Cascadeur [Théâtre de Quat'sous - FIJM 2012]
La lumière se baisse doucement et une projection apparaît. C’est un homme en combinaison et casqué qui parle dans un porte-voix. Ce même homme apparaît quelques instants plus tard sur scène, toujours avec le porte-voix, mais aussi une lampe de poche avec laquelle il se dirige dans le noir. Sur son costume, il y a son nom: Cascadeur.
Il s’appelle en fait Alexandre Longo et vient d’une famille de musiciens. Il a appris le piano tout jeune, mais s’est mis professionnellement à la musique (en solo, car il faisait partie d’un autre groupe auparavant) plutôt tardivement, car il a la jeune quarantaine et son premier album est paru l’année dernière.
Comment sonne Cascadeur en spectacle? C’est d’abord charmant, délicat et élégant. Musicalement, c’est une pop indie légèrement jazzée qui n’hésite pas à flirter avec la musique classique, l’électronique et aussi… le disco. Sur scène, il utilise une panoplie d’objets: petite boîte à musique, une dictée magique (une machine qui prononce des mots à épeler), son porte-voix, différents micros, différents claviers, des gadgets électroniques, etc.
Il s’amuse beaucoup avec le public, possède un humour savoureux, une présence douce et feutrée (il a une voix assez délicate, comme on peut l’entendre dans son chant), mais aussi une assurance et un côté joueur qui plait beaucoup. J’ai beaucoup pensé à Patrick Watson en l’écoutant, mais aussi à Antony Hegarty et à l’univers musical d’Olafùr Arnalds, un pianiste islandais très talentueux qui explore des éléments électros dans sa musique. Bref, trois artistes que j’aime beaucoup et qui font des parentés artistiques fort intéressantes.
Il y a aussi une mise en scène très séductrice: d’abord avec le costume (il revêtira éventuellement un masque de lutte mexicain) et les projections, mais aussi dans ses gestes et façons de poser le regard sur la foule, dans ses pas, ses mouvements. Dès les premières minutes du spectacle, on sait qu’on a devant nous un artiste incarné, talentueux et dont la passion est contagieuse. L’interprétation est sentie, vraie et il semble savourer, profondément, les moments où il livre ses textes et où sa voix s’élève à travers la salle. Espace d’ailleurs intime, le Quat’sous est une bonne alternative au MACM (qui a du se retirer de la liste des salles de concerts étant donné les inondations qui les ont obligés à relocaliser la collection permanente, je crois bien). Seul bémol: simplement dommage d’être excentré du Quartier des spectacles et de l’ambiance festive qui est assez emballante. Mais, vraiment, c’est un détail négligeable.
Il reste encore deux concerts à ce fameux Cascadeur qui, je vous le dis, vaut absolument le détour. Allez le voir, savourez ses superbes pièces, mais aussi son humour, sa créativité, son univers fascinant. Et achetez son disque!
À voir absolument.
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