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Publié par le 13 nov, 2011 dans Musique | commentaires

Ludovico Einaudi [Oscar Peterson Concert Hall - 12 novembre 2011]

En me rendant à ce spectacle, j’ai croisé un couple avec qui, par un drôle de hasard, j’ai partagé un taxi. Le jeune homme, originaire de Hollande était surpris qu’on le connaisse ici, puisqu’il fait surtout carrière en Europe.  Il a découvert le compositeur à  l’âge de 8 ans alors qu’il était soigné dans une clinique d’homéopathie où l’on avait fait jouer l’un des disques du pianiste. Il a été marqué, s’est acheté non seulement les disques, mais aussi les partitions. « Ma musique est directement inspirée de cet homme » qu’il a ensuite ajouté. Nous nous sommes entendus sur le fait qu’Einaudi est inspirant, touchant. Pour ma part, j’y allais plutôt en amateure, inspirée par l’écoute de ses deux derniers albums, Nightbook et Divenire. Intéressant, me suis-je dit, de voir comment la musique crée des liens entre les gens (même impromptus), comment il s’agit d’un langage universel. La salle était comble pour recevoir le musicien, un petit homme très sobrement habillé (veston et gaminet, tout en noir) aux gestes très lents. Il s’est assis très lentement, a délicatement repoussé ses lunettes sur son nez et a commencé à jouer.

Musique enveloppante, aux boucles finement enlacées, les compositions d’Einaudi sont délicates et élégantes et nous font littéralement flotter. Il a pigé dans les deux plus récents albums (Nightbook et Divenire) pour nous offrir une prestation d’environ 1h15. Concentré, littéralement amoureux de son instrument, sa présence est douce et apaisante, de par ses gestes calculés, mais aussi par son calme et son assurance. Le voir s’installer devant l’instrument – la chose la plus naturelle au monde pour lui – , fermer les yeux et caresser les touches nous donne réellement l’impression qu’il ne fait qu’un avec son instrument  et, carrément, qu’il lui fait l’amour. Je me suis ensuite laissé aller à fermer les yeux pour mieux savourer.

Même si la salle était d’abord très bruyante et les sièges plutôt inconfortables, j’ai réussi à me laisser bercer par la musique organique du musicien. Je dis organique car, depuis toute petite, si une musique instrumentale me plaît et vient me chercher, je m’imagine des chorégraphies. Les yeux clos, j’imagine les corps dansants, les différents mouvements qui accompagnent chaque note, chaque motif et je me laisse alors porter par elle, comme si c’était mon propre corps qui s’exprimait par-dessus. La musique d’Einaudi s’y prête merveilleusement bien, avec sa fluidité et sa sensualité.

Soirée douce et belle. Le public est sorti souriant et comblé. Moi aussi.

Le site de Ludovico Einaudi



Commentaires

  1. Baktelraalis dit :

    Finalement je regrette vraiment de ne pas être allé à ce concert…marf.

    En cadeau un autre pianiste délicat que j’aimerais voir passer par Montréal : http://www.youtube.com/watch?v=KdzSEG9ohs4

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