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Publié par le 11 mai, 2011 dans Théâtre | commentaires

La langue dans le vinaigre [JAMAIS LU - 7 MAI 2011]

Toute bonne chose a une fin, malheureusement. C’est donc le samedi 7 mai que s’est terminée la 10ème édition du Jamais Lu, dans un Patro Vys à l’ambiance chaleureuse. C’est qu’on promettait une belle soirée, savoureusement intitulée La langue dans le vinaigre, pour cette fin de parcours. En effet, un duo d’enfer était invité à revenir s’emparer de la scène, eux qui avaient déjà foulé les planches du Jamais Lu en 2008 pour un événement du même genre. Il s’agit de Olivier Morin et Émilie Bibeau, formant pour l’occasion le couple Dan et Jenny, duo country.

La soirée s’est donc divisée en plusieurs blocs où l’on a présenté, entre autres, des extraits de textes, des blocs historiques pour rappeler les moments forts du Jamais Lu, on a parlé de ce qu’étaient devenus les textes présentés au festival en les situant dans l’actualité avec beaucoup d’humour. Par exemple, en parlant de la pièce Le Geai Bleu, on dit qu’elle serait devenue, à une lettre près, le surnom d’André Boisclair. De plus, deux finissants en écriture dramatique ont étés invités à lire un texte, le responsable de la revue littéraire Liberté est aussi venu offrir une lecture. J’ai beaucoup aimé le texte du finissant Guillaume Corbeil, une description d’une exposition fictive sur sa vie, anticipant le futur du Québec avec, par exemple, Wouajdi Mouawad comme pape.

On a pu assister à un moment franchement savoureux où le comédien Frédéric Paquet est venu présenter une conférence sur le thème Confieriez-vous vos finances à un mime? avec un ton pince-sans-rire qui rendait le tout encore plus absurde. Plaidoyer sur l’utilité du mime dans la société, on a eu aussi droit à un  vidéo présentant un vox pop complètement loufoque auprès du public. Vraiment, on se bidonnait solidement.

Un moment drôle et charmant: les vieux textes des auteur(e)s retrouvés dans des tiroirs (tiroirs littéralement amenés sur scène) et lus devant public. Une lecture de poèmes écrits au secondaire, l’ébauche d’un roman jamais terminé, les essais de créateurs parfois torturés, parfois révolutionnaires. Belle idée.

Le tout était entrecoupé par l’animation proposée par le fameux duo Dan et Jenny absolument tordants (je dois aussi dire que je suis assez vendue aux projets d’Olivier Morin) qui nous ont offerts trois chansons hautement kitsch, casio compris et rythmes latinos-country cheap à souhait. Du drôlement quétaine. J’adore.

Cette merveilleuse soirée s’est conclue de façon très émotive, premièrement en mettant fin à une si belle semaine qu’on aurait souhaité plus longue, mais surtout parce Marcelle Dubois a pris la parole et nous a lu un texte magnifique qu’elle avait préparé pour boucler la boucle de cette 10ème édition. Ce texte sera mis en ligne sous peu sur le blogue du Jamais Lu. Je reviendrai vous mettre le lien.

Une soirée tellement chaleureuse, ouverte, totalement aux couleurs de l’édition complète de ce Jamais Lu: de l’humour intelligent et caustique, des textes écrits par des passionnés d’une langue fabuleuse, une célébration de la création, un amour des mots et des gens, des rencontres improbables et marquantes, un moteur pour la création. Le Jamais Lu, oui, c’est tout ça.

Vous êtes déçus de ne pas vous être pointé? Je vous comprends!

Reprenez-vous l’année prochaine pour ce rendez-vous, très sincèrement, incontournable.

Du plaisir, de la création pure, de magnifiques et sensibles écrits et beaucoup d’humour: on y va et, même, on devient fidèle, simplement.

Le site du Jamais Lu

Je vous en ai parlé ici, ici aussi et finalement



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