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Publié par le 9 juil, 2012 dans Théâtre | commentaires

La Soirée [Montréal Complètement Cirque]

*Ce texte dévoile quelques éléments-clés du spectacle, libre à vous de poursuivre la lecture…

J’ai vu le mot cabaret et j’ai cliqué. J’ai vu la photo de « Le Gâteau Chocolat » (photo ci-jointe) et je me suis dit: je veux aller là. Aussi simple que cela. Mais je dois d’abord dire que j’avais un préjugé défavorable sur le cirque. Je crois que j’avais cette mauvaise impression d’un monde un peu poussiéreux où l’on nous présente des clowns cabotins pas très drôles (j’ai une hantise des clowns, je vous jure) et de la gymnastique avec ruban. Je me suis dit: changeons la donne. Car en effet, j’avais réellement tout faux.

C’est dans une ambiance festive, avec musique foraine et lumières rouges que nous avons été accueillis dans un Olympia version cabaret. Et dans un cabaret, et bien on assiste à une série de numéros qui défilent les uns après les autres, dans l’espoir que l’équilibre soit le bon, que le tout s’enchaîne efficacement et que l’on soit divertit. Et ce fut tout à fait le cas.

On a d’abord fait la connaissance avec Le Gâteau Chocholat, cette diva barbue qui a entamé la soirée avec un magnifique chant de sa voix grave. Costume flamboyant (imaginez un cupcake décoré de crème blanche et jaune et de brillants, vous aurez une bonne idée), maquillage éclatant, l’attitude poseuse et sexy, elle nous a bien fait rigoler avec son sans-gêne. Un vent de fraîcheur pour débuter.

Il y a ensuite eu ces deux hommes, The English Gents, acrobates impressionnants et… charmeurs. Ce ne fut pas long pour qu’ils se retrouvent en sous-vêtements, poses sensuelles à l’appui et regards lubriques compris. Car il faut dire que ce cabaret est plutôt sexy et coquin. D’ailleurs, il y avait aussi ce un numéro très singulier où une femme, Ursula Martinez,  fait disparaître un mouchoir en même temps qu’elle nous offre un strip-tease. Une fois nue, elle réussira tout de même à trouver un endroit où en dissimuler un dernier. Je vous laisse le soin d’imaginer où. (L’oreille? La bouche?)

Il y aura aussi de la danse irlandaise revisitée. Un couple (Up & Over It) qui s’engueule en buvant un coup (et accessoirement en s’envoyant une ligne de coke) se met tout à coup à s’engueuler. Commence alors une chorégraphie avec les mains. Les deux s’affrontent dans un duel musical et percussif, improvisant des rythmes, sur la table installée devant eux, qu’ils frappent de leurs mains. Les pieds se mettront ensuite de la partie. Sur une musique techno-dance, on est loin de Lord of The Dance disons. Et tant mieux. C’est original et d’une redoutable efficacité. La foule a été séduite et criait son appréciation.

Un émule de Adam Lambert (Bret Pfister) est venu nous montrer ses talents au cerceau en virevoltant très élégamment dans les airs. Grande et agréable rigolade avec Mooky, une demoiselle hilarante qui a fait monter sur scène une personne du public. Bon joueur, un homme nommé Robert a vraiment été excellent et s’est laissé aller dans cet exercice qui ne devait vraiment pas être aisé à faire. En effet, il devait donner la réplique à Mooky, le texte étant placé un peu partout sur le costume de celle-ci. Gênant pour lui, mais trop drôle, absurde pour nous,  ce fut un très beau moment dans la soirée. Rires francs dans la salle, applaudissements à tout rompre.

Tous les artistes étaient intéressants. C’était une ambiance du tonnerre et le public a ri, a été étonné, et a eu beaucoup beaucoup de plaisir. Sortir émerveillé d’un spectacle, c’est le plus beau cadeau qu’on peut nous faire. Et c’était le cas. Ça sonnera probablement cliché, mais c’est tout de même vrai qu’au cirque on retrouve son coeur d’enfant. Exit mes préjugés et les clowns pathétiques, bienvenue l’irrévérence, la sensualité, la diversité et la célébration de la différence. C’était beau, c’était bon.

Et tout ce qu’on veut maintenant, c’est avoir d’autres occasions, comme celle-ci, que nos yeux deviennent aussi brillants et grands…

À voir absolument.

Les détails juste ici. 

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de ce blogue. Entre son boulot chez DHC/ART et au Centre Phi, elle est aussi pigiste chez Clin d'oeil. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



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