Menu de pages
TwitterRssFacebook
Menu de catégories

Publié par le 6 avr, 2012 dans Littérature | commentaires

La romance des ogres [Stéphane Choquette]

Éditions Québec Amérique, 2012

Résumé: Lors d’un congrès médical à Tokyo, Samuel Fontaine, un homme marié et père de famille, rencontre Naomie, une jeune Montréalaise fort attirante. Cette dernière est en pleine lecture d’Un théâtre de marionnettes, un roman autobiographique d’Ellen Cleary. À la lecture de certains extraits du livre, de nombreux souvenirs ressurgissent chez Samuel : à l’âge de 16 ans, il a vécu une histoire d’amour avec Ellen, alors connue sous le nom d’Hélène et âgée d’une quarantaine d’années. Cette dernière, parfois douce, parfois monstrueuse, aura laissé des marques indélébiles sur la vie de Samuel.

Dès le départ, La Romance des ogres sait nous intriguer. L’auteur nous embarque rapidement dans ce récit teinté de mystère où, de page en page, on est toujours curieux d’en découvrir plus sur cette étrange histoire entre Samuel et Hélène. La relation avec Naomie est aussi fort intrigante, basée sur une séduction toute en retenue. Le livre est basé sur un aller-retour constant entre passé et présent, mais il est aussi partagé entre la lecture que fait Samuel de divers écrits de son ancienne amante, des gestes quotidiens de ce dernier (les conversations Skype avec sa femme et ses enfants, entre autres), les rencontres qu’il a avec Naomie et, évidemment, ses réflexions sur la situation et sa vie en général.

Les fréquents changements dans le style d’écriture sont intéressants, mais ne servent pas toujours bien l’auteur. Les histoires de la romancière sont plutôt banales, avec une écriture qui ne rend pas la lecture excitante. Et le personnage d’Hélène est inégal. J’entends déjà dire: oui, mais cette femme est comme ça, c’est voulu. Quand même, les revirements de situation sont parfois problématiques: à vouloir trop jouer la carte du mystère et des volte-faces, on s’égare… Selon moi, le roman n’arrive pas à conserver le souffle qui l’anime au tout début. On a parfois des difficultés à savoir où l’auteur veut en venir. Par exemple, le personnage d’Adam qui est si rapidement esquissé. On ne saura jamais trop d’où il vient et à quoi il sert réellement dans le récit. D’autres personnages s’ajoutent comme cela vers la fin. On alourdit le roman inutilement, le personnage d’Hélène, point focal de toute l’histoire, est déjà assez complexe.

Épistolaire, policier (ou presque), horreur, autobiographie, on plonge dans des genres très variés qui créent un mélange original, mais foisonnant (trop?) et incertain. Ce n’est pourtant pas inintéressant. Bien au contraire. On sent qu’on est tout prêt d’une oeuvre qui pourrait – si ce n’était de cette fâcheuse impression de s’éparpiller – être franchement solide. Pleine de promesses, disons.

Une petite note sur l’objet qui est fort beau: belle couverture, beaux choix de typographies.

La page du livre chez Québec Amérique

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Lancée depuis peu à la pige à temps complet, vous pouvez la lire ici, sur Nightlife.ca, mais aussi au Huffington Post Québec. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



Commentaires

  1. venisevalentine dit :

    Je viens de le terminer, j’ai vraiment beaucoup aimé. Mais je vous suis très bien dans votre commentaire. Tout dépendra toujours du regard qui voit. Ou lit.

    Je me demande aussi comment il se fait que je ne vous avais pas encore rajouté sur ma liste de blogues. Alors là, je me le demanderai plus puisque c’est fait.

  2. venisevalentine dit :

    Est-ce que ça fonctionne ?

  3. venisevalentine dit :

    Oups…. mon commentaire s’est perdu. Je recommence donc.

    Je viens de terminer ce roman que j’ai beaucoup aimé. Cependant, je saisis très bien votre commentaire bien étayé. Encore une fois, tout repose sur le regard qui voit. Ou qui lit.

    J’ai aussi réalisé une chose : votre site n’est pas sur mon liste de blogues. Ce n’est déjà plus vrai.

  4. venisevalentine dit :

    « ma » liste de blogues !

  5. Souris Prune dit :

    Comme Venise, j’ai adoré aussi ce roman. Les personnages m’ont habité longtemps après la lecture. L’auteur a su habilement intégrer à son histoire des jeux de miroirs fort intéressants qui bénéficieraient d’une deuxième lecture pour en comprendre toute la finesse et la richesse. Selon moi, les nombreuses mises en abîme témoignent d’un grand travail de composition et d’imagination. L’écriture est libératrice et destructrice. Il s’en dégage une atmosphère étrange, pour ne pas dire fantastique, prêtant aux personnages des traits particuliers et des démons intérieurs anciens mais toujours vivaces. Une couverture sublime et énigmatique pour un roman qui l’est tout autant.

  6. myriam dit :

    @Venise: merci d’être passé ici et d’avoir ajouter mon blogue à votre liste (je fais de même avec le vôtre de ce pas)

%d blogueurs aiment cette page :