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Publié par le 21 sept, 2012 dans Théâtre | commentaires

Robin et Marion [Théâtre d'Aujourd'hui]

Crédit: Valérie Remise

Robin et Marion, de l’auteur Étienne Lepage, est un conte trouvant ses assises dans un univers onirique et nocturne. Cette histoire ne s‘inscrit pas concrètement dans le présent. À vrai dire, l’époque importe peu puisque le propos est intemporel. La pièce fait le récit d’amours passionnés et inconstants, déchirants, mais rassembleurs. Le tout se passe lors d’une fraîche nuit d’été, au bord d’une forêt à l’éclairage tamisé, dans la nervosité de se faire prendre par l’autorité paternelle, au risque même de se faire battre…

Cette pièce décrit la contradiction des sentiments exaltés de quatre adolescents (Robin, Marion, Richard et Alice) et une mince ligne se trace entre la passion amoureuse et la haine. Des jeunes guidés par leur sexualité et leurs sentiments si forts et puissants, qu’ils n’en ont plus totalement le contrôle et se sentent dépossédés d’eux-mêmes. Des personnages explosifs tant ils aiment et désirent, mais qui sont prêts à tuer pour se venger, et qui oublient tout dès que l’autre demande le pardon. Ils ont un besoin immédiat de reconnaissance de la part d’autrui. Et ils excuseront leur  émotivité par leur ignorance, et leur sentiment d’inutilité dans cette vie qui semble leur glisser entre les mains et dont ils ne sont pas maîtres…

Crédit: Valérie Remise

Quatre jeunes, deux couples. Mais deux couples fluides, échangeant réciproquement de partenaires, au gré des déceptions, comme deux entités allant constamment en sens contraires et qui ne peuvent jamais vraiment se réunir. Une force extérieure et plus puissante semble régir leurs interactions et eux-mêmes ne comprennent pas leurs sentiments, sinon qu’ils ne sont causés que par leur jeunesse. Que restera-t-il de cette nuit? Le matin venu, la vie reprendra son cours normal.

Cette pièce est hilarante à certains moments, particulièrement dans ces scènes de vie où l’absurdité est à son comble. Le jeu des comédiens, qui s’expriment dans un français international impeccable, est absolument sublime. On croit à ce qu’ils font, on le ressent avec eux.

Et plus la pièce avance, plus on se rend compte que ce chassé-croisé de couples importe peu : les personnages sont du pareil au même et reproduisent des sentiments qui semblent universels. C’est ce qu’apportent les nombreuses répétitions autant dans les dialogues que dans les actions des quatre jeunes.

Étienne Lepage parle d’amours qui se heurtent à un mur et qui n’atteindront jamais leur apogée, comme dans les plus beaux contes. Même si les amoureux se retrouvent, une fois ensemble, ils se détachent. Ils vivent dans la passion, mais aussi dans la futilité. Les dynamiques entre les personnages sont raffinées, travaillées par la mise en scène de Catherine Vidal, et elles font s’enfoncer ces jeunes sur une pente glissante. La métaphore de la forêt qui «avale» est bel et bien présente. Les jeunes ne s’y aventurent pas totalement, sentant le danger, et restent donc aux abords de celle-ci.  Une insouciance juvénile belle à contempler sur scène, dans un décor feutré qui donne le ton et l’ambiance juste à cette pièce.

Infos pratiques

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Caroline Lévesque 



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