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Publié par le 7 déc, 2012 dans Danse | commentaires

Aube + Tout est dit, il ne reste rien [Katia-Marie Germain/ Geneviève Ferron -Tangente]

Katia-Marie Germain - AUBE Interprètes : Hélène Messier, Julie Tymchuk, Élise Bergeron, Marie-Pier Bazinet

Katia-Marie Germain – AUBE Interprètes : Hélène Messier, Julie Tymchuk, Élise Bergeron, Marie-Pier Bazinet
Photo: Sarah-Lynn Bélanger

6, 7, 8 décembre 19h30, 9 décembre 16h, Studio Hydro-Québec du Monument National

Alors que l’on est souvent habitué à voir des œuvres qui tranchent entre elles dans les doubles programmes, les deux créations présentées par Tangente cette semaine ont une esthétique similaire et baignent dans la même atmosphère onirique, feutrée et contemplative. En outre, elles ont toutes les deux une chorégraphe qui a des atomes crochus avec les arts visuels.

Dans Aube de Katia-Marie Germain, une pièce qui explore la gémellité et la connexion avec autrui, cinq interprètes alternent sur scène. Elles habitent par leur densité et par leur gestuelle un espace restreint, jalonné par un tapis et par l’éclairage. Deux à deux, elles se meuvent telles des ombres l’une de l’autre. Mouvements circulaires, fluides, mesurés, synchronisés, boucles de spirales. Elles se rencontrent, se mettent à l’unisson, se délaissent, se retrouvent, au son de la musique électro de Gabriel Ledoux. Comment être ensemble? Comment être ensemble en dansant? Katia-Marie Germain relie entre eux la danse et les arts visuels en s’intéressant aux volumes et aux formes découpées par les corps dans l’espace, à la résonance entre ces corps qui dialoguent par le mouvement.

Geneviève C. Ferron - TOUT EST DIT, IL NE RESTE RIENInterprètes : Ariane Boulet, Sarah Dell'Ava, Joannie Douville, Maude Lapointe, Gabrielle Surprenant-Lacasse

Geneviève C. Ferron – TOUT EST DIT, IL NE RESTE RIEN
Interprètes : Ariane Boulet, Sarah Dell’Ava, Joannie Douville, Maude Lapointe, Gabrielle Surprenant-Lacasse
Photo: Sarah-Lynn Bélanger

Dans Tout est dit, il ne reste rien de Geneviève Ferron, on aperçoit cinq corps dans la pénombre côté cour et des guirlandes formant un amas côté jardin. On discerne d’abord de la chair, des volumes convexes et immobiles. Au fur et à mesure que nos yeux s’habituent à la semi-obscurité, les corps commencent à bouger, à ramper, à soulever, puis étirer un membre, bougeant horizontalement vers la source lumineuse, avançant et reculant. La bande sonore est du genre électroacoustique minimaliste, œuvre d’Emmanuel Alberola. Dans cette création intimiste et futuriste, on a l’impression de faire une rencontre avec le troisième type, des créatures d’un genre nouveau, des lucioles primates irrésistiblement attirées par la lumière. Quand elles finissent par atteindre celles-ci, elles se parent et s’enroulent de guirlandes, constituant un éphémère tableau d’une beauté poignante.

Portées par des interprètes talentueuses, dont le moindre geste semble porteur de signification, ces œuvres ont en commun d’aborder la corporéité autrement et chacune à sa manière. Les corps jumeaux et denses de Katia-Marie Germain et les corps « sans organes », à la manière de Deleuze et Guattari, de Geneviève Ferron. Si vous êtes dans le bon état d’esprit, elles vous plongeront dans un univers sensible et méditatif. Mais peuvent aussi laisser sur sa faim : à moi, elles m’ont quelque peu laissé un sentiment d’inabouti, sans que je ne souhaite un crescendo ou une modification de rythme ou de qualité. Mais peut-être que tout l’art se trouve dans la suspension, dans le parachèvement de l’incomplétude. Toujours est-il que Katia-Marie Germain et Geneviève Ferron, chorégraphes densifiant l’espace, s’acheminent vers de nouvelles manières de penser l’articulation des arts vivants et visuels.  Retenez bien leur nom.

Aube

Chorégraphe et interprète : Katia-Marie Germain
Interprètes : Hélène Messier, Julie Tymchuk, Élise Bergeron, Marie-Pier Bazinet
Compositeur : Gabriel Ledoux
Conception d’éclairage : Sylvie Nobert

Tout est dit, il ne reste rien

Chorégraphie : Geneviève C. Ferron
Interprètes : Ariane Boulet, Sarah Dell’Ava, Joannie Douville, Maude Lapointe, Gabrielle Surprenant-Lacasse
Répétitrice : Marie-Ève Archambault
Conseiller artistique : Alexandre Castonguay
Concepteur musical : Emmanuel Alberola
Concepteur éclairages : Hugo Dalphond

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Nayla Naoufal 

À propos de Nayla Naoufal


Nayla est stagiaire postdoctorale à l'Université Laval, où ses travaux s'inscrivent au croisement de l'éducation relative à l'environnement, de l'éducation interculturelle et de l'éducation à la paix. Dans son autre vie, elle est critique de danse et collabore à Ma mère était hipster et au Devoir. Fondatrice du blogue Dance from the mat et vagabonde intellectuelle assumée, elle affectionne les librairies, les bibliothèques et les salles obscures.



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