Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 4 août, 2012 dans Littérature | commentaires

Dragonville Tome 2 : Encre [Michèle Plomer]

Éditions Marchand de feuilles, 2012

Voici donc le second tome de la trilogie Dragonville de Michèle Plomer, intitulé Encre. Tout comme la première partie de l’histoire (Tome 1: Porcelaine dont je vous ai parlé juste ici), on se promène encore entre les deux époques choisies par l’auteure, soit précisément 1910 et 2010. À cent ans d’intervalle, les deux protagonistes sont dans des situations bien différentes, mais pourtant liés par plusieurs éléments communs. La Chine d’abord, pays de naissance du beau Li, et pays d’adoption de Sylvie. Ce sont aussi deux êtres qui tentent de refaire leur vie loin d’un être aimé qu’ils ont du abandonner là d’où ils viennent. Ils se reconstruisent, doucement, et cherchent à redéfinir cette vie dont la signification leur échappe souvent.

On retrouve Li sur le RMS Empress of China, ce bateau qui navigue en direction de Vancouver. Le jeune homme est mal en point, nauséeux et profondément triste d’avoir perdu son amour, la femme-dragon Lung. Toujours aux aguets parce qu’un « Jaune » – même logé en première classe, grâce à l’argent donné par sa douce – n’est jamais tout à fait accepté parmi les « Blancs », il se fait tout petit et se mêle très peu aux gens qui voyagent sur le navire. Par contre, il tirera profit d’un steward qui essaie de le voler en établissant un contrat: il ne parlera pas du vol aux autorités et, en échange, le rouquin doit lui apprendre à écrire et lire. Le trajet, évidemment, ne sera pas de tout repos.

Du côté de Sylvie, elle est toujours dans sa ville des Cantons-de-l’Est où elle organise sa petite boutique d’importations avec l’aide de Jean, son ancien camarade de classe avec qui la relation évolue doucement, mais sûrement. Dans ce tome, on s’intéresse plus précisément à dévoiler les liens du grand-père de Sylvie avec l’histoire de Li, tout en demeurant grandement dans le mystère: les fils de cette intrigue ne se défont pas si facilement… L’auteure nous fait languir, mais en réussissant pourtant à éviter les longueurs.

Sylvie découvrira une étrange liste d’observations notées par ce grand-père, amateur de porcelaine. Les endroits qui figurent sur cette liste sont aussi curieusement liés aux visites effectuées par une équipe de chercheurs français qui essaient de retracer une vieille épave dans le lac. Entre l’amour (re)naissant, les projets pour l’énorme maison dont elle a hérité, la boutique et les événements étranges qui se passent autour d’elle, Sylvie essaie de comprendre son passé récent, mais aussi celui de sa famille, plus particulièrement son grand-père, véritable figure de proue dans sa vie.

Ce deuxième tome est plus prenant que le premier, tout d’abord parce qu’on connait déjà les personnages et que l’intrigue les entourant a été conservée avec doigté dans le premier tome. Le mystère se poursuit efficacement, on entre encore plus profondément dans la tête des personnages et on se plait vraiment à évoquer ses différentes époques, particulièrement ce qui se passe avec Li. Les paysages, la vie à la dure, les détails de sa pensée, les réflexions sur la vie sont prenantes, le personnage est vraiment intéressant à suivre. Sylvie aussi, évidemment, particulièrement lorsque l’on évoque les transformations des différents lieux – la maison ou la boutique – le tout démontrant un amour certain de l’auteure pour les matières, l’architecture et les espaces de vie. Il y a une ambiance dans ce roman,  il y a des odeurs, des textures, c’est extrêmement vivant. L’auteure dépeint tant les personnages que les environnements avec un grand soin et une passion contagieuse.

En bref, vivement le troisième tome pour enfin tout savoir.

Un avis dans le Voir 



%d blogueurs aiment cette page :