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Publié par le 3 juil, 2012 dans Musique | commentaires

Chapelier Fou [Théâtre de Quat'sous - FIJM 2012]

Ce soir, le théâtre de Quat’sous accueillait Chapelier Fou. Cette fois, ce n’est pas un personnage costumé (Cascadeur) qui est entré sur scène, mais bien un jeune homme grand et mince, casquette, jeans et t-shirt noir. Sur lequel il est marqué: « If you treated us all like terrorists, we will become terrorists » (une pièce du groupe The Third Eye Foundation semble-t-il). Attitude qui mime la nonchalance, mais qui laisse tout de même percer un peu la nervosité.

Il est efflanqué et maladroit, il ne sait pas toujours où donner de la tête, il se mélange un peu. Il ne parle pas beaucoup entre les pièces, il est manifestement timide. Pourtant, il arrive quand même à nous faire sourire, et le public l’appuie et le trouve charmant dans sa maladresse. En effet, on craque aisément pour ce grand gars passionné de machines avec lesquelles il crée sa superbe musique. Par contre, il devient tout autre lorsqu’il s’empare de son violon, sa guitare ou ses claviers. Il est ailleurs, totalement en possession de ses moyens. Il manipule délicatement les instruments avec une grande précision, il fait vibrer son violon contre son corps, et on a l’impression qu’il épouse cet instrument et que l’un et l’autre se confondent. C’est d’une beauté inouïe que de voir son visage extasié, les yeux fermés, entièrement concentré sur la vibration des cordes, sur la façon dont résonne son instrument. Son corps s’offre à la musique et c’est  réellement touchant. Et la musique bien sûr. Une musique classique qui entre en symbiose parfaite avec l’électro. Un dosage savoureux entre des boucles infinies de notes, qui devient une singulière dentelle qu’il nous tisse au fur et à mesure.  Quelle joie, et quel talent il a.

Du côté des spectateurs, on est happé, littéralement envoûté par cette effusion de beauté. C’est émouvant, ça chamboule, ça donne littéralement une profusion de sentiments très intenses, comme un trop-plein de bonheur ou quelque chose s’en rapprochant. Comment s’en plaindre? Très honnêtement, j’ai essuyé quelques larmes. Comme une insoutenable beauté. J’irais même jusqu’à dire qu’on s’approche dangereusement de la grâce… C’est riche, c’est élégant, bref c’est magnifique. Point.

Je vous en conjure, allez-y. Offrez-vous ce moment de finesse et d’émotion. Vous ne le regretterez tellement pas.

À voir, à aimer, à chérir de tout son coeur.

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