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Publié par le 22 sept, 2012 dans Cinéma | commentaires

From Montréal – Yannick B. Gélinas

Lorsque Louise Harel et Catherine Pogonat sont réunies au même endroit, pour le même événement, c’est que celui-ci est, d’une part, significatif pour la ville de Montréal, et, d’autre part, une contribution à la culture et aux arts. Le documentaire From Montréal, réalisé par Yannick B. Gélinas et présenté au festival Pop Montréal, est un mélange des deux, en plus d’être un documentaire sociologique qui circonscrit son scénario dans le quartier du Mile-End, bastion de la musique indie émergente et de la mixité culturelle et linguistique. Et on y entend évidemment de la bonne musique émergente qui porte l’étampe « Montréal ».

Le documentaire touche aux questions identitaires et linguistiques et met en scène des intervenants de l’international afin de connaître leurs points de vue sur la musique montréalaise. Certains journalistes de magazines musicaux européens se demandent même ce qu’il y a dans l’eau à Montréal pour qu’il y ait tant de talents géographiquement concentrés au même endroit…

On revient sur la question politique de la dualité anglo-franco, qui est tout aussi palpable dans l’univers de la production musicale. Les deux solitudes semblent toutefois de plus en plus collaborer, et une certaine réconciliation se fait sentir dans le milieu. Après tout, le mélange ne peut qu’enrichir le produit final…

Un beau moment dans le documentaire : le duo Patrick Watson et Louis-Jean Cormier, chanteur de Karkwa, qui se forme le temps de quelques compositions acoustiques en plein air. L’un lance une phrase en anglais, et l’autre en français. Décidément, la langue n’est pas une barrière : elle permet à la fois d’enrichir la création et de découvrir l’univers de l’autre. De beaux échanges touchants à voir par la complicité des deux musiciens montréalais. Patrick Watson, sur la question de la séparation du Québec, répond d’un air amusé qu’il serait bien heureux d’avoir pour pays le Québec, et enfin se séparer du gouvernement Harper qui, selon lui, n’apporte rien à la province québécoise.

On y trace aussi l’histoire de bands montréalais qui ont fait leur marque à l’international : Malajube, Karkwa, Arcade Fire, The Breezes, ou  encore Godspeed You! Black Emperor. Ce dernier est relié à l’étiquette indépendante Constellation qui est connu pour sa contribution au mouvement postrock et à la production musicale de groupes underground.  Close-up donc sur le Mile-End et l’apport de salles de spectacles comme la Sala Rossa et la Casa del Popolo à la diffusion de la musique à Montréal.

Les histoires d’artistes canadiens comme Grimes, Braids, et les Besnard Lakes qui ont volontairement déménagé à Montréal pour être directement au cœur de cette effervescence musicale sont aussi racontées dans ce documentaire.

Il suffit de regarder ce documentaire qui sera diffusé prochainement sur les ondes de Télé-Québec afin de découvrir pourquoi la scène musicale montréalaise se démarque au Canada et internationalement. Une sorte de compliment pour tous les Montréalais. On en ressort le torse bombé et fiers d’habiter dans cette ville génératrice de créativité et aux mille diversités culturelles.


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Caroline Lévesque



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