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Publié par le 11 déc, 2011 dans Littérature | commentaires

Wigrum [Daniel Canty]

Éditions La Peuplade, 2011

Wigrum est un roman, mais c’est aussi un univers des possibles. C’est un cabinet de curiosités, un voyage dans le temps, un livre-objet, une petite merveille. Déjà, le bouquin en soi est magnifique. Blanc avec une écriture noire en surimpression, les pages intérieures d’un bleu riche et dense. Et l’histoire commence.

Ce livre est, en quelque sorte, un musée portatif. On raconte d’abord l’histoire de Sebastian Wigrum et sa disparition, on présente ensuite le leg de ce dernier. Il s’agit de  l’inventaire d’une étrange  collection d’objets à la fois banals et singuliers. Coffre, clou, allumette, masque, mouchoir, fleur, savonnette, ruban, etc. Tous ces éléments sont minutieusement présentés sous forme de listes qui décrivent le contenu de trois collections distinctes: Collection du miroir, Collection de Prague, Extraits de Patience. Chaque objet a son histoire, un récit qui implique souvent des hasards bien particuliers ou encore des synchronicités troublantes. Des objets qui sont, en quelque sorte, hantés par leurs anciens propriétaires et surtout, d’un aura de mystère.

C’est l’auteur lui-même qui nous raconte ensuite la découverte de cette collection et de l’existence de Wigrum et des évènements qui ont fait que tous ces éléments ce sont retrouvés entre ses mains, expliquant ainsi la nature du projet qu’est Wigrum. Mélangeant habilement réalité et fiction, Daniel Canty nous subjugue avec ce livre hors du commun, un « ovni littéraire » comme plusieurs l’ont nommé. C’est un projet que j’aurais moi-même aimé faire, fascinée depuis toujours par les cabinets de curiosités, ces collections étranges qui flirtent avec l’art, la science, l’anthropologie et, bien sûr, la muséologie.

Un livre fascinant, un superbe projet qui m’a fait découvrir Daniel Canty. Un artiste dont les réalisations sont réellement emballantes, poétiques, belles. Allez jeter un oeil sur son site web, vous serez complètement charmés.

M’a fait un peu penser au principe des bouquins du Palais de Tokyo, un musée qui, justement, n’hésite pas à faire appel à des domaines très différents, présentant ainsi un art contemporain résolument de son temps et incroyablement efficace.

Le site de Daniel Canty

L’émission Gang Bang à CIBL en a parlé

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



Commentaires

  1. […] d’une envie de lecteur doublée d’attentes, dans la foulée de mon souvenir un peu grandiose de Wigrum, dont je suis loin d’être le seul à avoir pensé beaucoup de bien. Commencer la lecture des États-Unis du vent comme s’il s’agissait non seulement d’un roman, […]

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