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Publié par le 3 juil, 2011 dans Musique | commentaires

Émilie Clepper [MACM – FESTIVAL DE JAZZ 2011]

Musée d’art contemporain – 20 h

C’est une demoiselle toute simple qui arrive sur scène nous lançant un « Salut! » affirmé et très amical. Et qui s’installe avec une confiance évidente, peu déstabilisée par la foule, comme une fille qui en a vu bien d’autres. C’est d’ailleurs ce que traduit la voix qui s’élève dès la première chanson: mature, celle d’une fille qui a du vécu, qui a roulé sa bosse et voyagé partout dans le monde, connu des bouts difficiles. Une voix avec une âme, malgré son tout jeune âge (25 ans).

Tout de suite, je me suis mise à énumérer les parentés artistiques de la jeune fille dans ma tête. J’ai pensé à Tracy Chapman, Neko Case, Nathalie Merchant, Patsy Cline, Dolly Parton. Mais aussi Marie-Jo Thério, Katie Moore même Alanis Morissette. Bref, des femmes qui ont une puissance vocale oui et un timbre tout à fait singulier, mais surtout qui nous racontent des histoires qui viennent du coeur. Et c’est tout à fait ce qu’on sent chez cette jeune femme absolument craquante.

Elle discute tout simplement, sans flafla, sans fausse représentation, dans une simplicité absolument désarmante. Son attitude est claire et dit: voici ce que je suis, vous prenez ou vous laissez. Et c’est ce qui fait qu’on la trouve adorable. Elle est simple, vraie. Nous raconte qu’elle est tombée en amour avec les Îles de la Madeleine l’été dernier et que ça lui a inspiré une chanson parce que « en voyage, ça me donne des idées pis ben, des fois ça donne des p’tites choses comme ça » en commençant la pièce. Nous explique que, dans la vie, des choses vont et viennent, mais qu’une des plus belles choses qui lui soit arrivé dans sa vie, « ma rencontre avec la belle Sarah« , semble là pour rester. Sa copine, son amie? Je n’ai pas réussi à bien capter les paroles pour savoir et, à quelque part, ce n’est pas important. Ça démontre simplement qu’Émilie Clepper nous parle de petits moments intimes, de choses pigées ça et là de l’existence humaine, de réflexions sur la vie. Comme cette chanson qu’elle a écrite avec un ami, assise sur la Porte St-Jean à Québec, il y a de ça une dizaine d’années. Une considération sur la vie qui passe, sur les petites et grandes choses. « Ce soir-là, on a attrapé une chanson » conclut-elle joliment.

Émilie Clepper n’est pas une bête de scène dans le sens « show-off » du terme. Elle bouge un peu, doucement, sourit, montre une belle complicité avec ses musiciens de qui elle apprécie grandement les improvisations (grand sourire quand l’un deux se laisse aller dans une belle tirade) Par contre, elle est solide, forte, impressionnante. Elle impose par sa personnalité, son air de fille qui jubile à faire de la musique, par cette voix superbe. Et tout ça dessert un mélange entre blues, folk et country extrêmement beau qui s’incarne parfaitement dans cette jeune femme talentueuse et débordante de vérité, de franchise. Qui revient, par exemple, avec un rappel en nous sortant un tout simple mais senti « Cool! ». On l’adore.

Autodidacte, élevée entre le Québec et le Texas, on est en présence d’une fille qui n’a pas froid aux yeux, qui fait même monter sur scène un de ses amis qui a eu de la difficulté à passer la frontière et à qui elle offre tout bonnement sa place, le temps d’une chanson, pour lui donner l’occasion de jouer sur une scène, lui qui a du annuler plusieurs concerts à cause des délais imposés à la frontière. « Tiens la frontière, prends ça! » nous rajoute-t-elle avant d’entamer sa dernière chanson, tout aussi belle et évocatrice que les autres.

Belle à voir, cette fille qui ne s’en laisse pas passer et qui fait de la musique avec ses tripes. Je suis vendue et j’en veux encore. Et encore.

Émilie Côté en a parlé sur Cyberpresse

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À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



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