M.I.C.H.E.L. T.R.E.M.B.L.A.Y. [Orson Spencer]

Éditions de Ta Mère, 2012 (traduit par Gautier Langevin)

Comment parler de ce livre? Honnêtement, je ne sais trop. Je sors tout juste de cette lecture – lecture chaotique, ponctuée d’arrêts, de moments de réel intérêt, mais aussi de réelle incompréhension – et je demeure perplexe.

D’abord, essayons de résumer: Gauthier Langevin est en vacances aux États-Unis et tombe sur une nouvelle intitulée M.I.C.H.E.L. T.R.E.M.B.L.A.Y. dans une brocante. Une nouvelle d’un anglophone nommé Orson Spencer. Comment se fait-il qu’un anglo s’intéresse à un auteur québécois qui, bien qu’il y ait été publié partout dans le monde, demeure pourtant plutôt connu d’un public francophone? Trop intrigué par cette découverte, il persuade les Éditions de Ta Mère de traduire lui-même le récit et le faire publier chez eux. La préface du livre nous met donc en situation et c’est à partir de là qu’on entre dans l’histoire en tant que telle.

Orson Spencer est étudiant à Harvard en littérature et fait son mémoire de maîtrise sur Michel Tremblay. Un soir de beuverie avec des comparses universitaires, il a une révélation par rapport à la pièce “Le Train” de Tremblay, pièce qui l’a fait gagner le concours de nouvelles de Radio-Canada à l’époque. Pour Spencer, il y a là une incohérence, quelque chose qui cloche, et il veut absolument rencontrer l’auteur. Il discute du projet avec son directeur de maîtrise avec qui il part vers Ottawa pour voir la pièce Albertine en cinq temps qui joue au Centre National des Arts, et où Tremblay donnera un discours. Ce n’est que le début d’une histoire totalement absurde où un complot diplomatique sévit autour de Tremblay et de sa nomination au fameux concours. Spencer se fera tour à tour violer par une comédienne, séquestrer et battre chez et par Michel Tremblay, sera questionné par Mordechaï Richler, floué par Monique Proulx et j’en passe. 

Vous écouterez Biz à Plus on est de fous, plus on lit pour vous démêler si jamais vous n’avez pas suivi jusqu’ici, il décrit très bien cet improbable fouillis.

Et comme il le dit si bien, l’intérêt du bouquin, entre autres, est de nous questionner sur son origine. Qui l’a réellement écrit? Qui sont ces personnes: Gauthier Langevin et Orson Spencer? Il y a  réel un mystère autour de cette petite plaquette et avec une telle intrigue, les attentes sont élevées. Mais ne sont pas satisfaites.

Pour ma part, j’ai trouvé que c’était un embrouillamini extrême, une histoire éclatée, mais difficile à suivre. L’idée de base est géniale, tout est là pour donner un roman franchement original et intrigant à souhait. Mais pour moi, ça n’a pas fonctionné du tout. Et pourtant j’aurais “aimé aimer”. Vraiment. La prémisse me semblait tellement emballante, j’avais très hâte de recevoir le bouquin, je l’ai débuté avec hâte. Mais j’ai rapidement décroché. C’est touffu et malheureusement, on s’y perd.

Ce n’est pas l’imagination qui manque à l’auteur, c’est complètement loufoque, mais ça ne tient pas la route. On abandonne le lecteur à plusieurs reprises et l’écriture ne m’a pas emballée outre mesure. On dirait qu’on veut faire trop en même temps: on gave le lecteur d’informations, les personnages ne sont pas bien définis, les intrigues pas claires du tout, bref, ce fut une lecture ardue. Et c’est triste parce qu’il y a là un potentiel immense. C’est irrévérencieux: rendre Michel Tremblay violent, accro aux sex on the beach et l’embarquer dans un complot gouvernemental, la belle idée, vraiment! Malheureusement, on passe tellement d’une action à l’autre sans camper les situations qu’on est simplement perdu au lieu d’apprécier l’humour et l’utilisation originale de la littérature québécoise. Ce n’est pas un livre vide de sens et d’intérêt, au contraire, mais c’est simplement trop. Ou j’ai vraiment loupé quelque chose.

Je suis déçue, cette petite plaquette me semblait fort prometteuse, mais ne m’a pas livrée ce que j’espérais. Peut-être une suite qui me réconciliera? La fin du bouquin laisse présager que cela est possible. J’attends donc.

Le site de la maison d’édition

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