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Le Husky

husky-150Honnêtement Bande à part c’était comme le lait dans les céréales, l’eau dans la piscine. Le Quik dans un lait au chocolat, les plumes sur un oiseau. Imaginez un instant vous baigner dans une piscine pas d’eau en mangeant des céréales sèches, en buvant un verre de Quik qui goûte pas grand chose et en regardant les oiseaux tomber un par un parce que, avoue-le, sans plumes, leur voyage sera plutôt pathétique.

Bande à part, c’était fucking important et j’ai très peur de la montée en force de la matantisation des médias mais bon, la scène musicale alternative en a vu d’autres et saura probablement se relever en vivant à travers les blogues et mille autres endroits du web, des salles sombres de la métropole et des quelques lieux allumés hors-Montréal.

See you et merci pour tout!

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Carl-Éric Hudon

hudon-150C’était probablement en 2006. Avec Navet Confit et mon ami et guitariste Benoit Fréchette, nous étions partis en mini-tournée 5 ou 6 jours au Saguenay et au Lac. À La Baie, on nous avait booké par erreur dans un restaurant qui servait des assiettes à 30-40$ à des couples et des familles qui ne voulaient rien de plus qu’un peu de musique d’ambiance pendant qu’ils mastiquaient leurs filets mignons. Et surtout pas de distorsion hein, ça pourrait troubler la digestion. Alors que nous entamions le set de Navet dans l’indifférence la plus totale, avec autant de retenue qu’il nous était possible d’avoir, un groupe de 4 ou 5 jeunes dans la vingtaine est entré dans le restaurant, s’est assis et s’est mis à applaudir entre les chansons (hourra, un public!). Mettons que ça a un peu allégé l’ambiance pour nous sur scène.

Après le show, j’ai parlé avec un des gars du groupe de jeunes. Il n’en revenait pas que nous passions par La Baie, surtout dans ce restaurant. Il était fan de Navet Confit. Sa job, c’était de couper des arbres dans le fin fond du bois ou quelque chose du genre. Loin de tout, il avait sa radio satellite et il écoutait Bande à part, pour découvrir de nouveaux artistes non formatés par les standards radiophoniques qu’on connaît, pour écouter une radio qui lui ressemblait, dans ses goûts et dans sa personnalité.

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En fait, je ne sais même pas si BAP était encore diffusée via radio satellite en 2013. Ce n’est pas mon point. J’imagine qu’il y aura moyen pour les curieux et les persévérants de découvrir les Navet Confit, Malajube, 4D, Mahjorbidet, Géraldine et autres artistes du champ gauche du futur. Mais dans le contexte actuel, alors que les radios commerciales sont plus frileuses que jamais, que le poids financier du divertissement états-unien et mondial pèse si lourd par rapport au nôtre, je commence à craindre un peu pour l’avenir de la diffusion d’une musique d’ici, d’une musique indépendante, audacieuse et sans compromis. Et Bande à part était un point central de diffusion, sur le web comme sur les ondes, pour tout le Québec et le Canada francophone coast to coast, un repère pour les passionnés et pour la résistance. Vrai qu’il y aura toujours la débrouillardise, le web et le don de soi. Mais c’est en demander beaucoup aux pauvres (au sens littéral) artistes et médias indépendants que nous sommes. Et c’est en demander beaucoup aussi au gars qui coupe des arbres à longueur de journée, qui n’a peut-être pas le temps de défricher le web le soir pour la trouver, cette culture là, dispersée comme le vent d’un blogue à l’autre.

C’est dans l’underground que se situent les racines d’une culture. Pas de racines, pas d’arbre (je ne suis pas dendrologue, mais me semble que c’est ça). Merci Bande à part de nous avoir donné un endroit où nous avons pu nous former, nous développer, nous faire voir en surface un peu des fois et travailler ensemble à créer une culture solide et fière. Nous continuons notre travail en sachant que nous avons perdu un fidèle allié, un repère, un ami et que la suite des choses sera sans doute difficile. Nous ne vous oublions pas. Godspeed gang.

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Koriass

koriass-150Quand j’avais 15-16 ans, j’écoutais religieusement l’émission Le Kashow sur CISM, de minuit à 2h du matin. C’était un show animé par Sébastien « Baye Sikime » Tétreault qui diffusait du hip-hop de partout, mais surtout d’ici. C’était en 1998 ou 1999, dans les années des premiers albums de Sans Pression, Muzion, Yvon Krevé, etc. Je rappais depuis des mois seulement, je n’avais jamais même mis les pieds dans un studio, et mon rêve était de jouer à cette émission, et de rencontrer l’animateur, comme mes idoles du temps. C’est les années formatrices, celles qui m’ont donné l’envie de faire ce que je fais maintenant pour vivre.

Plus d’une dizaine d’années plus tard, j’ai un peu plus de poils au visage et un peu plus d’expérience dans mon sac, et je sors un album intitulé Petites Victoires en octobre 2011. La première critique qui a été faite était sur le site de Bande à part, par un certain Sébastien « Baye Sikime » Tétreault. Il a fait une critique élogieuse en donnant 8.8/10, ne sachant pas que c’est en partie à cause de lui si je sors des albums aujourd’hui. C’est un des moments les plus importants dans ma carrière; quand j’ai lu cette critique j’avais encore 15 ans.

Le décès de Bande à part me laisse en deuil. En plus des critiques de mes projets, on m’a invité à faire les Sessions, la Nuit Blanche au Métropolis et j’ai rencontré des gens passionnés, motivés et amoureux de la musique autant que moi. Je me dois de constater le pas vers l’arrière que fait notre culture en enlevant cette plateforme magnifique qui met de l’avant les artistes émergents d’ici. R.I.P. Bande à part, je vais verser du Hennessy sur le sol en écoutant mes enregistrements du Kashow sur cassette que j’ai fait en 1998.

Merci !

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Marteen Alary (Domaine Alary)

alary-150Je ferais un Dexter Morgan de moi-même: petite seringue dans le cou, les voir se réveiller d’un air ahuri, ligotés, nu(e)s dans le plastique, au studio 12 de Radio-Canada. Leurs yeux paniqués, conservateurs, reconnaissent les photos de l’équipe de Bande à part ainsi que celles de centaines de bands francophones et/ou anglophones et je leur annonce, cruellement, qu’on va pousser à travers leur ostie d’asphalte.

A+ Bande à part

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Marie-Eve (Vulgaires Machins)

Bande à part a soutenu Vulgaires Machins depuis le tout début. Bande à part c’est la différence, c’est l’alternative à la médiatisation de masse et au conformisme.

Elle est non seulement pertinente musicalement mais aussi socialement car elle donne la parole.

Merci à tous les artisans de Bande à part qui a travers les années ont su être aussi intelligent.

VM-150

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Robert Nelson (Alaclair Ensembe)

alaclair-150Grâce à BAP on se sentait dans le Bas-Canada même dans les studios de Radio-Canada. Des fous rires, des moments plus sérieux, des moments moins sérieux, mais toujours l’impression de venir à un endroit où les gens ont le goût de faire jouer de la nouvelle musique et d’en faire part aux autres avec entrain et plaisir. Un soutien vraiment très apprécié au fil des ans, et parmi les premiers médias plus établis à avoir parlé d’Alaclair Ensemble et du Bas-Canada (entre autre notre session live à Bande à Part qui fut une réelle partie de plaisir). Merci à BAP et à tous ceux qui y participent, une vraie gang de minces, une vraie gang de chums, une vraie gang de Bas-Canadiens qui virent sul top ben raide.

On a besoin d’affaires de même dans l’Bas. C’est Robert qui vous le dit.

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Keith Kouna

kouna-150Je me rappelle qu’aux débuts des Goules, Bande à part avaient été vraiment smats avec nous-autres. En plus de parler de nous, ils nous avaient interviewés, ils nous avaient fait jouer dans un show qu’ils organisaient, ils nous avaient bien payé, nourri et abreuvé, ils nous avaient même donné chacun un t-shirt qu’on avait tous usé jusqu’à la corde!.. Mais ils nous avaient surtout donné de la visibilité, de la crédibilité et de la fierté. Nous existions dans la très sérieuse et respectable boîte de Radio-Canada!.. Bande à part fut la plus belle tribune de la nouveauté et de l’audace musicale au Québec pendant plus de dix ans, un site de référence, une émission brillante et une équipe de passionnés. Ça va laisser un grand trou dans le paysage. Ben plate.

Gros merci Bande à part. S’il te reste des t-shirts, je vais t’en prendre un et le porter encore fièrement jusqu’à la corde…

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Canailles

canailles-150Tout d’abord, on se rappelle encore notre première entrevue dans le sous-sol du Divan Orange, on était bin énervés en face d’un Benoît Poirier tout sérieux. D’ailleurs, merci infiniment cher Be de nous avoir supporté dans tant de moments délicieux (St-Jean-sur-le-Richelieu, Masking Tape devant les enfants, l’eau chaude de l’apocalypse, high five, les boules à Jp, « c’t’à cause des tacos », Austin tout court, all aboard, tu seras toujours le bienvenu, merci trop.)

Ce qui est super avec vous Bande à part, c’est que vous êtes la plateforme où les groupes qui débutent se sentent un peu plus big, considérés et appréciés et où l’autocensure peut rester à maison. On dit pas ça de même pour faire cute, vous avez vraiment été un tremplin important pour notre carrière musicale, et c’est le cas pour tellement de groupes émergents, comme on le dit si bien! Vous nous avez critiqués, enterviewés, session Bande à Parés, Nuit Blanchés au Métropolisé, et plus encore!

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Là on parle au passé comme si ça s’arrêtait là, mais la vérité c’est qu’on a encore besoin de vous. Certains médias n’existent plus, comme le Ici, Mirror, BangBang, Nightlife version papier, et le Voir ne couvre plus la scène locale.  Ensuite, ce qui n’était qu’une rumeur s’avérait vrai: vous vous faites fermer les portes (dans face). Maintenant, vers qui les nouveaux nés vont se tourner pour se faire entendre?? Ou mêmes les groupes comme nous, qui ont un son non-conforme aux standards des radios commerciales? C’est un coup dur…

Merci pour tout, du fond du coeur, chers amis. On n’oubliera jamais notre session cuisine dans la Brasserie la Mère Clavet, Félix B. Défossés, notre boisson alcoolisée d’arrivée en studio au lieu du café et le gars qui a toujours un chandail de Star Wars ( tu te reconnais ! ). Et surtout, on n’oubliera jamais le timbre de voix d’Alexandre Courteau.

Amour!

Shooter!

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Chantal Archambault

archambault-150Bande à part, c’est l’art de savoir recevoir, d’accueillir, de te faire sentir bienvenue, avec reconnaissance, vraie joie, sans flafla, ni front. Puis viennent sournoisement les maîtres dans l’art de couper l’herbe sous le pied à cette jeunesse vue comme une menace, puisque sa culture devient un frein aux aspirations de ceux qui voudraient bien gouverner un peuple de plus en plus ignorant. Quelle horrible chose. Grand merci pour la chaleur, les tapes dans l’dos, l’intérêt, l’enthousiasme, la curiosité et la quête de diversité. Je suis en colère, vous levant à tous mon chapeau et vous saluant avec, bien bas.

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Mario (Les Frères Goyette)

goyette-300

Au départ, c’est un honneur d’être invité dans vos studios. On se serre la main, se présente,  on reste polis. On se chante la pomme. À chaque fois, c’est de belles tapes dans le dos que l’on reçoit de vous. Vous venez voir les concerts, vous en parlez. Vous prenez la balle au bond lorsque l’on vous parle de web série, de légendes rurales ou de courses de petits bateaux. La nouvelle de votre fermeture est bien dure à croire et à digérer.

En fait, on le prend bien mal.

On s’en reparle.

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Dramatik

dramatik-150Ô Harper quand tu as mis la main sur Radio-Canada, on se doutait bien que l’information aller changer de couleur, mais je ne savais pas que la radio se ferait trancher la gorge, bouche. Sans voix, le courant émergente muet se faisait entendre, haut parleur. Le Haut parlement a fait avorter le flow au sein des enceintes stéréos. On les croirait techniciens de son tellement ils ont compressé nos échos et ce sans délais. Merci Bande à part d’avoir été là. Nos chansons devenaient des œuvres à part, juste en étant présentés sur votre plateforme. Mon album « La boite noire » à bien été accueilli, je dirais même hébergé (sauvé des eaux) à une époque où l’intelligence musicale est un « turn off dans un monde où les feux d’artifices sans chaleur qu’on ne regarde même plus refusent de mourir.

Radio-Canada s’est fait couper les cannes, mais c’est la radio qui saigne. Débandade. À quand un Radio-Quebec !!!

***

King Bochek

bochek-150J’ai eu le privilège que Bande à part critique mes 6 disques que j’ai fait avec rien.

BAP, c’est un travail de recherche de chef. Mot d’ordre entre autres à Ben Poirier et sa plume de fauve, à Maxime Morin, Marc-André Pilon…Merci beaucoup. J’ai senti ma musique lo-fi si dûre de comprenure exister avec fierté grâce à vous. Mes mélodies chez vous semblaient se rendre par un radar plus sensible et aiguisé. Mon complexe et bizarre était chez vous unique et nouveau.

Chapeau.

Sur cela, merci, cheers et à la prochaine. Brave new waves for all, except Harper, you’re an asshole.

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Simon Kingsbury

kingsbury-150Je suis arrivé à Montréal il y a juste 4 ans et j’ai embarqué dans la folie de P-A avec Lac Estion. C’était la première fois que je chantais en français et que je commençais à rencontrer en personne tout ce beau monde voulant faire de quoi avec la musique québécoise. Je ne parle pas que des artistes, mais bien aussi des médias qui ont la même esti de motivation comme BAP. Ils tombent un après l’autre et ça me donne le motton de voir ça.

BAP merci pour tout, mais je n’étais crissement pas prêt à te dire bebye

XXX….

***

Brun Citron

bruncitronDes gens allumés sur une culture différente. « Fermez-moé ça, Saint-Chrême!  » dit le monsieur drabe à la coiffure plastique… mais en anglais par z’emple.

Bande à part, c’était la tape sur l’épaule pour Brun Citron. Grâce à eux, j’ai fait de drôles de spectacles (ex: effrayer des p’tites familles dans un musée), mes premières entrevues (mes premières coupures en post-prod aussi) mais surtout, j’ai fait des rencontres hors du commun.

Mention spéciale à la gentillesse et aux yeux magnifiques de Pascale Richard et d’une découverte, d’une connaissance, d’un ami et maintenant d’un soda de bon chum, Benoit « BE » Poirier. Tu peux faire ben des affaires, mon gros sale mais Bande à part, j’me le garde dans mon ti-coeur brisé pour toujours, toujours…

Je t’aime BAP, va t’en pas…

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Francis Faubert

francisfaubertC’est-tu le symptôme du cancer conservateur qui gruge la culture, la différence, la diversité? Je comprends pas trop ce qu’y se passe, mais ça regarde pas ben. Un peuple qui s’exprime pu, faute de tribune, s’efface dans la masse, dans le commun, dans le banal. Il se soumet. Bande à part, tu étais un peu pas mal, notre forteresse, notre p’tite pilule, un accès privilégié à la nouveauté, un peu de sable dans l’engrenage de « l’industrie culturelle ». Ton départ me met en calvaire… Merci pour tout!

***

duchess

Duchess Says

Grâce à toi nous avons fait le tour du monde
Sans toi nous ne serions pas ce que nous sommes aujourd’hui
………
Tu vas nous manquer BAP…

Le couleur

le-couleurÉtant une pianiste classique et très très classique, je ne connaissais pas cette extension de Radio-Canada. Mon entrée dans la musique pop eu lieu avec la sortie du premier EP de Le Couleur, « Petit Piano électrique ». Et comme plusieurs le témoignent, BAP furent les premiers à s’y intéresser. Je crois que je sautais partout lorsque j’avais lu le courriel disant que Bande à part nous consacrait une fiche artiste sur le site. On s’intéressait à notre musique, des journalistes critiquaient notre EP, sortant des points forts, mais également des points faibles, nous permettant de nous améliorer. On passait à la radio, à nous le monde!! Merci de m’avoir fait rêver, dans ma petite tête de pianiste classique. Bande à part a permis à beaucoup de nouveaux artistes de se sentir respecter et de se démarquer d’un paysage musical, qui semblait pour plusieurs, fucking plate. Oui, vous allez nous manquer.

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D'AUTRES TÉMOIGNAGES...

Olivier Picard (Parce que films)

Bande à part, vous m’avez fait rêver, vous m’avez formé, vous m’avez donné confiance en mes moyens, vous m’avez donner ce que peu peuvent offrir de nos jours, donner une chance de niveau professionnel dans l’émergence. C’est ca BAP, provoquer le talent. Trouver le talent. BAP était une véritable pépinière de talent. Harper, un jour nous nous vengerons. BAP, un jour tu reprendras vie, j’en suis plus que certain, nous sommes plus forts que ce crétin.

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Laurence Lepage

J’ai vu naître Bande à part avec grand enthousiasme, j’avais à peine 20 ans. Cinq ans plus tard, j’assistais à la grande nuit blanche pour leur 5e anniversaire au défunt Spectrum. Depuis, je n’ai jamais cessé de les suivre, j’ai assisté à des sessions, écouté l’émission à la Première chaîne ou en différé, collaboré avec eux à plusieurs événements porteurs de cette « scène locale » qui nous est si chère.

La seule existence de Bande à part et sa présence sur tant de plateformes était tellement réjouissante! Quand on se demandait si tous ces artistes que nous aimons tant pourraient avoir une vraie vitrine, on se consolait vite en voyant que Bande à Part était là pour eux… Mais voilà, c’est fini, et honnêtement, je ne comprends pas pourquoi…

Ces gens font un travail essentiel, et ils continueront de le faire encore quelques semaines. Ensuite, qu’adviendra-t-il d’eux? Je souhaite ardemment que les Félix B Desfossés, Alexandre Courteau et le reste de l’équipe puissent continuer de défendre et de promouvoir tous ces projets, aussi hétéroclites et hors norme soient-ils. De tout coeur.

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Brian-Michel LaRue, ancien producteur

Où pouvons-nous diffuser de la nouvelle musique émergente, avant-gardiste, révolutionnaire et extraordinaire? Où d’autre nos artistes et de musiciens peuvent-ils atteindre le reste du Canada, les États-Unis et partout dans le monde? Je vis à New Orleans maintenant, et grâce à la radio satellite et à l’Internet, les nombreux fans de musique québécoise et francophone peuvent avoir accès à l’art nouveau qui est TOUJOURS passionnant et frais. N’ayons pas peur des mots et appelons la fermeture de Bande à part ce que c’est : un génocide lent, artistique et culturel avec l’aimable autorisation de notre gouvernement fédéral anti-Québec à Ottawa.

Ce n’est pas une évolution telle que décrite par la SRC, mais d’elle doit commencer une révolution.

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Isabelle Ouimet (La royale électrique compagnie)

Je suis de celles qui vivent de passion. Une passion brûlante, dévorante, intense, incontrôlable. Et vous étiez des miens. Je vous ai vus, là où peu s’aventurent, dans les petites salles sombres, crasses et suintantes des souterrains montréalais; Je vous ai entendus, rire, crier, applaudir, creuser, réfléchir, la nuit dans vos studios, le jour dans vos bureaux, ici et là, il y a dix ans et hier, parmi les foules, petites et gigantesques; Je vous ai suivi, penser en lettres, promouvoir en idées, enseigner, apprendre, diffuser, à grand coups de guitares électriques et de malaimés; Vous m’avez accueillie aussi, toute naïve et jeune, à bras grands ouverts, les oreilles pleines de musique, les bouches emplies de vouloir et les yeux, d’étincelles.

J’ai été vous, et vous avez été moi; je suis vous et vous êtes moi. Et aujourd’hui, je meurs un peu avec vous, non sans une peine immense et un dégoût certain. Vous aurez droit à de grandes funérailles. Mais comme on ne ranime pas les macchabées… J’irai danser sur nos tombes.

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La Gang du Divan Orange

‘Triste nouvelle en ce printemps. BAP nous quitte et ça fait mal à la scène montréalaise. Quand est-ce que nous allons arrêter de sacrifier nos biens communs? BAP comme tous ces média de le scène émergente sont le reflet pur et dur de la réalité culturelle montréalaise et québécoise tel que nous la vivons chaque jour dans des lieux comme le Divan. Ils sont… ils étaient… le reflet de cette scène vigoureuse, éclatée, audacieuse, propre à Montréal que toute cette administration politique utilisent pour se fabriquer une belle image et la seule réponse à tout ce travail acharné est une stricte fermeture sans filet de sauvetage…nous trouvons ça ingrat!

Nous tenons à remercier tous les artisans qui ont rendu possible BAP, tous et toutes des personnes bien informées, alertes et passionnées. Nous vous souhaitons tout de même une bonne continuation.

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Evelyne Morin-Uhl

Un vendredi soir de 2001, je syntonise un peu hasard la Première Chaîne et je tombe sur Bande à part. La chimie sympathique et sans prétention des collaborateurs, l’intelligence du propos, l’ouverture d’esprit, le ton un brin délinquant et bien sûr la musique : tout me happe. Peu importe le style qu’on aime, allant du rock, au hip-hop, au country, en passant par l’électro et la chanson, Bande à part me permet de réaliser que le Québec regorge de talents, et que les termes « alternatif » ou « émergent » ne sont pas synonymes de « bizarre » ou « inaccessible ». Ça veut juste dire que ces artistes dits de la relève ne sont pas (encore) connus du grand public.

Puis, je découvre qu’il existe la version télé, Bandeapart.tv, sur ARTV. J’étudie déjà en télévision, mais je trouve maintenant ma voie, mon moteur, ce qui passionnera et me fera sentir utile dans ce métier souvent superficiel : faire rayonner les artistes québécois méconnus au petit écran, dans le but de les intégrer à la culture populaire et non de les marginaliser.

En 2005, je réalise mon rêve le plus fou, en étant invitée à me joindre comme recherchiste au nouveau projet télé de Catherine Pogonat et Eric Morin, tous deux fraîchement sortis de Bande à part. Nous avons donné tout notre amour à la création de Mange ta ville, magazine culturel diffusé à ARTV pendant six ans. Si Mange ta ville a existé et rayonné, si l’équipe a grandi d’année en année et que nos idées les plus folles ont pu être concrétisées, c’est non seulement parce que Bande à part nous avait tous servi de tremplin quelques temps auparavant, mais aussi parce qu’elle nous a toujours offert son appui et sa collaboration!

En 2007, je vais voir un show de Dany Placard aux FrancoFolies de Montréal, artiste évidemment découvert grâce à BAP. J’y rencontre un gentil petit punk, un gars passionné par son emploi, cultivé, une véritable encyclopédie musicale. Rien d’étonnant : il s’avère être le programmateur musical de Bande à part.

En 2013, j’ai la chance de présenter une chronique à Bande à part en compagnie du talentueux Alexandre Courteau, où je partage mes coups de cœur en arts visuels et en design, un autre pôle méconnu et mal représenté par les grands médias. Je me pince souvent pour réaliser que je fais maintenant partie de cette belle gang de collaborateurs à laquelle je rêvais tant d’adhérer plus jeune !

En surtout, depuis ce concert de Dany Placard, je suis toujours aussi amoureuse du gentil petit punk programmateur, futur papa de notre premier enfant, dont la passion du métier et de la musique, une cause pourtant noble, doit quotidiennement combattre contre l’indifférence du gouvernement en place et de l’incompréhension des gestionnaires trop nombreux.

Tout ça pour dire que c’est Bande à part, la musique et les artistes qui ont tracé ma vie professionnelle et personnelle des 12 dernières années. Une belle vie. Merci.

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Sylvie Adam

Moi je ne suis pas née hier…. J’écoute Bande à Part depuis très longtemps… Du temps de Jacques Bertrand…. et Katherine Pogonat quand elle était sur la côte ouest…. J’ai même fait découvrir Bande à Part à mes enfants (ils sont maintenant adultes et l’écoutaient aussi); je finissais toujours moi-même les tirades d’Amédé Brisebois, ça les faisaient bien rire… et moi aussi.

Plus rien ne m’étonne de cette bande d’incultes et de petits chiens fous bavant d’admiration quand ils regardent vers le sud…. Mais voulez-vous bien me dire vous autres… qu’est-ce c’est qu’ils leur trouvent à ces Américains pour tout vouloir niveler vers le bas? Comment avoir une fierté Nationale si tu ne peux même pas te distinguer de la nation voisine… Pis j’veux pas l’savoir … Bon soir…

P.s. je suis très malheureuse d’apprendre votre départ des ondes.

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Joakim Morin

J’trouve ça triste pour les nouveaux artistes et les futurs artistes à en devenir qui n’auront pas la chance de profiter de Bande à part. C’est comme ma mère qui trouvait ça tellement triste quand John Lennon est est mort se disant que je ne pourrais pas le connaitre en vie. Que ce ne serait pour moi qu’une légende. Harper vient de tuer à cause de la folie lui aussi.

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Le Zaricot

Bande à part, pour des lieux de diffusion musicale émergente, c’est un grand’chum. Ça te parle de ce que tu n’as pas encore entendu, de ce qui t’es passé sous le nez, ça te félicite quand tu te démarques et ça te désennuie quand tu dors pas la nuit. Bande à part, c’est un incontournable et c’est mort. Et c’est inconcevable.

RIP Bande à part.

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C’est tout ? Oh que non. D’autres témoignages viendront s’ajouter d’ici peu. Restez à l’écoute. Vous voulez ajouter le vôtre ? Écrivez-nous !

 

À propos de Mathieu Charlebois


Vous pouvez lire Mathieu dans les pages du magazine L'actualité, où il tient une chronique musique. Il fait également des critiques dans le Voir, quand celui-ci lui demande poliment. À la radio, il était le co-réalisateur de Dans le champ lexical, et vous pouviez parfois l'entendre parler trop vite à Bande à Part.



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