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Publié par le 16 oct, 2012 dans Musique | commentaires

Beach House [Club Soda]

Nuit animée sur la plage

Photo: Véronique Côté

Ça ressemble à quoi Beach House? Une question qui m’a été posée par une personne ouverte d’esprit et interpelée par la découverte d’une nouvelle et bonne musique. Dream pop que je lui ai répondu. Un voyage à dos de neurotransmetteur, d’un neurone à l’autre, sur la route panoramique de votre cortex sous la pleine lune. Ou encore la trame sonore d’un scénariste romantique qui rêve de son cinéma onirique. Bref, pour la personne en question ou pour tout autre intéressé qui s’est lassé de la programmation de Virgin Radio, un groupe à syntoniser.

Beach House était hier soir sur les planches d’un trop petit Club Soda. Le spectacle aurait dû être admissible à un surclassement dès la mise en vente des billets, lesquels se sont écoulés dans les quelques jours suivants. On aurait facilement pu faire salle comble au Métropolis. Mais bon, c’était avant la sortie de Bloom, album type de la consécration s’il en est un. Notre chance dans les poches, on ne reprochera rien à un promoteur qui s’est malheureusement privé de quelques billets de banque.

En première partie : Poor Moon. Tout folk. Six exécutants, une dizaine d’instruments, du vibraphone au washboard et de la mandoline au bonnet d’aviateur en mouton. C’est léger, guilleret, tout en accords majeurs, jamais excessivement mélancolique. À prendre comme un trou normand entre deux albums sérieux de Fleet Foxes dont deux des membres font d’ailleurs partie de Poor Moon. On pourrait aussi soumettre l’album au responsable de l’ambiance de magasinage d’un centre d’achat pendant le temps des Fêtes. De quoi vendre de la copie. Néanmoins, dans les projets « spin-off » des pouilleux de Seattle, on leur préférera le vieux soulon de Father John Misty (ex-batteur).

Photo: Véronique Côté

Après un long entracte, on enchaîne avec le plat principal. Pour tout visuel, on a placé à l’arrière-scène quatre boîtes creuses renfermant au total six hélices à cinq pales qui filtrent la lumière et la laisse s’échapper par les interstices de planches espacées sur la partie antérieure des caisses. Complexe en mots, simple à l’œil. Selon l’éclairage, on aura tantôt l’impression de croupir, par un après-midi de smog, dans un appartement dont l’appareil de climatisation est défectueux, tantôt d’admirer des aurores boréales au plafond pour les frileux du balcon. Une approche DIY selon les témoignages.

Photo: Véronique Côté

Musicalement, le direct de Beach House est équivalent en qualité à son support numérique. Le duo s’est blindé depuis ses débuts de solides compositions contagieuses, simples et conçues pour la scène. Tout y est juste et sans accrocs. De la guitare en phases égrénée vaporeusement par Alex Scally à la voix si particulièrement androgyne de Victoria Legrand. On leur reprochera peut-être des introductions un peu pareil au même, ne serait-ce que pour mieux leur pardonner l’anodine redondance à l’atteinte du refrain. Des mélodies qui collent aux oreilles, indubitablement, jusque sous la couette et probablement dans les rêves malheureusement oubliés le lendemain matin.

Photo: Véronique Côté

À la nuit prochaine Beach House!

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Nicolas Roy



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