&&&&& & &&& [FTA2012 - Exposition/Spectacle]
Jusqu’au 8 juin
Antoine Defoort & Halory Goerger
Vous arrivez à l’Espace Libre et vous recevez votre billet. Déjà, avant même d’entrer à l’intérieur du théâtre, on bouscule les choses un peu: les gens entrent aux 15 minutes dans l’espace qui s’avère, une fois qu’on a pénétré à l’intérieur, non pas un spectacle où l’on est assis devant une scène, mais bien une exposition-spectacle. On nous invite d’ailleurs à nous promener à notre guise à travers cet environnement futuristico-ludique où l’on est invité à toucher et interagir avec des machines bricolées par ces deux inventeurs et bidouilleurs. On entend toute sorte de sons, on peut lire plein de petits textes un peu partout relatant des faits pseudo-scientifiques. De petits livres pendent du plafond, des boîtes sont empilées un peu partout et on nous avise qu’il est possible de tout toucher, mais n’est pas recommandé de se précipiter sur le mur de cartons en hurlant. Un exemple parmi tant d’autres des petits clins d’oeil humoristiques qui s’y trouvent.
À l’entrée aussi, un questionnaire. On vous pose des questions telles que: Qui sauveriez-vous entre un robot prix nobel de littérature et un abruti complet? ou encore Quel travail occuperiez-vous si on vous déportait sur une autre planète? avec des choix comme taxi ou encore esclave sexuel (une option qui s’est d’ailleurs avérée assez populaire). Et vous répondez en tapotant… des feuilles de plante. Le tout est construit en petites stations où l’on est invité à déambuler d’une à l’autre – réellement comme une exposition – mais où l’interactivité prend le pas sur l’habituelle sédimentarité du public. Ici, il faut fouiller, tester, s’impliquer dans le processus et c’est extrêmement agréable et drôle.
Il y a tout de même une partie spectacle qui est présentée. Il faut d’ailleurs monter une grande estrade pour arriver de l’autre côté où se trouvent les deux comédiens qui nous présentent de petites saynètes absurdes. Ligne ouverte avec un droïde qui fait le saut pour devenir humain, séance de doublage complètement loufoque ou encore, musique de chambre avec… des plantes.
Beaucoup de jeux de mots, un travail du langage qui est effectué sous différentes formes, comme des jeux de sélection de mots proposés au visiteur. Par exemple une station propose un choix parmi une trentaine de mots sur un clavier, ce qui donne des phrases sensées (ou non) que vous pouvez imprimer sur place (voir l’exemple juste ici).

Il y a aussi des îlots où l’on vous convie simplement à lire et observer des textes ou un défilement de mots qui sont parfois laissés tels quels, mais souvent déconstruits, jouant sur la perception visuelle du spectateur. Pensons aux tests que nous avons tous déjà reçu par courriel et qui nous demande d’identifier des mots dont les lettres sont manquantes: le cerveau fait le travail automatiquement.
C’est franchement rigolo et rafraîchissant. C’est aussi un évènement qui permet plusieurs interactions avec les gens entre eux, ce qui arrive peu souvent au théâtre, on l’on est souvent chacun dans sa bulle. Tout le monde souriait en sortant de là. Ça décoince, ça fait rire, c’est intelligent, en bref, on aime beaucoup beaucoup beaucoup.
Allez-y, c’est véritablement du bonbon.









