Le fil d’Ariane – Entrevue
Le fil conducteur
Par une pluvieuse et morose soirée d’octobre, j’ai pris la direction du Pub Saint-Ciboire. Un lieu plus ou moins reconnu pour sa programmation musicale, mais qui présentait jeudi dernier une carte à piquer la curiosité : Le fil d’Ariane, montréalais, et X-Ray Zebras, de Québec. Après le spectacle, quelques bières et une conversation enrichissante sur la musique en général et en particulier, je me suis retrouvé coincé sur une banquette trop étroite, autour d’un Big Mac chez le McDonald’s voisin, avec les membres du premier de ces groupes aux fins d’une courte entrevue. Voici ce qu’Ariane Vaillancourt (voix et clavier), Alexandre Galarneau (basse), Nikolaï Olekhnovitch (guitare) et Philippe Lussier-Baillargeon avaient à nous raconter…
Comment et où est-né le projet du fil d’Ariane?
PLB : Le projet est né au Cégep St-Laurent. J’ai rencontré Ariane dans un cours « combo » qui réunissait plusieurs musiciens et instrumentistes. On a commencé à discuter d’un projet destiné principalement à Cégep en spectacle. À l’époque, Alexandre et Nikolaï n’étaient pas dans le portrait. En fait, Alexandre s’est joint assez rapidement à nous et Nikolaï à peu près un an plus tard. On a su tout de suite su qu’il serait notre nouveau guitariste. Comme un coup de foudre. On partageait une direction et une vision similaire, et surtout, complémentaire.
Et le nom du groupe?
PLB : En fait, c’est ma mère qui a trouvé le nom du groupe (rires).
AV : Sérieusement,ça provient de la mythologie grecque. Et comme je m’appelle Ariane et notre batteur Phil… ça c’est un peu imposé de soi-même.
PLB : Neparle pas de ma mère dans l’article, s’il te plaît. Même si c’est probablement notre plus grande fan. Elle n’a pas manqué un de nos shows je crois (rires).
Et vos influences? Quels artistes vous ont poussé à faire de la musique et qu’écoutez-vous en ce moment?
AG : Ça remonte à mon enfance. J’ai joué du violon. J’ai fait partie d’un grand nombre de projets au secondaire. C’est un gros paquet d’influences. Maintenant, j’écoute beaucoup Patrick Watson, Karkwa et, évidemment, Radiohead. L’électro aussi et les trucs plus jazz comme Jaga Jazzist et Cinematic Orchestra.
NO : J’ai fait partie des petits chanteurs du Mont-Royal. Enfant, j’étais baigné dans les cantates de Bach par exemple. Plus tard, à l’adolescence, vers le début des années 2000, j’ai découvert le punk rock, le vieux métal comme Iron Maiden ou le prog rock de Dream Theatre. Juste des gros noms. Je ne puisais pas encore dans l’underground. Au cégep par contre, j’ai découvert le jazz et la musique plus éclatée. Quoique j’aime encore beaucoup la pop un peu quétaine…
PLB : Comme Nikolaï, j’ai eu une phase rock progressif. J’ai grandi avec Yes, principalement l’album Close To The Edge, King Crimson, Genesis, etc. À l’école, je me suis davantage intéressé à des ensembles jazz où la batterie était à l’avant-plan, comme Avishai Cohen ou le Wayne Shorter Quartet avec Brian Blade. Et Philip Glass et Steve Reich dans le classique.
AV : Moi aussi, beaucoup de classique quand j’étais jeune. Beethoven, Mozart et Chopin au piano. J’ai aussi fait partie du chœur symphonique de Sherbrooke. Au cégep, comme pour l’ensemble du groupe, le jazz est entré dans ma vie. Sans négliger le populaire. J’écoutais beaucoup Ariane Moffatt, Daniel Bélanger et Alicia Keys. Aujourd’hui, ou dernièrement, j’ai bien aimé Half Moon Run et Catherine Major. Mais bon, j’écoute à peu près dix albums par semaine. Toujours des trucs nouveaux.
No : D’ailleurs, si je peux ajouter quelque chose, on a commencé à faire des harmonies vocales pour le prochain album. Ça me fait penser à ce que John Frusciante des Red Hot Chili Pepper peut faire. L’album By The Way demeure un de mes albums préférés.
Selon vous, dans quelle mouvance de relève ou d’émergence s’inscrit Le fil d’Ariane? Autant à Montréal et au Québec qu’à l’international.
NO : Je pense qu’on est un peu dans la marge de la relève. Notre musique provient des influences assez variées de chacun de nous. Je n’aime pas dire qu’on fait de la musique de « nerd » parce que j’aime quand même la musique de gars qui se dopent (rires), mais je ne crois pas qu’on fasse partie d’une scène en particulier. Côté créativité, on puise dans nos influences et on créé quelque chose d’assez… léché et précis. C’est peut-être notre souci du détail qui nous définit. On fait beaucoup de recherche et on est très durs envers nous-mêmes.
PLB : Oui, chacun de nous est perfectionniste. Ça ne vient pas seulement de notre parcours musical académique. C’est un trait de personnalité qui nous unit.
AG : Sauf qu’on nous a déjà traités de band de Cégep. Apparemment, ça s’entend et ça se voit dans nos compositions et notre façon de jouer…
AV : … On n’écrit pas ça dans l’article, hein? (rires)
Vous êtes ce qu’on pourrait qualifier de groupe bilingue. Des chansons en anglais et d’autres en français. Quel est votre rapport à la langue?
AV : On a eu plusieurs discussions là-dessus, mais je crois finalement qu’on a adopté cette approche pour éviter de se limiter. En tant qu’auteure, je trouve que certaines choses se disent mieux ou sonnent mieux en anglais et d’autres mieux en français. Pour nous, choisir une langue au détriment de l’autre, ça signifierait se donner moins de liberté et s’imposer inutilement des barrières. D’un côté comme de l’autre, on ne fait surtout pas ça pour plaire.
PLB : Au final, ce qui nous importe c’est la musique. C’est très difficile de faire de la soul ou du R’n'B en français. Mais encore, on ne vise pas une clientèle cible avec le choix d’une langue.
Finalement, à quoi peut-on s’attendre du fil d’Ariane dans un proche avenir?
NO : On doit mixer l’album, en faire la promotion, organiser le lancement, des petites choses sans importances (rires).
AV : On veut faire des concours… et se mettre en mode création. Je veux écrire de nouvelles chansons, de nouvelles compositions. On doit tout peaufiner. On a fait une séance photo, on a un clip en chantier, on veut travailler notre image et la mise en scène de notre spectacle. Bref, plein de projets excitants.
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Nicolas Roy








