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Publié par le 19 nov, 2011 dans Littérature | commentaires

Mikazuki: La nuit des démons T. 1 [Pierre Kabra]

Éditions La courte échelle, 2011

C’est en participant à Masse critique chez Babelio que j’ai reçu ce livre (je devrais dire manuscrit, car c’est sous cette forme qu’il m’a été envoyé). Cela faisait un bon moment que je ne m’étais pas plongé dans un univers fantastique et, qui plus est, pour adolescents. Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre, et je me suis laissée aller – curieuse comme toujours – dans cette lecture qui, franchement, m’a beaucoup plu. Et m’a donné envie de me replonger dans la lecture fantastique pour ados et jeunes adultes.

Résumé: Dans un Japon ancien où hommes et êtres fantastiques se côtoient, les démons et les géants sont liés par un pacte : les démons nourrissent les géants et, en échange, ceux-ci continuent de porter le ciel. Ainsi, à chaque lune rouge, les démons s’emparent des enfants d’un village en semant terreur et désolation. Lorsqu’on enlève le frère de Mikazuki, une jeune fille téméraire et au grand sens de l’honneur, celle-ci ne recule devant rien pour le sauver, quitte à y perdre sa propre liberté. Il lui faut alors composer avec un seigneur mi-homme mi-démon, mais aussi avec l’inévitable complémentarité du bien et du mal. 

Voici donc une nouvelle héroïne, Mikazuki, jeune japonaise qu’on croise tout d’abord dans une guerre contre les démons qui approchent pour enlever les enfants. Étonnamment c’est une femme qui mène les troupes, une sorte de mentor pour la jeune femme. (Les femmes sont d’ailleurs très autonomes et fortes dans le bouquin.) Cette guerrière, qui a monté une école de combat pour les jeunes filles dans le village et a appris à se battre à notre héroïne, meurt pendant l’affront. Pendant ce temps, le jeune frère de Mikazuki, Keneï, disparait dans les griffes des monstres. La jeune femme ressent alors une grande tristesse, mais surtout une grande amertume, particulièrement lorsqu’elle constate que son père parle déjà de son frère au passé et souhaite la marier de force pour repeupler le village. Elle se fâche et décide d’aller sauver le petit Keneï dans le royaume des démons, un lieu interdit aux humains. Sa rencontre avec un seigneur mi-humain et mi-démon changera le cours de son voyage et naît alors la base du roman, cette relation ambiguë entre ce jeune homme partagé entre ses deux identités et cette demoiselle divisée entre une grande soif de vivre et un désespoir profond qui la pousse à accepter le pire…

C’est un roman jeunesse intelligent, qui propose une univers foisonnant aux références variées: mangas, contes, films d’animation (j’ai pensé à plusieurs reprises aux films de Miyazaki), époque médiévale. On se retrouve dans un monde onirique où des lanternes contiennent des âmes séquestrées, où un collectionneur de masques peut en poser un vierge sur votre visage, masque qui prendra alors les traits de votre personnalité et vous laissera vide et anonyme, un lieu où tout est possible, comme par exemple une démone à la forme humaine avec une peau de loup accrochée à même la colonne vertébrale pour se transformer à sa guise. Intrigant, fascinant et extrêmement détaillé, le royaume créé par l’auteur est efficace et original.

J’ai beaucoup apprécié les dialogues que j’ai trouvé particulièrement fins et habiles, pas niais et insipides comme ont parfois tendances à offrir des livres jeunesse où les auteurs n’ont pas saisi que jeunesse ne rime pas avec absence d’intelligence. Le roman est classé 12 ans et + et je crois qu’il faut des lecteurs éveillés pour se coller à ce livre qui, sans être complexe, demeure étoffé. Par contre, la fin du roman m’a un peu déçue. Alors que la construction de l’histoire se fait assez lentement, j’ai eu tout à coup l’impression qu’on me balançait la finale en quelques lignes seulement. Il reste que ce fût une lecture qui m’a charmée, malgré ce bémol: avoir à lire sur un manuscrit (impossible de trimballer le bouquin avec moi, installée sur un bureau).

Puisqu’il s’agit d’un premier tome, j’avoue être curieuse de voir où iront les prochaines histoires de Mikazuki, surtout que la fin du livre pourrait laisser présager un livre entièrement autonome en soi… À suivre donc!

La page du bouquin sur le site de La Courte échelle 

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



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