La Désunion + Omar Souleyman [Suoni Per Il Popolo - 10 juin 2012]
Deuxième soirée au Suoni Per Il Popolo et non la moindre. En effet, j’attendais avec impatience d’enfin voir le fameux Omar Souleyman, vedette syrienne qui propose des chants kurdes et arabes apposés sur un style techno-dance extrêmement rapide et percussif. Ce fût une rencontre-choc.
Je glisserai d’abord un mot sur La Désunion. Anciennement appelé De La Caucase, le groupe composé de Hraïr Hratchian, André Guerette, Roy Vucino, Nader Hasan, Aidan Jeffery et Numa est monté sur scène accompagné d’une chorale. Effet immédiat, la foule est devenue silencieuse et le nombre important de musiciens sur scène (14 ou 15) a imposé une distance entre la scène et le public. Deux pièces seulement ont été interprétées par La Désunion, une première avec une longue introduction au duduk (instrument à vent arménien, semblable au hautbois), installant ainsi une ambiance très introspective et presque sacrée.
Les chants se sont alors élevés – ceux d’hommes et de femmes – afin de répéter les mêmes paroles, laissant toute la place à la force des mots prononcés, mais surtout aux effets sonores créés par toutes ces voix mélangées. Le groupe s’est inspiré d’une pièce traditionnelle arménienne, intiulée Amana. Intéressante approche. Par contre, le son n’était réellement pas optimal et on perdait certaines textures. J’aurais été vraiment curieuse de les voir dans une autre salle.
Revenons à Omar Souleyman, véritable événement de la soirée. Il était attendu de pied ferme par une foule qui l’a acclamé dès son apparition dans la salle. Il a un charisme assez extraordinaire, et c’est avec des gestes tout simples qu’il arrive à communiquer avec la foule: mains tendues vers eux, signes au public de taper dans les mains, etc. Mais ça fonctionne, et incroyablement bien. Le public était conquis dès la première minute et moi aussi. La musique de Souleyman permet une communion incroyable en groupe. Nous ne savions pas ce que les paroles voulaient dire? Peu importe, sa musique est universelle parce qu’elle fait danser. C’est par le corps que tout se passe. Les gens dansaient avec joie, il faisait extrêmement chaud et humide, mais qu’à cela ne tienne, l’envie de suivre ce rythme fou était beaucoup plus importante que tout le reste.
Rencontre-choc donc, parce que Souleyman soulève les passions par sa musique pourtant simple: chant, clavier, beats, répétitions des mêmes boucles. Mais c’est extraordinairement efficace. J’ai dansé et dansé et la dernière pièce est arrivée beaucoup trop vite, on en aurait pris encore et encore. L’ambiance était électrisante.
Énorme coup de coeur pour ce spectacle de Souleyman qui – je m’en doutais – fut un réel bonheur. Chaleur humaine, grande complicité de la foule, plaisir partagé: une soirée incroyable dont je vais me souvenir.
S’il revient à Montréal, allez-y sans hésiter.
Un aperçu:






