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Publié par le 22 sept, 2012 dans Musique | commentaires

Pop Montréal [Festival -21 septembre 2012]

Pop Montréal, jour 3. Un seul show couvert hier soir, mais non le moindre. Il y avait beaucoup de choix en ce vendredi. Trop peut-être. En effet, où donner de la tête avec – et presque simultanément – Yamantaka Sonic Titan, Gonjasufi, Bertrand Burgalat, Jef Barbara, Julia Holter?  Après avoir fait une écoute quasi obsessive du disque « Love this giant », le projet spécial de David Byrne et St. Vincent, le choix a été relativement plus simple et j’ai décidé d’aller voir ceux deux-là.

Je me suis donc rendue à l’Église St-Jean-Baptiste où, même en arrivant une heure 15 avant la prestation, j’ai failli ne pas pouvoir entrer. Petite panique de quelques secondes pour finalement réaliser qu’on me donnait bel et bien un billet et qu’on m’invitait du même coup à pénétrer dans les lieux. Superbe bâtiment aux impressionnantes dimensions et dont les ornementations sont extrêmement élégantes et bien conservées, on entre dans ce lieu avec un certain décorum, décorum qu’une salle de spectacle « conventionnelle » n’exige pas. Déjà, il y a quelque chose de la mise en scène, ce qui augure bien pour le spectacle des deux acolytes.

Quelques instants avant d’entrer sur scène, David Byrne a pris la parole pour inviter les gens à délaisser leurs téléphones intelligents afin de suivre la soirée en direct et non par le truchement de leur mobile. « On est bien fier de ce show et on aimerait que vous puissiez l’apprécier aussi. » Les gens ont applaudi très fort. En effet, les artistes sont en chair et en os devant nous, profitons-en.

Plus d’une heure donc après que le public se soit installé sur les bancs en rangée, un peu (beaucoup) tassés les uns sur les autres, le spectacle a commencé. Une tonitruante entrée en matière avec la pièce « Who », une chanson que j’écoute plusieurs fois par jour ces temps-ci, et que j’ai en tête en permanence. Je connais donc son rythme, ses pauses, les différentes modulations des voix, sa texture… et j’ai malheureusement trouvé que ça ne lui rendait pas justice. Deuxième pièce, toujours du même album. Cette fois, un son robotique.. À ce moment, j’ai eu un peu peur de la suite…

Mais les chansons se sont enchaînées et, doucement, tout s’est mis en place. La rigidité des premières pièces – aux chorégraphies et aux gestes un peu placés – a fait place à un côté plus fluide. On a senti que le plaisir prenait le dessus. Le son des cuivres s’est répercuté à l’intérieur de la nef avec  puissance, les voix de Byrne et St.Vincent se sont élevées, belles et justes. Il va sans dire que c’était beau. Magnifique même. Le spectacle s’est divisé entre les chansons tirées du projet, mais aussi de pièces de St. Vincent et Byrne lui-même, comme leader des Talking Heads. Lorsque « Burning Down the House » a commencé à jouer, le public était réellement heureux. Et pour cause. D’ailleurs, les spectateurs réagissaient plus fortement aux pièces des deux artistes que sur celles du projet en question…

Personnellement – ceci expliquant peut-être cela – j’estime que cette musique (l’album Love this Giant) vient d’abord chercher l’intellect avant l’émotion. J’ai attendu le « frisson », celui qui nous parcoure l’échine lorsqu’on a cette impression d’atteindre un paroxysme musical. En vain. J’ai aimé ce spectacle, mais il ne m’a pas jetée par terre comme l’ont déjà fait d’autres auparavant. Il y a aussi le fait d’être coincée sur des bancs d’église droits et durs et de ne pas pouvoir être debout à bouger sur les pièces qui m’a dérangée. Car Love this giant est, pour moi, un disque résolument dansant, avec un groove rudement efficace. Mais, dès que des gens se levaient dans les allées, ils étaient automatiquement replacés dans les rangs. Les spectateurs assis dans les mezzanines semblaient les mieux installés: de l’espace pour danser et une meilleure vue, si l’on compare avec le parterre où c’était assez difficile de voir quoi que ce soit.

Le choix de ce lieu demeure tout de même une bonne idée: visuellement, c’était superbe. Les éclairages étaient particulièrement beaux et flatteurs pour l’architecture de cette belle église. Voir danser David Byrne était aussi franchement charmant, même si j’arrivais seulement à en capter des bribes, entre la centaine de têtes placées devant moi. Autre beau moment: l’un des rappels a permis aux musiciens d’utiliser le gigantesque orgue. Imaginez l’effet. Magique.

Oui, je demeure un peu sur ma faim, pour les diverses raisons que j’ai nommées plus tôt, mais je lève tout de même mon chapeau à POP Montréal pour ce beau coup. Je ne sais pas si les autres spectateurs auront eu quelques bémols à formuler comme moi, mais reste qu’à entendre les cris et l’engouement de la plupart d’entre eux, ce spectacle me semble néanmoins une véritable réussite. Je vais continuer à écouter le disque, à l’aimer d’amour en dansant et chantant dessus dans mon salon. Tout en me rappelant que j’ai quand même eu la chance de les voir en vrai et que, tout de même, c’était bien. Vraiment bien.

J’aurais dû proposer à Sylvain Cormier de danser avec moi

Jour 1

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