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Publié par le 19 avr, 2011 dans Musique | commentaires

Variations fantômes [PHILIPPE B]

On a d’abord connu Philippe B dans la formation Gwenwed, formée en 1991. Originaire de Rouyn-Noranda, le jeune homme y fait ses armes comme guitariste, mais aussi comme chanteur du groupe. Il est ensuite approché par Pierre Lapointe, comme guitariste et comme compositeur. De plus, il a participé a plusieurs projets originaux mêlant arts de la scène et musique. C’est en 2005 qu’il décide de se lancer en solo, et offre son tout premier album simplement intitulé : Philippe B. Taxidermie est ensuite paru en 2008 et maintenant, il nous offre son nouveau projet qui sera dévoilé au public le 5 mai prochain.

Variations Fantômes, part d’une idée tout à fait singulière: un album-concept. Alors que Marie-Jo Thério se lance dans la réinterprétation musicale de la vie de sa tante Lydie dans un Boston de fin de siècle, Philippe B se lance du côté de la musique classique. Je vous reprends intégralement le texte explicatif qui exprime très bien l’ensemble: 

Pour créer ce troisième opus, l’auteur-compositeur s’est inspiré de plusieurs compositeurs célèbres. À la fin de sa vie, Robert Schumann prétendait entendre les voix de compositeurs disparus lui dicter de la musique, comme le raconte Philippe. J’ai tenté à mon tour d’écouter ce qu’avaient à me dire les fantômes de ces illustres disparus que sont, entre autres, Ravel, Strauss, Schubert, Vivaldi. Toutes les facettes de leurs oeuvres ont été sujet d’exploration, d’introspection et de réinterprétation (source: Bonsound)

S’ajouter à cela l’idée d’explorer plus encore les pièces en faisant appel à un photographe différent pour représenter chacune de celles-ci dans le livret. 14 chansons, 14 photographes, 14 œuvres. Non seulement il y aura une sortie d’album, mais aussi une exposition de photographies présentée à la Galerie OFF Interarts du 5 au 8 mai 2011.

Mais revenons à l’album. Car il faut absolument en parler. D’emblée, je suis totalement conquise par ce projet. Parce que j’adore les cabinets de curiosité et c’est tout à fait ce que nous offre Philippe B. D’abord, on commence par une pièce qui s’intitule Hypnagogie, référence à cet état entre veille et sommeil (lorsqu’on dit être « entre deux eaux »). Joli folk doux, beau texte et, tout à coup, envolée classique intégrée à la pièce, donnant une magnificence qui s’amalgame superbement à la simplicité du duo guitare/voix. Chaque pièce est ainsi construite. Et disons-le, c’est le coup de foudre qui se passe entre le folk-pop efficace de Philippe B et la grandiloquence des pièces classiques sélectionnées. La chimie se passe, on a l’impression que c’est entier, plein.

En écoutant ce disque, j’ai eu l’impression de toucher à la grâce. La rencontre des deux univers musicaux est si concluante, on a l’impression de voir les plus grands interprètes de la chanson francophone défiler. Richard Desjardins, Jean-Pierre Ferland, Sylvain Lelièvre. On fera évidemment un parallèle avec Pierre Lapointe. Premièrement parce qu’ils ont travaillé ensemble et l’influence de Philippe B s’est fait sentir dans l’univers du fameux dandy. Mais aussi parce que l’incursion dans la musique classique et l’échantillonnage ainsi que quelques rappels au niveau de la voix évoquent de flagrantes similitudes entre les deux. Et on n’en est pas triste, surtout lorsqu’on a chéri Pierre Lapointe comme moi. Et on a pas à craindre non plus la perte de repères, car ce qu’on aime du chanteur est toujours là: belle voix à la simplicité désarmante, textes franchement beaux et brillants, une incroyable sensibilité, le talent quoi!

C’est la continuité logique après Taxidermie, l’exploration plus grande des instrumentations classiques, l’envie de coller des textes magnifiques à l’inspiration reçue par ces  défunts compositeurs qui l’ont lancé sur une très belle piste qu’il a su exploiter avec beauté et intelligence. Un énorme coup de cœur pour ce disque qui m’a beaucoup touchée et m’a donné une envie totalement égoïste de rêver qu’on m’écrive d’aussi belles chansons. J’ai écouté Philippe B comme s’il me parlait, comme si j’avais droit à un tête à tête avec lui, comme si je le connaissais depuis toujours. Je ne sais pas réellement pourquoi, ça s’est imposé, simplement. Et j’ai accepté l’invitation.

Un album à écouter impérativement: des pièces où le sublime côtoie la simplicité (c’est possible oui), une musique qui nous happe, nous prend délicatement le cœur dans ses mains pour l’envelopper, et tout à coup, lui injecter une dose de beauté totale. C’est du bonheur, mais parfois aussi de la tristesse, de la nostalgie. Avec cet album, je suis émue aux larmes, je danse, je chante, je savoure, j’écoute, je réfléchis, bref, je suis comblée.

Je n’arrive à parler de ce disque qu’en matière d’émotions, alors qu’il y aurait tant à dire sur les aspects textuels, sur l’écriture musicale de Philippe B, sur la construction de ses pièces, sur les références choisies (les pièces classiques), mais je vous avoue que je n’y arrive pas. Ça me prend trop aux tripes cet album et, déjà depuis une semaine et demie, je tergiverse, cherche mes mots pour éviter de simplement vous publier un article où il serait juste marqué en capitales, grandeur 72 (ou plus): C’EST TELLEMENT BON! Parce que j’aime. Et quand j’aime, j’aime passionnément. (Mon entourage se fait déjà casser les oreilles: écoutez Philippe B, écoutez Philippe B!).

Le 5 mai, je serai certainement au lancement de ce superbe album qui, sincèrement, me tire une larme, étant grandement émotive à chaque fois que je l’écoute.

Le site de Philippe B

Bandcamp, Facebook, et trouvez-le sur Twitter: @philippebb

À propos de Myriam Daguzan-Bernier


Myriam est fondatrice et rédactrice en chef de Ma Mère Etait Hipster. Pigiste à temps complet, vous pouvez la lire chez BRBR et chez Châtelaine. Elle est également gestionnaire de communauté pour l'émission LIRE à ICI ARTV et édimestre pour Châtelaine. Dans ses temps libres (ça existe ça?) rien ne la rend plus heureuse que de passer des heures à fouiner sur le web pour dénicher plein de choses: musique, art, projets, bouffe, nouveautés, etc. Bref, vous ne la trouverez jamais loin d'un ordinateur ou de son téléphone un ti-peu intelligent.



Commentaires

  1. Laeti dit :

    Sur tes conseils :D, j’ai eu accès aux deux pièces en téléchargement sur son site. C’est très beau, c’est vrai, vraiment très beau. Ça me donne envie d’acheter l’album au complet, dès qu’il sortira.
    Il est vrai que l’on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement avec Pierre Lapointe, même les voix se ressemblent un peu. La démarche de Philippe B., que tu nous expliques, pourrait en effet en être une de Pierre Lapointe, tout à fait son style… Et ce n’est pas pour me déplaire, également, car j’aime énormément les auteurs-compositeurs qui vont travailler avec du classique et en sortir des projets complexes, qui nous emmènent dans leurs têtes d’artistes ! :)

  2. Laeti dit :

    Il fait la première partie de Jérôme Minière le 10 juin aux Francofolies…

  3. @Laeti: c’est magnifique cet album, moi ça me touche incroyablement (ça paraît dans ce que j’écris de toute façon!)

    oui, j’ai vu (pour les francos) je vais y aller je crois bien! :)

  4. jay89 dit :

    @ Laeti: En fait, il a souvent composé des pièces avec Pierre Lapointe et c’est aussi son guitariste! ;)

    1. jay89 dit :

      et c’était déjà écrit dans la critique.. oops ;)

  5. […] je suis tombée follement amoureuse de Philippe B ou plutôt de son incroyable talent. Son disque Variations Fantômes m’a chavirée et demeure, à ce jour, un des meilleurs albums francophones que j’ai […]

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