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Publié par le 31 août, 2012 dans Cinéma | commentaires

Philémon chante Habana – Pedro Ruiz

Depuis les Francouvertes 2010, nous sommes plusieurs à connaître l’histoire de Philémon Bergeron-Langlois: en 2009, dans un moment de désarroi, il s’est envolé vers Cuba. Là-bas, il a rencontré des musiciens et a enregistré en deux jours, au mythique studio Egrem, ce qui est maintenant le disque Les sessions cubaines.

Cette histoire, on nous la raconte à nouveau cet été, cette fois dans le documentaire Philémon chante Habana, réalisé par Pedro Ruiz et présenté en première mondiale au FFM.

De prime abord, l’exercice peut paraître un peu forcé. Trois ans après son voyage, Philémon retourne à La Havane avec des disques et des affiches à donner à ses amis musiciens, prétexte à des retrouvailles. Le film présente au passage chacune de ces personnes qui a contribué à faire des Session cubaines une expérience marquante pour Philémon. Le tout est entrecoupé de moments d’entrevue où le chanteur raconte son état d’esprit de l’époque et où il en est maintenant. La musique, bien sûr, occupe beaucoup de place parce que, bien sûr, Philémon chante. Seul ou avec ses musiciens retrouvés.

L’exercice aurait pu être forcé, mais il est pourtant d’une authenticité prenante. Philémon crève l’écran avec sa sensibilité à fleur de peau et son intelligence d’une qualité qui lui est propre: authenticité, lucidité, sensibilité… et une forme d’innocence assumée. Le film bénéficie aussi beaucoup du travail de Pedro Ruiz, qui a donné à Philémon tout l’espace dont il avait besoin, malgré quelques moments mis en scène un tantinet malaisants. Le Philémon chante est un être libre qu’on imagine vite inconfortable quand le cadre est trop défini. Ruiz l’a compris. La confiance entre les deux est palpable.


Le réalisateur et son directeur artistique, Felipe Belo, se sont aussi beaucoup amusés à créer des petits tableaux. Ici, une perruque rose et des lunettes. Là, un string qui sèche sur une corde à linge au-dessus de la tête du chanteur. Là encore, une fillette debout sur une chaise, histoire d’être aussi grande que sa voix.

Oui, le film est un peu plus long qu’il ne devrait l’être. Oui, on joue trop souvent les mêmes extraits de chansons. Et on connaît déjà l’histoire. On a déjà écouté le disque. Mais le film nous invite à en rencontrer l’esprit.

Dans ma tête, c’est beaucoup plus ça, cette rencontre avec les gens, que la musique. (…) La musique, c’est pas juste des notes, c’est des esprits.

En effet, Philémon. En effet.

*Le film sera à l’affiche à l’Ex-Centris dès le 7 septembre prochain. 

À propos de Dominique Charron


Dominique danse depuis qu'elle est toute petite, tant en ballet classique qu'en danse moderne et contemporaine. Elle a aussi étudié le cinéma et la littérature par le passé. Entre ses cours actuels de science politique et d'anthropologie, elle se fait chroniqueuse Premières Nations à Canal M et alimente le Tumblr d'actualité autochtone Peuples visibles. Elle a aussi collaboré comme recherchiste au magazine radio Dans le champ lexical.



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