Cordâme, Ironico Orkestra, Jean-Marc Hébert Ensemble, noZen [Suoni per il popolo 2012 - Sala Rossa]
Le lien entre tout ce beau monde ? Ce sont tous des artistes du label Malasartes, un label qui entend se consacrer à « enregistrer de la bonne musique », nous explique son fondateur Damian Nisenson en début de spectacle. Qu’en est-il ?
Jean-Félix Mailloux, contrebasse – Marie-Neige Lavigne, violon – Julie Odile, Violoncelle
Les compositions de Mailloux sont très habilement écrites et le trio passe avec fluidité de l’improvisation à la musique sur la partition. Seul bémol : la violoniste manque définitivement de swing, autant dans son choix de notes que dans son interprétation. La chaleur de la violoncelliste et le groove du contrebassiste viennent heureusement masquer le tout.
Luzio altobelli, accordéon – Guillaume Bourque, clarinettes
« L’orkestre » (on dit qu’ils sont parfois trois, quatre, ou cinq), est capable de jouer tout en nuances, et il accepte les silences et les « trous » qui viennent avec le fait de jouer en duo. Une musique bien jouée et bien écrite. En prime : on peut y entendre tout plein de clarinette basse. Qui n’aime pas le son trop rare de la clarinette basse ?
Jean-Marc Hébert, guitare – Christophe Papadimitriou, contrebasse – Pierre Tanguay, batterie – Guillaume Bourque, clarinettes – Damian Nisenson, saxophones
Lui-même excellent guitariste et mélodiste, Hébert est épaulé par deux poids lourds du jazz d’ici : soit Christophe Papadimitriou à la contrebasse et le légendaire Pierre Tanguay à la batterie. Difficile de se tromper. Le groupe est hyper-réactif aux solistes, et c’est une véritable conversation qui a lieu sur scène.
La musique d’Hébert, faite de gammes au son moyen-oriental, est hypnotique. S’appuyant sur des accords qui stagnent plutôt que sur une série de changements harmoniques, elle joue sur l’intensité que les solistes et le groupe arrivent à faire grimper, et grimper encore.
Leur disque L’autre, paru il y a quelques temps déjà, vaut absolument une écoute.
La pièce La Montagne Sacrée, jouée par une autre version de l’ensemble, en 2010:
NOZEN
Damian Nisenson – saxophone, Pierre Tanguay – batterie, Jean-Félix Mailloux – contrebasse
+ Fenando Kabusacki, guitare – Pablo Dawidowicz, batterie
En effet : rien de zen chez Nozen. Leur jazz est aventureux et rugueux, du type qui garde l’auditeur sur le bout de son siège. Et quand en plus le leader saxophoniste invite deux compères argentins à se joindre à l’ensemble, le tout se met dangereusement à rocker.
Avec une batterie supplémentaire et la guitare abrasive de Kabusacki, les musiciens ont pu explorer toute une palette de sons et d’intensités. Et « explorer », ici, c’est le bon mot. S’ils savaient comment la pièce débutait, le chemin vers la dernière note semblait souvent un joli mystère. « C’est surprenant qu’on l’ait terminée tous en même temps, celle-là », a d’ailleurs lancé Nisenson, au sortir d’une pièce.
Tout tenait donc sur la capacité d’écoute de tout un chacun, et avec ces musiciens d’expérience, les oreille étaient grandes ouvertes. Un véritable délice à voir aller. Les moments un peu chaotique ? Franchement, c’était souvent les meilleurs.








