Felix Kubin [Festival Phénomena]
Costard Mao cintré. Coiffe Playmobil et coco rasé jusqu’aux tempes. Danse Dieter. Archétype de pantomime teutonne intello. Для любовник немецкой индустриальной музыки и любопытных, которые не боятся экспериментировать. Vraisemblablement. Voor amateurs Duitse industriële muziek en de nieuwsgierige die niet bang zijn om te experimenteren. Évidemment. Der treuer Anhänger solcher Gruppen Einstürzende Neubauten und Kraftwerk genießen, wie eine gute Platte von schweren Maschinen-Sauce mit weißem Rauschen gekrönt. Bien entendu. Si vos ohren ne sont pas polyglottes, vous risquez de manquer le boot et flotter à la dérive. Tsé, genre.
Oui, car la musique de Felix Kubin exige réflexion. La consigne de la billetterie en ligne est révélatrice : pour récupérer vos billets, veuillez vous présenter au guichet avec une pièce d’identité, une carte d’accès au Goethe Institut et une copie illustrée de l’œuvre intégrale de Hegel sur l’esthétique allemande. Un verre de Trockenbeerenauslese est offert par le festival à celui ou celle qui porte le col roulé noir et le cheveu asymétrique. Du Schnaps aux pêches pour les autres. J’vous l’jure!
En fait, je vous cache la vérité. Ni rat de bibliothèque, ni col roulé, ni vin liquoreux, ni schnaps. Je m’attendais à assister au spectacle les sourcils en position concentration et les mains jointes sur lèvres pincées. Pas pantoute. Kubin adhère bel et bien à l’idéologie du mouvement Dada et reconnaît la grande influence d’un Stockhausen en particulier et du classique contemporain en général sur son œuvre. Néanmoins, une partie de celle-ci, plus ludique, plus dansante et plus… musak, est étonnamment, facilement et rapidement apprivoisable. Il y avait de quoi rire et du sur quoi danser. Bouquin de philo ou non à la main.
Ce caractère familier provient essentiellement du premier rôle accordé au mythique Korg Ms‑20, synthétiseur analogique monophonique semi-modulaire portatif, popularisé par Kaftwerk à la fin des années 1970 et toujours utilisé par de nombreuses grosses pointures électro, d’Aphex Twin à de The Presets (z’avez entendu la pièce Push sur leur dernier album? Ça vous colle au tympan comme une mouche à marde sur du ruban adhésif!). Celui qui connaît bien le mode d’emploi de la machine et sait exploiter au maximum ses oscillateurs, filtres et nombreux boutons vous propulsera sur le plancher de danse, bassin vibrant et oreilles frétillantes. C’est le cas de Felix Kubin. Un maître de l’instrument.
Notre homme, généreux et drôle, a donc bouclé le spectacle avec une série de trois rappels. Éclairs de carton rouge brandis vers le ciel (voir vidéo ci-dessous) et rose lumineuse sur un air à la Puff the Magic Dragon, Kubin a été à la hauteur de sa réputation de bête curieuse de scène. Son avant-dernier passage remontait à plus de cinq ans. Espérons maintenant que ses visites seront moins espacées. Montreal Publikum Lust auf mehr bereits. Sans déconner.
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