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Publié par le 21 avr, 2012 dans Théâtre | commentaires

Haptic/Holistic Strata [Festival Temps d'images - Usine C - 19 avril 2012]

Haptic

D’abord, une ligne bleutée qui traverse le sol en son milieu. Ensuite, des lumières bleues et vertes qui s’élèvent. Et des sons. Comme de l’électricité dans l’air, une ligne à haute tension qui crépite. Le danseur s’installe et commence une chorégraphie absolument fascinante.

Jeu entre la fusion des gestes et des sons, réactions à la lumière par des passages entre noirceur, pénombre, ambiances tour à tour bleues, vertes et rouges, le corps se fait instrument d’exploration. Les gestes du danseur sont simplement hallucinants. Parfois proches d’un effet hologramme, les mouvements rapides et nerveux de Umeda ont à la fois une fluidité et une rigidité parfaitement à l’unisson avec les sons ainsi que les silences. Cela occasionne pour le spectateur une impression de chimie totale entre les éléments lumineux, la trame sonore et ce corps mouvant. L’exercice est dense et exige du danseur un effort phénoménal qu’on observe, carrément bouche bée.

Holistic Strata

Holistic-Strata – Hirioaki Umeda

Dans cette seconde partie, l’artiste s’installe sur le sol blanc, tout au centre de la scène. Dans un grand clac retentissant, tout s’éteint et des centaines de particules blanches apparaissent sur le corps du danseur, le transformant en être de lumière. À chaque son émis, la pléthore de points lumineux se retrouve tantôt au sol, tantôt sur le mur arrière, et encore sur le corps de l’homme. On bascule et joue dans la perspective en un seul mouvement et le tout nous déstabilise, car on cherche toujours à rationaliser l’image qui se trouve devant soi, à comprendre. Alors qu’Umeda s’intéresse, lui, aux hallucinations, aux perceptions truquées. À plusieurs reprises d’ailleurs, on se questionne à savoir si on n’a pas plutôt projeté un vidéo extrêmement précis du danseur, tellement il reproduit des gestes hypnotiques qui rappelle la distorsion dans l’image filmée. Les pas et respirations d’Umeda nous confirme qu’il est bel et bien présent.

C’est un pur bonheur, une fascination presque enfantine à observer et questionner la façon dont les mouvements répétés et si précis créent cet effet d’altération de l’image, de flou calculé. On essaie de comprendre comment son corps arrive à prendre ces postures presque robotiques, mais en même temps incroyablement mouvantes et frénétiques.

Un spectacle qui subjugue et dont on sort les yeux  grands ouverts, tous les sens en redéfinition. À voir absolument.

Cargo – Caroline Gagné

Petite mention sur l’oeuvre Cargo de Caroline Gagné que vous pouvez aller voir gratuitement à l’Usine C pendant Temps d’images. Dans une salle sombre, une plate-forme sur laquelle vous êtes invités à monter. Celle-ci vibre doucement et, devant vous, l’océan. Comme si vous étiez dans un bateau, vous tanguez doucement, suivant le mouvement de l’eau qui va de gauche à droite et vous êtes accompagnés des sons de cet océan captés par l’artiste. Une belle expérience sensorielle poétique.

Toute la programmation de Temps d’images 



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